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Publié par Hans Yoganand

Quel est le sens de la vie ? Pourquoi sommes-nous ici ? Au-delà du bonheur, de la réussite et de nos projets personnels, la spiritualité pose la question d’une raison plus profonde à l’existence humaine. De la peur de la mort à la recherche intérieure, de l’expérience de la séparation à la conscience de l’Unité, cet article interroge ce que signifie vivre et la raison de notre présence sur Terre.

Un jjeune homme retourne chez son père, après bien des péripéties et son père lui tend les bras.
Le but de la vie est le retour au Père en toute conscience et liberté

 

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Le sens de la vie : pourquoi vivons-nous ?

Pourquoi sommes-nous ici, et vers quoi va l’existence humaine ?

 

Quel est le sens de la vie ? Pourquoi sommes-nous ici ? Au-delà du bonheur, de la réussite et de nos projets personnels, la spiritualité pose la question d’une raison plus profonde à l’existence humaine. De la peur de la mort à la recherche intérieure, de l’expérience de la séparation à la conscience de l’Unité, cet article interroge ce que signifie vivre et la raison de notre présence sur Terre.

 

 

Nous avons tous des raisons de vivre. Fonder une famille, aimer, travailler, construire quelque chose, connaître le bonheur, traverser les difficultés, réaliser certains projets. Tout cela compte, évidemment. Mais la question est de savoir si ces raisons personnelles épuisent à elles seules le sens de notre présence ici.

 

Je ne le crois pas.

 

Tous les êtres vivants participent à quelque chose qui les dépasse, et l’existence humaine possède une raison fondamentale qui ne dépend ni de nos ambitions ni des circonstances particulières de notre vie. Peu de gens la connaissent vraiment. La plupart cherchent simplement à vivre du mieux possible, à éviter la souffrance et, si les circonstances le permettent, à être heureux.

 

Dans les cultures traditionnellement tournées vers la spiritualité, l’idée qu’une existence possède un sens dépassant l’individu est davantage présente. Les traditions indiennes parlent notamment de Libération et de la fin du cycle des réincarnations. Pourtant, dans la pratique religieuse populaire, beaucoup ne cherchent pas directement cette Libération. Ils espèrent plutôt accumuler un bon karma afin de connaître une existence future plus favorable.

 

Cela montre à quel point nous avons tendance à repousser le sens véritable de notre existence à plus tard.

 

Pendant ce temps, nous nous préoccupons surtout du passé, de l’avenir, de nos relations, de l’argent, de ce que les autres pensent de nous, de ce qu’ils nous ont fait ou de ce qu’ils devraient faire.

 

Nous nous demandons pourquoi nous ne sommes pas reconnus à notre juste valeur, pourquoi les choses ne se passent pas comme nous le voudrions, pourquoi certaines personnes sont comme elles sont.

 

Si vous ne vous reconnaissez pas dans cette description, c’est peut-être que vous n’êtes pas de ceux-là. C’est aussi peut-être que le regard que vous portez sur vous-même manque parfois de lucidité. Cela arrive à tout le monde.

La solitude moderne

 

L’être humain moderne est de plus en plus seul au milieu des autres. Les anciennes appartenances se sont affaiblies, les liens collectifs sont moins évidents et chacun construit autour de lui ses propres frontières, ses certitudes et ses protections, dans l’espoir d’y trouver un peu de sécurité.

 

Pourtant, la peur demeure. Elle change simplement de visage. Elle s’attache à l’avenir matériel, à la maladie, au vieillissement, aux bouleversements du monde, à ce que nous risquons de perdre. Et derrière beaucoup de ces inquiétudes se tient la mère de toutes les peurs : la peur de la mort.

 

Nous savons parfaitement que nous allons mourir, mais nous vivons souvent comme si cette évidence constituait une sorte d’erreur à repousser aussi longtemps que possible. Nous surveillons notre alimentation, faisons du sport, prenons soin de notre apparence, cherchons à préserver notre santé et à ralentir les effets du temps. Il n’y a évidemment rien de mauvais à cela.

 

Le problème commence lorsque nous espérons ainsi faire disparaître une inquiétude qui ne vient pas seulement du corps. Nous pouvons détourner les yeux, remplir nos journées, éviter les mauvaises nouvelles, nous distraire ou nous rassurer. Pourtant, une inquiétude sourde demeure parfois tapie quelque part, comme le monstre que l’enfant imaginait au sommet de l’armoire ou sous son lit.

 

Alors nous hésitons à regarder en nous, de peur d’y rencontrer quelque chose que nous préférerions ne pas voir. C’est dommage, car le remède se trouve précisément là. Et de monstre, il n’y en a point.

Celui que vous êtes vraiment

 

Nous vivons en grande partie à partir de ce que nous croyons être. Chacun possède, pourrait-on dire, trois identités : celle qu’il pense être, celle que les autres pensent qu’il est, et celle qu’il est vraiment.

 

Les deux premières changent sans cesse. L’image que vous avez de vous-même évolue avec les circonstances, l’âge, les réussites, les blessures et les opinions que vous avez adoptées. Celle que les autres ont de vous varie encore davantage, puisque chacun vous regarde depuis sa propre histoire.

 

Mais il existe quelque chose en vous qui ne dépend pas de ces regards. C’est cette identité profonde qui devrait progressivement émerger à la surface de la conscience, car elle permet de regarder le monde et notre propre existence autrement. Il existe, en ce sens, plusieurs façons de voir.

 

La première s’arrête aux apparences. Elle remarque surtout ce qui distingue, oppose et sépare.

 

La seconde cherche à comprendre. Elle interprète les comportements, les émotions, les intentions et les pensées. Elle appartient encore au mental, mais elle dépasse déjà l’apparence immédiate.

 

Puis vient une autre vision, celle de la conscience. Elle ne nie pas la diversité des êtres et des choses, mais elle perçoit derrière cette diversité une même réalité fondamentale. Elle voit le multiple sans perdre de vue l’Unité. C’est cette vision qui peut donner une juste direction à l’existence.

Voir juste et agir juste

 

Lorsque notre regard change, notre manière d’agir change également. La spiritualité ne consiste pas seulement à penser autrement, à accumuler des connaissances ou à adopter certaines croyances. Elle concerne la manière dont nous vivons, maintenant, au milieu des choses ordinaires.

 

Lao-Tseu parlait du wuwei, le « non-agir ». Le non-agir n’est évidemment pas l’inaction. Il ne s’agit pas de rester assis en attendant que la vie décide à notre place. Il s’agit d’agir sans ajouter inutilement à l’acte l’agitation du vouloir personnel, en accord avec ce qui est et avec l’harmonie fondamentale de la vie.

 

On peut connaître intellectuellement beaucoup de choses concernant la spiritualité et pourtant continuer à vivre exactement comme auparavant. C’est là qu’apparaissent différentes manières de se tenir face à la vérité.

 

Il y a d’abord ceux qui ne se préoccupent nullement d’une dimension intérieure ou d’une raison transcendante à leur existence. Ils vivent, désirent, craignent, s’attachent, souffrent, connaissent quelques bonheurs puis poursuivent leur chemin. Tout le monde passe par là. C’est l’existence vécue essentiellement dans l’expérience de la séparation et de la dualité.

 

Il y a ensuite ceux qui commencent à pressentir qu’une autre réalité existe. Ils lisent, apprennent, réfléchissent, comparent les doctrines, connaissent les mots, les concepts et parfois les textes. Ils peuvent en savoir énormément sur la vérité sans pour autant la vivre.

 

C’est ce que j’appellerais la non-vérité dans la vérité : la vérité est connue comme idée, mais la manière de vivre reste gouvernée par ce qui lui est contraire.

 

Enfin, il y a ceux pour qui la recherche de vérité cesse d’être une préoccupation intellectuelle parmi d’autres et devient une orientation réelle de l’existence. C’est la vérité dans la vérité. Non pas parce qu’ils seraient devenus parfaits, mais parce qu’ils ont cessé de considérer la vérité comme un simple objet de pensée. Ils commencent à lui donner une place effective dans leur vie.

Les fruits de l’arbre

 

Dans l’Évangile, on lit que l’on reconnaît l’arbre à ses fruits. Une autre parabole parle d’une graine qui ne peut porter pleinement son fruit que lorsqu’elle tombe dans une terre préparée, débarrassée des pierres et des ronces. Cette image dit beaucoup de la vie spirituelle.

 

La Grâce est contenue dans la graine, mais c’est à vous de préparer le sol, de semer, d’arroser et de désherber. La Grâce ne dispense pas de faire ce qui vous revient. Elle donne à vos efforts leur véritable fécondité.

 

On peut aspirer à la vérité fondamentale, souhaiter comprendre le sens de l’existence, parler d’éveil spirituel, de conscience, d’âme ou de Libération. Mais si l’on refuse d’engager quoi que ce soit de soi, ces mots resteront des mots.

 

Il ne suffit pas de savoir qu’un chemin existe. Encore faut-il marcher.

 

La pratique régulière du yoga originel de La Voie spirituelle n’est ni un fardeau ni une punition. Elle devient au contraire une source profonde de bonheur lorsque l’on comprend pourquoi on la pratique.

 

Cela ne signifie pas que tout soit facile. Aller à l’encontre de certaines habitudes, de certains attachements ou de certaines pulsions demande parfois un effort véritable. Mais cet effort devient possible lorsque la motivation est juste et que la persévérance accompagne la pratique.

La raison fondamentale

 

Je n’ai pas encore nommé cette raison fondamentale de vivre, commune à tous les êtres humains et située au-delà de leurs motivations personnelles.

 

Ce sujet demanderait bien davantage qu’un article pour être développé en profondeur.

 

Sachez cependant ceci : les âmes ne sont pas incarnées sans raison. Elles sont destinées à « revenir à la maison », après l’avoir quittée, comme le fils prodigue de la parabole biblique revient auprès de son père après être parti dans le monde.

 

L’existence est le temps de l’expérience de la dualité. Nous faisons l’expérience du moi et de l’autre, du plaisir et de la peine, de la proximité et de la séparation, du désir, de la perte, du temps et de la mort.

 

Mais cette expérience n’est pas vaine. Elle prépare la conscience à reconnaître l’Unité, non pas comme une idée à laquelle il faudrait croire, mais en toute conscience, après avoir connu l’expérience de la séparation.

 

Voilà pourquoi vous vivez. Non pas seulement pour réussir votre vie, être heureux, acquérir des biens, aimer, souffrir, apprendre ou laisser quelque chose derrière vous. Tout cela appartient au voyage.

 

La raison profonde du voyage est le retour. Si cette question vous interpelle et que vous souhaitez l’approfondir, vous pouvez poser vos questions ici : madhyama.marga@gmail.com

 

 

Si vous avez des questions, vous pouvez les poser ici :

madhyama.marga@gmail.com

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