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Publié par Hans Yoganand

Un Chinois du Yunnan, un Somalien de Mogadiscio, un chauffeur de yellow cab new-yorkais d'origine tamoule : rien ne les rapproche, ni la langue, ni la culture, ni les croyances. Et pourtant, quelque chose leur est rigoureusement commun. Ce texte part de ce constat simple pour interroger une idée devenue suspecte dans nos sociétés individualistes : celle d'une vérité qui ne serait pas relative.

Une foule de gens de toutes origines : des blancs, des noirs, de asiatiques pour illustrer l'Humanité et la vérité fondamentale : la vie.
Nous sommes tous différents mais nous sommes tous vivants, c'est notre point commun

 

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Existe-t-il une vérité vraie pour tous ?
Ce que la Vie a de commun avec elle-même, derrière toutes nos différences

Un Chinois du Yunnan, un Somalien de Mogadiscio, un chauffeur de yellow cab new-yorkais d'origine tamoule : rien ne les rapproche, ni la langue, ni la culture, ni les croyances. Et pourtant, quelque chose leur est rigoureusement commun. Ce texte part de ce constat simple pour interroger une idée devenue suspecte dans nos sociétés individualistes : celle d'une vérité qui ne serait pas relative.

 

 

La vérité fondamentale existe. Elle est vraie pour tous et depuis toujours. Certains, jaloux de leur liberté de penser, se révolteront peut-être en lisant cette affirmation et diront : « Il n'y a pas qu'une vérité, à chacun la sienne ! » Pourtant, la vérité fondamentale n'entre pas en concurrence avec la vérité de chacun. Elle est ce qui est commun à tous les êtres vivants : la Vie elle-même.

 

Que chacun ait une vérité personnelle n'empêche pas la vérité fondamentale d'exister. L'une n'empêche pas l'autre.

 

Nous avons tous nos opinions, nos convictions, notre manière de voir les choses, notre histoire, notre culture, notre sensibilité. Tout cela constitue une vérité personnelle, relative à une personne, à une situation ou à un moment donné.

 

Mais la vérité fondamentale est d'un autre ordre.

 

Elle n'est jamais née et ne mourra jamais. Tout dépend d'elle et elle ne dépend de rien. Elle est le dénominateur commun de tout ce qui existe. Ce qui répond à cette définition, c'est la Vie. La Vie, pas l'existence.

 

L'existence est ce temps qui va de la naissance à la mort du corps. Nous existons avec un nom, une histoire, un caractère, des souvenirs, des projets. Tout cela commence un jour et finit un autre jour.

 

La Vie est au-delà de cette existence particulière. Elle ne nous appartient pas. Nous y participons.

 

Un être humain peut être chinois, somalien, français ou indien, vivre dans une grande ville ou dans un village, être croyant ou athée, riche ou pauvre. Il peut avoir des idées complètement différentes de celles de son voisin. Pourtant, s'il est vivant, il possède avec lui quelque chose de commun : la Vie. C'est cela qui est premier. Alors une question se pose : qui a créé la Vie ? Dieu ?

 

Mais Dieu n'a pas créé la Vie, puisqu'il était vivant avant de la créer. Peut-être faut-il donc cesser de considérer Dieu et la Vie comme deux réalités séparées. Peut-être s'agit-il, au fond, du même principe.

 

Les mots compliquent souvent ce qui est simple. Nous parlons de Dieu, de la Vie, de l'Un, de la Grâce, comme s'il s'agissait nécessairement de choses différentes. Pourtant, ces mots peuvent désigner différents aspects d'une même réalité fondamentale. Et cette réalité, il est possible de s'y baigner, d'en être inspiré, à condition de connaître la bonne façon de faire.

 

Le mot « vérité » est devenu difficile à employer dans nos sociétés où l'individualisme a été hissé au pinacle des valeurs. Chacun tient, à juste titre, à sa liberté de penser, à ses opinions, à ses choix et à sa manière de vivre. Mais de cette liberté est parfois née l'idée que toute vérité serait nécessairement relative.

 

« À chacun sa vérité ». Cette formule est devenue une sorte de prêt-à-penser philosophique que l'on taille à ses mesures. À chacun son opinion, sa mode, ses désirs, ses certitudes. La vérité fondamentale en a pris un sacré coup dans l'aile. Pourtant, affirmer qu'il existe une réalité commune à tous ne retire rien à la liberté de chacun.

 

Tout vient en partie d'un malentendu à propos du mot « vérité ». Il y a les vérités et il y a la vérité. Affirmer un fait sans le travestir est dire une vérité. Ne pas mentir à propos de ceci ou de cela est dire la vérité sur une chose particulière. On parle de la vérité sur Tchernobyl, de la vérité sur les prix, de la vérité sur l'industrie agroalimentaire, de la vérité sur un événement politique ou historique.

 

À ce niveau-là, il existe des informations vraies ou fausses, des interprétations, des opinions et parfois des croyances extravagantes. Certains penseront que la Terre est plate, d'autres non. Mais lorsque nous parlons de vérité dans un sens spirituel, nous ne parlons pas de ces vérités-là. Nous parlons de la vérité fondamentale.

 

Il ne s'agit pas d'une information exacte à propos de quelque chose, ni d'une opinion, ni d'une théorie. La vérité fondamentale et les vérités individuelles sont presque des homonymes : on utilise le même mot pour parler de réalités différentes. Voilà pourquoi dire qu'il existe une vérité fondamentale suscite parfois de la méfiance.

 

On vous soupçonne vite de vouloir imposer une doctrine, de vouloir porter atteinte à la raison ou à la liberté de penser. On vous soupçonne parfois d'être une secte prosélyte qui en veut à votre liberté et, pire encore, à votre argent. Pourtant, la vérité fondamentale ne demande pas qu'on la croie. Elle réside déjà en chacun.

 

Quand on la rencontre, quand on la redécouvre, elle semble évidente et simple. Elle est la même pour un Chinois du Yunnan venu travailler sur les chantiers de Shanghai, pour un Somalien vivant à Mogadiscio et essayant de mener une vie normale au milieu de la violence, pour un New-Yorkais d'origine tamoule conduisant un yellow cab, ou pour n'importe quel autre être humain vivant sur cette planète. Leurs langues diffèrent, leurs histoires diffèrent, leurs cultures diffèrent, leurs croyances diffèrent. La Vie qui les anime est la même.

 

La vérité fondamentale possède donc quelques caractéristiques simples :

 

Elle a toujours existé et existera toujours.
Elle est unique.
Elle est la même pour tous.

 

Lao-Tseu en parlait dans le Tao-Te-King et lui donnait le nom de Tao : « Le Tao qui peut se dire n'est pas le Tao éternel. Le nom qui peut être nommé n'est pas le Nom éternel. Le Sans-Nom est l'origine du Ciel et de la Terre. Le Nommé est la mère de tous les êtres. Celui qui est libéré du désir en voit l'essence secrète. Celui qui est asservi au désir n'en voit que les formes éphémères. Ces deux états ont une source commune mais des noms différents. Cette unité est une double profondeur, la porte de tous les mystères. »

 

La Voie reconnaît en Lao-Tseu l'un de ses anciens maîtres. Cela ne signifie pas que La Voie soit taoïste au sens religieux du terme. Ce qui nous intéresse ici n'est pas une appartenance religieuse, mais ce dont Lao-Tseu témoigne.

 

Le Tao qui peut se dire n'est pas le Tao éternel. Autrement dit, le mot n'est pas la chose. Aucun discours, aucune théorie ne peut véritablement nous faire connaître la vérité fondamentale. Seule l'expérience directe peut nous la faire connaître.

 

Chaque être vivant possède une énergie qui fait qu'il est vivant. Cette énergie de vie est la vérité fondamentale.

 

La biologie décrit le fonctionnement du vivant. La physique décrit la matière et l'énergie. Mais aucune description ne suffit à épuiser la question de la Vie. La Vie n'est pas uniquement, selon nous, le résultat d'un mécanisme aveugle. Cette énergie possède un ordre, une raison, un dessein.

 

Lorsque les grands physiciens se penchent sur l'origine et la nature de l'univers, ils finissent eux-mêmes par rencontrer des questions qui dépassent la simple description de la matière. Einstein parlait de Dieu et disait qu'il ne jouait pas aux dés. La physique parle de matière et d'antimatière, de matière noire, d'énergie noire, d'un univers dont une grande partie nous échappe encore.

 

Après avoir décrit ce qui se passe, une autre question demeure : qu'est-ce que tout cela est, au fond ? Et pourquoi ?

 

La science possède ses méthodes et ses domaines de compétence. La spiritualité pose une autre question. Elle ne cherche pas seulement à expliquer comment les choses fonctionnent, mais ce qu'est cette réalité fondamentale qui rend la Vie possible, ce qui nous a donné la vie et ce vers quoi elle nous conduit.

 

Les traditions spirituelles ont donné différents noms à cette réalité. Dans le bouddhisme, on parle de vacuité. Jésus parlait du Royaume. Lao-Tseu parlait du Tao. Dans La Voie, nous parlons de l'Un et de sat-cit-ānanda, en utilisant des mots venus du fond culturel indien.

 

Les doctrines ne sont pas identiques et les mots ne sont pas interchangeables. Mais derrière ces différences, nous reconnaissons une même réalité fondamentale, comprise et exprimée à travers des cultures différentes.

 

Il n'y a pas plusieurs vérités fondamentales. Il y a plusieurs manières d'en parler. Ce propos n'affirme pas que La Voie connaît seule la vérité. Ce serait le signe d'un grand orgueil. D'autres voies, d'autres yogas, des religieux sincères, des mystiques et des êtres qui n'appartiennent parfois à aucune tradition particulière peuvent connaître cette même vérité en eux, même s'ils lui donnent d'autres noms.

 

Nous sommes admiratifs de tous ceux qui ont le discernement, la lumière et la connaissance intime de la Grâce de Dieu.

 

La vérité ne se possède pas. Nous ne pouvons pas dire qu'elle est à nous. Nous pouvons seulement la connaître. Simplement, nous promouvons notre voie, désireux de partager le bonheur qui est le nôtre.

 

La Voie propose une manière de tourner sa conscience vers cette vérité, de s'y baigner, d'en être inspiré et de reconnaître, derrière l'agitation des pensées et les circonstances changeantes de l'existence, cette Vie qui a toujours été là. Alors la vérité fondamentale cesse d'être une idée. Elle devient une expérience. Oui, la vérité fondamentale existe et, sans la détenir, nous la connaissons.

 

Voulez-vous la connaître aussi ?

 

 

Si vous avez des questions, vous pouvez les poser ici :

madhyama.marga@gmail.com

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