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Publié par Hans Yoganand

Pourquoi compliquons-nous si souvent ce qui devrait être simple ? Entre la voix de l'âme et celle du mental, un exercice révèle comment reconnaître, dans nos propres mots, ce qui sonne juste — et ce qui n'est que de l'habillage. Une conscience profonde permet de faire la différence. Quand votre conscience est claire, vous distinguez immédiatement l'expression venant de l'âme de celle issue du faux-ego.

panneau avec la définition du psithurisme

 

AccueilLe blog des satsang/La Révélation

 

Pourquoi la vérité est toujours simple

 

 

Pourquoi compliquons-nous si souvent ce qui devrait être simple ? Entre la voix de l'âme et celle du mental, un exercice révèle comment reconnaître, dans nos propres mots, ce qui sonne juste — et ce qui n'est que de l'habillage.

 

 

Vous connaissez tous l'importance des mots dans la communication. Selon votre personnalité, votre langue ou votre culture, il existe mille façons de s'exprimer. Mais une autre différence, plus profonde, transcende ces distinctions.

 

Cette différence vient du fait que deux parties de vous-même peuvent utiliser les mêmes mots. Vous les connaissez : ne vous est-il jamais arrivé, sous le coup de la colère, de prononcer des mots que vous avez regrettés une fois apaisé ? Des mots qui ont « dépassé votre pensée » ?

 

Votre expression varie selon votre état : heureux, triste, amoureux, calme ou énervé. De plus, dans toute communication, il y a au moins deux parties : l'émetteur et le récepteur. Ce dernier est tout aussi important que le premier. Son humeur, ses idées préconçues, sa culture influencent autant la communication que l'intention de l'émetteur.

 

Peu importe la bienveillance de l'émetteur si le récepteur, plongé dans la confusion, interprète négativement ce qu'il entend. Ce phénomène, appelé « projection », consiste à attribuer à l'autre des sentiments ou intentions qui sont en réalité les vôtres, ou que vous redoutez. Êtes-vous à l'abri de ce travers ?

 

Vous n'êtes pas d'un seul bloc : au moins deux « personnes » cohabitent en vous. L'une est votre âme, l'autre est votre mental, plus ou moins confus, influencé par le faux-ego ou la vanité. Une conscience profonde permet de faire la différence. Quand votre conscience est claire, vous distinguez immédiatement l'expression venant de l'âme de celle issue du faux-ego.

Petit exercice

 

Quand l'âme s'exprime, c'est simple et juste. Quand c'est le faux-ego ou la vanité, c'est compliqué. Prenons un exemple pour illustrer cette différence :

 

  1. « J'avais soif. J'ai bu de l'eau, et la soif a disparu. »

 

  1. « J'avais perdu cinq pour cent de mon stock hydrique, ce qui a conduit mon hypothalamus à signaler une hypovolémie, affectant négativement l'hyperosmolarité détectée par les osmorécepteurs de l'organe vasculaire de la lame terminale et de l'organe subfornical (situés dans les organes circumventriculaires de l'hypothalamus, en dehors de la barrière hémato-encéphalique). J'ai donc absorbé une quantité d'H₂O pour réguler mon osmorégulation. Une fois l'hypovolémie corrigée, l'alerte a cessé. »

 

Ces deux phrases disent la même chose, mais leurs formes diffèrent. Saurez-vous deviner laquelle est simple et laquelle est compliquée ? Voici un autre exemple, tiré d'une explication trouvée en ligne sur l'instant présent :

 

« Voici la définition de l'instant présent : il ne faut pas se nourrir de cadavres ; il faut être sans regret. Les regrets, porteurs d'une sensation d'amertume, provoquent une impression de froid extrême qui agit sur le corps éthérique, donc sur le corps physique : on devient lourd, figé. Ainsi, l'instant présent, relatif à chacun, ne peut être pleinement vécu ni connu.

 

Mais comment vit-on l'instant présent ? Le temps, tel que nous le concevons, n'existe pas réellement. Ce que nous appelons le temps est une superposition des qualités de l'esprit que nous sommes. Comme le mental inférieur a besoin de logique pour produire de la lumière dans notre conscience, il a créé une logique vitale pour convaincre notre conscience, la lampe de notre corps, que c'est une réalité.

 

Ainsi, nous voyons des saisons, des cycles… Mais il n'y a pas de cycles : c'est une réalité que notre mental ignorant a imposée à notre conscience, trop tournée vers l'extérieur et coupée de sa véritable nature. Il existe des qualités de l'esprit, mais elles nous sont révélées à travers ce que nous appelons l'espace, le Zodiaque.

 

L'esprit s'affirme à travers la nature, dont l'humain est le témoin. L'instant présent n'est pas une notion quantitative, mais qualitative. Le temps n'est pas un alignement d'heures ; il est relatif à chaque individu. Le moment propice pour accomplir une chose varie d'une personne à l'autre. Les qualités de l'esprit sont disponibles à tout moment, mais leur accessibilité dépend de ce que notre karma nous autorise à vivre. »

 

Qui s'exprime dans ce texte ? L'âme, ou le mental influencé par le faux-ego ? Comprenez-vous ce qu'il cherche à dire ? Cette explication de l'instant présent vient-elle de l'expérience ou de l'intellect ?

 

« Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément. » (Nicolas Boileau, 1636-1711). La confusion ne vient pas de l'âme, mais d'un mental que la conscience n'éclaire pas.

 

« Les paroles vraies ne sont pas élégantes, les paroles élégantes ne sont pas sincères. » (Lao-Tseu, Tao-Te-King, 81)

 

Voici une version simplifiée, fidèle au sens du texte précédent : « Dans l'instant présent, les regrets n'ont pas leur place : ils nous plongent dans l'amertume et nous empêchent de vivre pleinement le moment.

 

Le temps n'existe pas réellement : c'est une invention du mental, qui a besoin de logique. Il a créé les saisons, les cycles, mais ceux-ci n'existent pas en vérité : ils sont une construction imposée à notre conscience, trop tournée vers l'illusion du monde extérieur.

 

L'Un (Tao, Dieu) possède des qualités propres, mais nous les percevons à travers le prisme déformant de notre subjectivité. Nous pouvons ressentir l'Un à travers la Création, dont nous sommes les témoins.

 

L'instant présent n'est pas une question de secondes, de minutes ou d'heures, mais une qualité de l'Un. Le temps est relatif, différent pour chacun selon sa perception. Les qualités de l'Un sont disponibles à tout moment, mais leur accès dépend de notre karma. »

Le faux-ego aime la complication

 

Le faux-ego se complaît dans la complication, les mots savants et les raisonnements tortueux. L'âme, elle, privilégie la simplicité. Il arrive qu'on complique à dessein ce qui est simple, par souci de sérieux ou de légitimité : l'hermétisme rassure, comme un certain jargon technique peut intimider plus qu'il n'éclaire. C'est une tentation ancienne, qui traverse bien des traditions et bien des époques. Souvent, j'ai des commentaires, à propos des textes que je partage, comme : « c'est simpliste ! »

 

Ce qui touche à l'âme et à l'Un concerne tout le monde et devrait être accessible à tous. D'où la nécessité de s'exprimer clairement et simplement. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? C'est souvent une question d'image à entretenir, ou d'audience à séduire — le merveilleux et le spectaculaire attirent plus facilement l'attention que la sobriété d'une vérité simple.

 

La vérité est simple et naturelle, elle est dans votre vie, et vous pouvez la rencontrer en tournant votre attention vers l'intérieur. Pas de magie, pas de mystère. Il suffit d'une grande soif de vérité et d'accomplissement.

 

L'enseignement de La Voie spirituelle, de son yoga originel ne s'adresse pas aux amateurs de sensations fortes ou de pouvoirs illusoires. Il s'adresse à ceux qui aspirent à un sens profond et à un véritable accomplissement.

 

 

Si vous avez des questions, vous pouvez les poser ici :

madhyama.marga@gmail.com

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