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Publié par Hans Yoganand

Nous passons une grande partie de notre vie à satisfaire ce que nous appelons nos besoins. Mais avons-nous toujours besoin de ce que nous poursuivons ? Entre besoin, envie et désir, la frontière est moins évidente qu'il n'y paraît. Et pourtant, savoir les distinguer peut changer profondément notre rapport au bonheur, à la paix intérieure et à ce fameux « toujours plus » qui ne semble jamais rassasié.

Une femme est assise sur un fauteuil, méditant les yeux fermés et autour d'elle tournent les objets de luxe du désir..
Ne cédez pas au désir, gardez votre conscience à l'abri

 

AccueilLe blog des satsang/La Révélation

 

Pourquoi vos désirsne vous rendront jamais heureux

Les besoins sont légitimes,pas la poursuite sans fin du toujours plus

 

 

Nous passons une grande partie de notre vie à satisfaire ce que nous appelons nos besoins. Mais avons-nous toujours besoin de ce que nous poursuivons ? Entre besoin, envie et désir, la frontière est moins évidente qu'il n'y paraît. Et pourtant, savoir les distinguer peut changer profondément notre rapport au bonheur, à la paix intérieure et à ce fameux « toujours plus » qui ne semble jamais rassasié.

 

 

En vérité, la paix est l'état le plus proche de la nature profonde de l'Homme. Je comprendrais que vous en doutiez. En effet, la confusion, le doute, la peur, le désarroi, la colère et l'incompréhension semblent davantage caractériser l'Homme. Pourtant, aussi incroyable que cela puisse paraître, l'état de paix intérieure est le fond de la nature humaine.

 

L'agitation est sans cesse alimentée par ce qui vient de l'extérieur : nos relations, nos occupations, nos projets, nos attentes, nos peurs, les événements auxquels nous sommes confrontés et tout ce qui sollicite notre attention. Tandis que, pour vivre la paix intérieure et ressentir l'amour, il suffit de se retourner en soi.

 

L'intérieur est plus proche de vous que l'extérieur !

 

Peu de personnes vivent cette paix intérieure. Comment l'expliquer ? Le propos de La Voie n'est pas d'expliquer, il est d'offrir la possibilité de s'abreuver à ceux qui ont soif de conscience.

Une confusion

 

Pourtant, il est une cause de souffrances dont il faut parler : la confusion entre les désirs et les besoins.

 

Les besoins humains ne se limitent pas à manger, boire, dormir et avoir un toit. Nous avons aussi besoin de sécurité, d'affection, d'appartenance, de reconnaissance, d'estime, d'une certaine stabilité matérielle et de la possibilité de nous accomplir.

 

Vouloir être aimé n'est donc pas nécessairement un désir. Avoir besoin d'être reconnu, d'avoir un logement agréable, une vie matériellement suffisamment confortable, une activité qui nous satisfasse ou la possibilité de voyager parfois peut relever de besoins parfaitement légitimes.

 

Un besoin n'est pas obligatoirement vital au sens strict. Il peut être affectif, relationnel, social, matériel ou simplement nécessaire à l'équilibre d'une personne à un moment donné de son existence.

 

Un besoin peut être satisfait. Le désir fonctionne autrement. Certains se laissent aller à la dérive sur l'incessant flot de leurs désirs, accros à la consommation comme on peut l'être à la drogue, à l'alcool, au tabac ou au jeu. Tant qu'ils ont l'argent nécessaire à l'assouvissement de cette dépendance, ils peuvent même ne pas se sentir particulièrement frustrés. Le désir est satisfait provisoirement, puis un autre vient prendre sa place.

 

Pour ceux qui manquent d'argent, la frustration est plus visible. Certains se mettent dans des situations inextricables, s'endettent, vivent au-dessus de leurs moyens et toute leur existence finit par être affectée par ce qu'ils voudraient posséder.

 

Le problème n'est pas l'objet. Le problème est ce mouvement qui dit toujours : encore. Encore mieux, encore plus beau, encore plus grand, encore plus confortable, encore plus prestigieux. Un besoin peut connaître la satiété. Le désir, lui, ne la connaît pas : un désir chasse l'autre.

L'excès inverse

 

D'autres vont dans l'excès inverse : ils se privent de tout afin d'atteindre un détachement qu'ils croient, à tort, propice à leur Réalisation.

 

Des anachorètes restent enfermés dans des ermitages, des ascètes jeûnent, se privent de sommeil ou imposent à leur corps toutes sortes d'épreuves. Ces privations leur font parfois vivre de spectaculaires états de conscience modifiée.

 

Mais tout ce qui est spectaculaire est-il le signe de la vérité ? Imaginez que le diable existe... le croiriez-vous incapable de faire des miracles ? Une expérience extraordinaire n'est pas nécessairement une expérience de vérité. Ce qui impressionne les sens et le mental n'est pas forcément ce qui rapproche de l'essentiel.

 

La spiritualité ne consiste donc pas davantage à tout refuser qu'à tout vouloir. On peut même devenir obsédé par les choses en s'occupant continuellement de ne pas les posséder.

Les besoins légitimes

 

Il y a des besoins essentiels qui doivent être satisfaits et cela relève, d'une certaine manière, du devoir sacré. Si l'on part du postulat que « le corps est le temple de Dieu », alors vous devez le traiter aussi bien que les croyants des religions entretiennent leurs temples, leurs mosquées, leurs synagogues et leurs églises.

 

Il faut le nourrir correctement, le soigner, lui permettre de dormir, de se protéger du froid et de la chaleur, de vivre dans des conditions convenables. Mais il ne faut pas oublier non plus les autres besoins fondamentaux de l'Homme : le besoin d'aimer et d'être aimé, celui d'appartenir, d'être reconnu, estimé, respecté et de pouvoir accomplir quelque chose de sa vie.

 

Satisfaire ses besoins n'est pas du matérialisme. C'est donner à l'existence matérielle et humaine sa juste place.

 

« Satisfaire tes besoins est un devoir sacré. »

Bhaktimàrga 133

Différence entre besoin, désir et envie

 

Distinguez les besoins et les désirs. Il est possible de satisfaire un besoin, pas un désir : un désir chasse l'autre. Il faut toutefois distinguer aussi le désir de l'envie. Une envie peut être légère, ponctuelle. Vous pouvez avoir envie d'un bon repas, d'un vêtement, d'un voyage, d'un objet agréable ou d'une distraction. Cette envie n'est pas toujours fondamentale, mais elle peut être satisfaite et s'arrêter là.

 

Il existe également des besoins ponctuels. Tout ce dont nous avons besoin n'est pas inscrit une fois pour toutes dans une liste. Une situation particulière, une période de la vie, un travail, une famille peuvent faire naître des besoins nouveaux.

 

Le désir, tel que j'utilise ce mot ici, est autre chose. Il entretient le sentiment qu'il manque toujours quelque chose. Quand j'aurai ceci, tout ira mieux. Puis ceci obtenu : Quand j'aurai cela. Et ensuite autre chose. Le désir déplace sans cesse la promesse de satisfaction un peu plus loin.

 

Si vous êtes désireux d'aller sur une voie de vérité, vous satisferez vos besoins, vous pourrez même satisfaire certaines envies, mais vous éviterez autant que possible de vous laisser prendre dans l'engrenage des désirs.

 

« Désirs et besoins se ressemblent

mais ne sont pas de la même famille. »

 

Bhaktimàrga 132

Une vieille question spirituelle

 

Depuis longtemps, les enseignements spirituels ont mis en garde contre le désir lorsqu'il devient le moteur de l'existence. Le buddha Gautama Siddhartha en parle, comme le Dhammapada, le recueil traditionnel de ses paroles, l'explique :

 

« Chez l'Homme sans vigilance,

le désir croît comme l'herbe Màluvà.

Il va d'ici à là-bas et de là-bas à ici,

comme le singe bondit d'arbre en arbre,

en quête de fruits. »

 

Dhammapada, 334

 

La Bhagavad-Gîtâ en parle aussi. Elle invite l'Homme à ne plus être soumis à sa nature la plus primaire, à ses désirs, et à rester dans la pleine conscience de l'Unité. Elle utilise notamment cette image : lorsque l'on dispose de la source, le puits perd une grande partie de son importance. C'est cela, au fond, la question. Quand on connaît la source, on peut encore boire au puits, mais on sait d'où vient réellement l'eau. On peut profiter des plaisirs de l'existence sans leur demander ce qu'ils ne peuvent pas donner.

Il faudra choisir

 

Si vous avez soif de spiritualité vraie, vous ferez un choix. La tempérance et la frugalité ne sont pas la misère. La consommation effrénée ne mène pas au bonheur. Il ne s'agit pas de manquer de tout, mais simplement d'aller sur les chemins de l'Un et d'y trouver la paix et son amour.

 

Ne pas refréner la ronde des désirs empêche de trouver la paix intérieure. Ce n'est pas affaire de morale. Être riche n'est pas un péché. Être pauvre n'est pas une vertu spirituelle.

 

Un riche recevrait la Révélation de La Voie et s'assiérait en méditation ; il vivrait la paix intérieure comme un autre, car l'Un s'offre à ceux qui s'offrent.

 

Le problème n'est donc pas la richesse elle-même. Le problème commence lorsque la recherche de richesse, de confort, de prestige, d'apparence ou d'accumulation prend une telle place qu'elle devient le centre de l'existence.

 

Être propriétaire et payer au comptant sa maison n'empêche pas d'aller en soi pour y trouver la vraie paix. Il n'est pas obligatoire d'être locataire d'une HLM de banlieue ou SDF pour être spirituel.

 

Avoir une belle maison, vivre confortablement, voyager, aimer les belles choses ne suffit pas davantage à faire de quelqu'un un matérialiste. Mais avoir plusieurs maisons délirantes de luxe, avec héliport, piscine à grotte, terrain de tennis et toutes sortes d'équipements qui restent inoccupés les trois quarts du temps, ce n'est plus seulement satisfaire un besoin de confort. À ce stade, l'accumulation a pris le relais.

 

Le matérialisme ne se mesure donc pas seulement à ce que l'on possède, mais à la place que les possessions et les désirs occupent dans notre conscience. On peut avoir peu et ne penser qu'à avoir davantage. On peut avoir beaucoup et savoir que l'essentiel est ailleurs. Mais on ne peut pas consacrer son existence à vouloir toujours davantage et, en même temps, prétendre que l'essentiel de sa vie se trouve dans la recherche de vérité.

 

On ne peut pas être spirituel et matérialiste à outrance. À un moment, il faut choisir. La paix ne demande pas de renoncer à la vie, au confort, à l'amour, aux plaisirs ni à la satisfaction de nos besoins. Elle demande simplement de ne pas chercher dans le désir ce que seul l'essentiel peut nous donner.

 

 

Si vous avez des questions, vous pouvez les poser ici :

madhyama.marga@gmail.com

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