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Publié par Hans Yoganand

Travail, famille, amour, réussite : vous avez sans doute déjà consacré une grande partie de votre vie à vous accomplir. Mais existe-t-il un accomplissement plus profond, qui ne dépend d'aucune de ces réussites ? C'est la question à laquelle ce texte répond, en invitant à ne plus opposer vie intérieure et vie ordinaire, mais à comprendre ce qui donne du sens à l'autre.

Une femme cadre supérieur, sur la terrasse d'un immeuble de bureaux, parmi des collègues, regarde vers le ciel, semblant se poser des questions sur la réussite.
La réussite, l'accomplissement ne doivent pas être que matériels

 

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L'accomplissement dont peu de gens parlent

Au-delà de la réussite sociale, sentimentale ou intellectuelle


 

Travail, famille, amour, réussite : vous avez sans doute déjà consacré une grande partie de votre vie à vous accomplir. Mais existe-t-il un accomplissement plus profond, qui ne dépend d'aucune de ces réussites ? C'est la question à laquelle ce texte tente de répondre, en invitant à ne plus opposer vie intérieure et vie ordinaire, mais à comprendre ce qui donne du sens à l'autre.


 

Dans l'existence, durant ce temps qui vous est donné, il est naturel de vouloir vous accomplir. On peut chercher cet accomplissement dans le travail, dans la famille, dans l'amour, dans la création, dans la connaissance, dans une œuvre ou dans ce que l'on laissera derrière soi. Tout cela a sa valeur et appartient pleinement à la vie humaine.

 

Mais il existe un autre accomplissement, plus profond, qui ne dépend ni de votre réussite sociale, ni de votre situation sentimentale, ni de vos capacités intellectuelles. Je parle ici de l'accomplissement spirituel : accomplir ce pourquoi cette vie vous a été donnée.

 

Votre existence est une étape dans un chemin beaucoup plus vaste. Elle vous est donnée afin que vous continuiez à vous rapprocher du but : la Libération du cycle des incarnations, à force de vous « raffiner l'âme », jusqu'à pouvoir revenir à votre « milieu » d'origine en pleine conscience et en toute liberté.

 

Cela ne signifie pas qu'il faille renoncer aux autres formes d'accomplissement. Une fois cette priorité reconnue et placée au centre, rien ne vous empêche de vous accomplir aussi socialement, sentimentalement, intellectuellement, artistiquement ou matériellement. Il ne s'agit pas de choisir entre la vie spirituelle et la vie humaine, mais de savoir laquelle donne son sens à l'autre.

Le propos de sa vie

 

Vous le savez, vous qui cherchez ou qui marchez déjà sur une voie spirituelle : le propos de l'existence n'est pas seulement de vivre en attendant de mourir.

 

Nous passons pourtant beaucoup de temps à nous installer dans cette vie comme si nous devions y rester toujours. Nous faisons des projets à vingt ou trente ans, nous achetons une maison, nous accumulons des objets, des habitudes, des positions, comme si tout cela devait durer.

 

Il n'y a rien de mauvais à cela. Le problème commence lorsque nous oublions l'impermanence de tout ce qui compose notre existence et que nous prenons les moyens de vivre pour le but même de la vie.

 

La conscience de cette impermanence invite naturellement à tourner aussi le regard vers l'intérieur.

 

Beaucoup de personnes attirées sincèrement par l'Amour de L'Un veulent Lui vouer leur vie. Elles regardent alors la vie des saints, des sages ou des êtres qu'elles admirent et cherchent à marcher dans leurs pas. Non pas nécessairement en vivant comme eux, mais en essayant de cultiver certaines de leurs vertus : la générosité, la compassion, la fraternité, l'attention portée aux autres.

 

Ces qualités sont belles et leurs fruits peuvent être précieux. Mais il ne faut pas confondre les conséquences du cheminement avec le chemin lui-même.

Se rapprocher de Dieu

 

Parce que certains êtres profondément spirituels sont généreux, compatissants et tournés vers les autres, on peut finir par croire que la spiritualité consiste essentiellement à devenir généreux, compatissant et tourné vers les autres.

 

Ces généreuses personnes peuvent se tromper sur ce point, ce qui n'enlève rien à leurs vertus ni à leurs mérites.

 

Ce n'est pas en étant gentil que l'on se rapproche de Dieu, c'est en se rapprochant de Dieu que quelque chose change en nous et dans notre manière d'être au monde.

 

Nous n'arrivons pas tous dans cette incarnation avec les mêmes dispositions. À la naissance, chacun possède une configuration particulière des trois gunas, sattva, rajas et tamas. Leur importance respective, leur équilibre et leur prédominance sont liés au degré de raffinement de l'âme au cours du samsara et aux résidus laissés par les incarnations précédentes. Cette disposition participe à ce que nous appelons notre naturel : notre tempérament, certaines de nos tendances, nos attirances et notre manière spontanée d'être avec les autres.

 

Certains sont ainsi naturellement sociables, généreux, enclins au service et à l'empathie. D'autres sont davantage solitaires, réservés ou contemplatifs.

 

Si vous avez une disposition naturelle à vous tourner vers les autres, laissez-la s'exprimer. C'est une belle disposition. Si vous ne l'avez pas, inutile de fabriquer un personnage spirituel conforme à l'image que vous vous faites d'un saint. « Chassez le naturel et il revient au galop. »

 

La sadhana ne consiste pas à jouer un rôle ni à plaquer sur soi des vertus spirituelles. Elle travaille plus profondément. Par la fréquentation répétée de ce qui est au-dedans, la conscience s'approfondit et l'âme poursuit son raffinement.

 

Quand on explique à certains chercheurs qu'il faut tourner le regard vers l'intérieur pour y rencontrer cette présence de L'Un, de Dieu, du Tao, qui fait que nous existons, ils répondent parfois : « Il ne faut pas se tourner vers soi égoïstement, il faut se tourner vers ses frères. »

 

Mais pourquoi faudrait-il choisir ? Pourquoi faudrait-il soit se tourner vers l'intérieur, soit se tourner vers les autres ? C'est précisément là qu'une pensée trop binaire nous enferme.

Se tourner vers la paix

 

La part du Divin la plus proche de vous n'est pas à l'autre bout du monde. Elle n'est même pas chez votre voisin. Le plus proche de vous est au-dedans de vous.

C'est là que votre conscience peut rencontrer directement cette présence qui vous fait être vivant.

 

Et lorsque votre conscience rencontre cette présence en vous, elle ne vous sépare pas des autres. Bien au contraire. Vous rencontrez, en même temps, cette même part du Divin chez vos frères et vos sœurs humains, et chez vos cousins plus ou moins proches que sont les autres créatures, animales et végétales.

 

N'ont-ils pas cette même part de Divin ? Ne sont-ils pas vivants eux aussi ?

 

Les formes diffèrent, les degrés de conscience diffèrent, mais la vie procède de la même source. Se tourner vers l'intérieur n'est donc pas se détourner du monde. C'est aller vers ce qui, en profondeur, nous relie à lui.

Compatible avec la vie en société

 

La Voie n'est pas incompatible avec la vie sociale, familiale ou professionnelle, pas plus qu'elle n'est incompatible avec une conscience sociale très développée.

 

Il existe un domaine spirituel, individuel : on naît seul et l'on se désincarne seul. Personne ne peut méditer à notre place et personne ne peut approfondir notre conscience pour nous. Et il existe aussi le domaine des devoirs, des responsabilités et de l'action dans le monde.

 

Vous pouvez vous engager pour la biodiversité, pour la justice, pour une cause sociale ou politique. Vous pouvez prendre soin de votre famille, travailler, créer, enseigner, aider les autres. Rien de tout cela ne vous empêche de garder à l'esprit la raison première de votre venue sur Terre.

 

Et si vous êtes d'un naturel solitaire, rien ne vous oblige non plus à devenir militant ou mondain pour être spirituel. Vous pouvez accomplir la raison de votre venue en menant une existence discrète et retirée.

 

« Cherchez premièrement le royaume et toutes ces choses vous seront données en plus » (Matthieu 6, 33).

 

S'il faut penser, et il faut penser, pensez en sphère et non pas en cercle.

 

Ne tournez pas sans cesse autour d'oppositions artificielles : intérieur ou extérieur, âme ou corps, spiritualité ou vie ordinaire, méditation ou action, conscience ou intelligence. Ne restez pas enfermé dans le « soit l'un, soit l'autre ». La réalité est plus vaste que ces alternatives et plusieurs dimensions peuvent être vraies ensemble sans se contredire.

 

Le mental, l'intelligence et l'instruction ne sont pas les ennemis de l'âme. Ils deviennent des obstacles lorsqu'ils occupent une place qui n'est pas la leur. Quand la conscience les dirige afin de résoudre les problèmes relevant du devoir, ils sont simplement des outils.

Ce n'est pas fromage ou dessert

 

Bien sûr, lorsque vous êtes assis pour méditer profondément, ce n'est pas le moment de réfléchir à vos affaires, à vos projets ou à ce que vous ferez demain. Il y a un temps pour tout.

 

Mais lorsque la conscience, apaisée par sa communion avec la paix intérieure, reprend les outils du mental et de l'intelligence, la pensée n'est plus une ennemie. Elle redevient ce qu'elle devrait être : un outil au service de la conscience.

 

Sur La Voie, ce n'est pas fromage ou dessert. C'est fromage et dessert.

 

Le matérialisme n'est pas nécessairement opposé à la spiritualité, pas plus que le corps n'est opposé à l'âme. Se tourner vers les autres ne s'oppose pas à se tourner vers l'intérieur. Travailler, aimer, construire et agir dans le monde ne s'opposent pas à la recherche du Divin.

 

Il faut simplement remettre chaque chose à sa juste place.

 

C'est au-dedans que réside la réponse de fond à toutes vos questions et la solution à votre plus grand problème : être sans Lui, comme un orphelin perdu dans l'existence.

 

Il est des gens qui se dévouent aux autres et qui trouvent dans ce dévouement une satisfaction profonde que seule cette activité semble pouvoir leur apporter. Leur dévouement peut être admirable et produire beaucoup de bien. Pourtant, aussi beau soit-il, il ne suffit pas à lui seul à accomplir le propos spirituel de l'existence.

 

Quand on s'oublie, que ce soit dans la méditation, dans le service ou parfois dans une action accomplie tout entier, on peut ressentir cette paix, cette vraie satisfaction, cette présence du Saint-Nom. Cela n'a rien d'étonnant : il est au-dedans de nous.

 

Mais ressentir le Saint-Nom de temps en temps n'est pas encore l'accomplissement.

 

Il faut y revenir encore et encore, tant et tant que cette fréquentation approfondisse réellement la conscience. Ce qui n'était d'abord qu'un instant de paix devient peu à peu une profondeur plus stable, une conscience plus claire, une manière différente d'être dans l'existence.

 

C'est là que se trouve l'accomplissement dont il est question ici.

 

Vous pouvez avoir aimé, travaillé, élevé des enfants, bâti une maison, créé une œuvre, aidé beaucoup de gens et vécu une vie riche. Rien de cela n'est à mépriser. Mais derrière tout ce que vous avez fait dans cette incarnation, quelque chose de plus essentiel peut avoir eu lieu : votre conscience s'est approfondie et l'âme s'est un peu plus raffinée.

 

C'est le propos de La Voie. « Chaque incarnation donne à l'âme un peu plus de conscience. »

 

 

Si vous avez des questions, vous pouvez les poser ici :

madhyama.marga@gmail.com

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