Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publié par Hans Yoganand

Peut-on parler de vérité fondamentale sans tomber dans le sectarisme ? Entre les vérités relatives que chacun porte et une vérité fondamentale qui échapperait à toute possession, ce texte explore ce que signifie chercher, trouver, puis pratiquer — sans jamais prétendre détenir ce qui, par nature, nous dépasse.

Dessin humoristique d'un grippe-sous méfiant  tenant dans ses bras une cassette au trésor.

 

AccueilLe blog des satsang/La Révélation

 

Peut-on détenir la Vérité ?

 

Peut-on parler de vérité fondamentale sans tomber dans le sectarisme ? Entre les vérités relatives que chacun porte et une vérité fondamentale qui échapperait à toute possession, ce texte explore ce que signifie chercher, trouver, puis pratiquer — sans jamais prétendre détenir ce qui, par nature, nous dépasse.

 

 

Le mot vérité est trompeur : il semble ne dire qu'une seule chose, alors qu'il recouvre des sens très différents. Par exemple, il y a les vérités d'affaires criminelles, les vérités scientifiques, les vérités journalistiques relatives, comme les vérités historiques et il y a la vérité fondamentale.

 

Par exemple, dire que tous les hommes vivants ne sont pas morts est une vérité essentielle, car l'essence d'un homme vivant est la vie qui l'anime et cette vie est une vérité universelle, essentielle.

 

Des vérités, il y en a beaucoup, à propos de beaucoup de sujets, et chaque personne a tendance à posséder sa vérité propre. De vérité fondamentale, il n'y en a qu'une. Cette vérité n'annule pas les vérités individuelles, elle ne se situe pas au même niveau.

 

La vérité fondamentale, c'est la force de vie, la vertu du Tao, l'Unité et son harmonie fondamentale, qui, telle une équation fondatrice, dirigent tout. Ici, il n'est pas question de vérité religieuse.

Aller sur La Voie

 

Certaines spiritualités traditionnelles, qui ne sont pas des religions, se sont intéressées et s'intéressent encore à cette vérité fondamentale, à la source de toute vie. Elles ne parlent pas toujours la même langue, n'utilisent pas toujours les mêmes mots pour en parler, mais au-delà de leurs différences, elles pointent toutes dans la même direction.

 

Ces spiritualités traditionnelles sont des pratiques plus que des théories, des concepts, des dogmes, et ces pratiques sont réunies pour former une méthode : la sadhana¹. Une spiritualité traditionnelle, authentique, ainsi organisée est une voie spirituelle ou màrga².

 

La Voie spirituelle du Yoga-Originel est ce type de spiritualité.

 

Que faut-il faire pour aller sur La Voie spirituelle du Yoga-Originel ? Pour ça, il y a un pré requis indispensable, c'est de croire qu'une vérité fondamentale existe. Une autre chose encore est d'avoir soif de connaître cette vérité.

 

Cette vérité fondamentale ne peut ni se dire ni s'écrire. C'est pourquoi personne ne peut la dire et qu'aucun livre ne pourra nous la révéler ! Des personnes, des livres qui en parlent, il y en a plein, dont moi, et tous ne disent pas de choses fausses.

 

Par exemple, le Tao-Te-King, la Bhagavadgîtopanishad, les Upanishads, les Vedas, les Suttas, le Yogasûtra, le Bhaktimàrga, le Guru Granth-Sahib, le Dhammapada (paroles du buddha Gautama Siddhartha), les Évangiles, parlent de cette vérité, mais est-ce que leurs traductions sont de bonnes traductions ?

 

Cherchez, sur la toile, des PDF du Yogasûtra, par exemple… Vous en téléchargez dix et vous aurez dix versions différentes ! Autre problème : même si vous avez une bonne traduction, comment en juger ? De plus, ces livres parlent de la vérité, mais ils ne la révèlent pas ! Car c'est avant tout une pratique quotidienne.

Une pratique

 

La vérité fondamentale d'une spiritualité authentique est une pratique. Sa connaissance vient avec la pratique.

 

Qu'est-ce qu'une spiritualité authentique ? C'est une pratique (sadhana) établie sur la vérité fondamentale, capable de permettre à son pratiquant de tuer (en esprit) le vieil Homme afin qu'il puisse renaître (en esprit) et aller au Royaume, tel un petit-enfant. C'est ce que Jésus disait à Nicodème ! (Jean, chapitre 3, versets 3 à 7)

 

Les livres anciens, considérés comme saints, ne s'adressent pas aux chercheurs de vérité ; ils s'adressent aux disciples d'un maître vivant, pour les aider à aller sur La Voie spirituelle (sadhana), qu'il leur enseigne. Ce qui n'empêche pas les chercheurs de les lire et, ainsi, de leur donner la soif de la connaissance, de cette connaissance qui vient par la pratique.

 

Ces livres peuvent, tout au plus, inspirer un chercheur à demander la Révélation des techniques de méditation, ces techniques que tous les grands maîtres du passé ont enseignées et que les maîtres d'aujourd'hui enseignent encore. Cette Révélation, il faut la demander.

Quand on a trouvé

 

La Voie spirituelle n'est pas une recherche. On cherche la vérité tant qu'on ne l'a pas trouvée ; une fois qu'on l'a trouvée, on la met en pratique ; par exemple, mettre en pratique les techniques du Yoga-Originel et observer la sadhana.

 

J'ai conscience que ce que je viens de dire peut paraître sectaire à qui le lit de l'extérieur. C'est une objection légitime, et elle mérite une vraie réponse plutôt qu'une esquive : « Personne ne détient la vérité ! » — c'est vrai. Personne ne détient la vérité, mais connaître la vérité fondamentale n'est pas la détenir.

 

Personne ne peut la détenir : c'est elle qui détient tout. Dire qu'une telle vérité existe n'est pas prétendre la posséder ; c'est reconnaître qu'elle nous dépasse et nous précède.

 

« Le Tao qui peut se dire n'est pas le Tao éternel. Le nom qui peut être nommé n'est pas le Nom éternel. Le Sans-Nom est l'origine du Ciel et de la Terre. Le Nommé est la mère de tous les êtres. Celui qui est libéré du désir en voit l'essence secrète. Celui qui est asservi au désir n'en voit que les formes éphémères. Ces deux états ont une source commune mais des noms différents. Cette unité est une double profondeur, la porte de tous les mystères. » (Tao-Te-King, 1)

 

« Le Tao est une vacuité qui ne peut être comblée, mais son utilité est inépuisable. Il contient tout, le manifesté et le non-manifesté, la lumière et les ténèbres. Il semble être la mère de tous les êtres. Il émousse ce qui est tranchant, dénoue tout lien, tempère sa splendeur, et se confond avec la poussière du monde. Sa présence est imperceptible. Celui qui le connaît maîtrise son conditionnement et garde cachée sa vertu. J'ignore s'il a été créé, il semble avoir précédé la Création. » (Tao-Te-King, 4)

Une parole vivante

 

La vérité dont je vous parle ici, c'est le Tao, l'Unité, le Tout, et le Tao n'est pas taoïste. Le buddha révélait cette vérité et il n'était pas bouddhiste ; Jésus n'a jamais été chrétien. Une parole vivante est nécessaire pour dire la vérité, et pour cela il faut un maître vivant pour la dire.

 

Cela n'enlève rien à la légitimité de ceux qui cherchent autrement, ou qui doutent de cette affirmation même : c'est une position que je tiens et que j'assume, pas un verdict sur ceux qui ne la partagent pas. Chacun avance selon sa propre maturation, et ce cheminement n'appartient qu'à lui.

 

Notes de bas de page :

 

¹ Sadhana (sanskrit) : méthode ou discipline spirituelle, ensemble structuré de pratiques conduisant à la réalisation.

 

² Màrga (sanskrit) : littéralement « chemin, voie » ; désigne une voie spirituelle traditionnelle organisée autour d'une sadhana.

 

 

Si vous avez des questions, vous pouvez les poser ici :

madhyama.marga@gmail.com

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :