Le vrai but de la vie
Entre objectifs personnels et grande « mission de vie », il est facile de se perdre. Cet article distingue le but universel de l'existence humaine de sa traduction singulière dans chaque vie, et montre comment La Voie spirituelle du yoga originel invite à s'y accorder.
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Entre objectifs personnels et grande « mission de vie », il est facile de se perdre. Cet article distingue le but universel de l'existence humaine de sa traduction singulière dans chaque vie, et montre comment La Voie spirituelle du yoga originel invite à s'y accorder.
Mission de vie ou but de la vie ?
Qui ne s'est pas posé la question du « but de la vie » ? Des objectifs personnels, chacun a les siens et ils changent au fur et à mesure du temps et des besoins. Certains ne parlent pas de but de la vie, mais de « mission de vie ».
La mission de vie est une expression moderne pour désigner une intuition très ancienne : l'idée qu'une existence humaine ne se réduit pas à survivre, réussir, consommer, travailler, vieillir et mourir. Il y aurait, au cœur d'une vie, une direction plus profonde, une manière juste d'être au monde, un fil intérieur qui donne sens aux actes.
Mais il faut être prudent avec cette expression, parce qu'elle peut éclairer comme elle peut enfermer.
La mission de vie n'est pas forcément une grande œuvre visible, une carrière exceptionnelle, une destinée spectaculaire ou un rôle reconnu par les autres. Cette idée-là flatte beaucoup l'ego-spirituel. On imagine que sa mission doit être unique, brillante, presque héroïque. Alors on cherche longtemps une « mission » comme on chercherait un titre, une identité ou une validation.
Mission de vie et but de la vie parlent du même besoin de sens, mais pas exactement du même niveau. Le but de la vie répond à une question fondamentale, presque métaphysique : pourquoi vivre ? vers quoi va l'existence humaine ?
La mission de vie, elle, répond plutôt à une question incarnée : comment ce but se traduit-il dans ma vie particulière ? On pourrait dire : le but de la vie est universel. La mission de vie est singulière.
Un but commun à tous les êtres humains
Le but de la vie touche tous les êtres humains. Il ne dépend pas du métier, de l'époque, de la culture ni du tempérament. Dans une perspective spirituelle, ce but pourrait être formulé ainsi : sortir de l'ignorance, revenir à la conscience de l'essentiel, reconnaître la Grâce, jusqu'à faire de cette conscience une réalité quotidienne. C'est la direction profonde de l'existence humaine.
La Voie spirituelle du yoga originel répond à cette question du but de la vie et de la mission de vie en même temps, sans nier le besoin d'objectifs personnels, comme réussir des études, trouver un emploi satisfaisant, créer son activité, trouver l'amour partagé, avoir des enfants, acquérir un bien, etc. ; bref, la recherche du bonheur.
La Voie distingue deux bonheurs possibles : le bien-être, l'épanouissement et le bonheur essentiel, qui est celui de la conscience de l'essentiel, de la Grâce. La Voie, la pratique de son yoga originel, appartient au registre du but de la vie et du bonheur essentiel, pas du bonheur individuel, même si l'un n'empêche pas l'autre.
Évidemment, le yoga originel n'a rien à voir avec le Hatha-yoga tel qu'on le pratique la plupart du temps en Occident. Ce yoga a ses vertus et il est tout à fait possible de le pratiquer et de suivre La Voie spirituelle. Pratiquer le yoga originel n'interdit pas de pratiquer le Taï-Chi, par exemple, ou encore de s'intéresser à l'ayurveda. On peut aussi pratiquer le Yoga-Originel, suivre La Voie et aller à la messe, communier, si l'on est chrétien.
Distinguer le mental et l'âme
Le propos de La Voie spirituelle est l'accomplissement du propos, de la raison de l'existence. Ce propos, cette raison de l'existence est commun à tous les Hommes. Quel est le moyen de faire cela, pour La Voie ? Pour commencer, elle préconise de ne plus laisser se disperser son esprit dans les pensées et les émotions. Pourquoi ? Parce que le but de la vie concerne l'identité profonde de l'Homme, pas les pensées ni les émotions.
Les pensées et les émotions, comme les concepts et les connaissances intellectuelles apprises à l'école, dans des livres et par l'expérience de la vie, sont du domaine du mental (citta), pas celui de l'identité profonde, de l'âme.
Sans distinguer ces deux identités, il est difficile, voire impossible d'accomplir la raison fondamentale de la venue sur Terre, dans cette vie (incarnation). Pour distinguer ces deux identités, il est crucial de se démarquer intérieurement du mental, de ses pensées et de ses émotions. C'est l'objectif de la pratique du yoga originel : être capable d'identifier ce qui vient du mental et ce qui relève de l'identité profonde, fondamentale.
Pour faire la différence entre deux choses, il est nécessaire de connaître ces deux choses. Tout le monde vit sur ces deux plans, celui du mental et celui de l'âme, mais le plus souvent, sans les identifier comme tels. Il y a même des personnes qui ne croient pas en l'existence d'une âme. Cela dit, le mot « âme » possède de nombreuses acceptions, recouvre de nombreux concepts. La Voie a la sienne, comme tout le monde, et nous parlons à partir de notre acception du mot « âme ».
Ce que dit vraiment le bouddhisme sur l'âme
Sur ce point précis, La Voie prend position dans un débat ancien et non tranché au sein même du bouddhisme. Le bouddhisme, dans sa lecture la plus répandue aujourd'hui, ne croit pas en l'existence de l'âme mais croit en la réincarnation, sans dire clairement ce qui se réincarne. La Voie ne partage pas cette lecture, et considère que le Bouddha n'était pas de cet avis ; un avis tardif qui ne doit rien à son enseignement.
Pour La Voie, le Bouddha n'a jamais nié qu'il existe une âme, ni dans le Dhammapada, ni dans les suttas. Cette notion d'absence d'âme est une interprétation doctrinale née à partir de l'enseignement bouddhique du non-soi (anattā/anātman), puis durcie peu à peu dans certaines écoles et dans les traductions modernes. Tout cela très longtemps après la disparition du Bouddha. Quand les éveillés sont morts, les vivants leur font dire des choses qu'ils n'ont jamais dites.
Dans les textes anciens, le Bouddha refuse clairement l'idée qu'une conscience identique à elle-même passe de vie en vie. Le bouddhisme ne parle pas des différents niveaux de conscience, comme citta (le mental), jivatman (l'âme incarnée, fonctionnant en synergie avec le mental) et purusha (l'âme pure, sans relation avec le mental, celle qui se réincarne), ce n'est pas pour autant qu'il n'ait pas eu cette intuition, mais sans les mots indiens pour le dire. Ceci est notre avis, pas nécessairement une vérité universelle.
La motivation de s'engager sur une voie spirituelle
Quelle est la motivation de ceux qui s'engagent activement sur une voie spirituelle ? Qui observent une sadhana (une méthode) complète, englobant tous les aspects de l'existence, faisant ainsi de toute l'existence un chemin de vie cohérent ? C'est là que l'on revient aux notions de bonheur essentiel.
Dans certaines spiritualités asiatiques, il est question de la Libération, des chaînes des incarnations, le samsara. Quand on aime la vie, on n'a pas très envie de s'en libérer ! Pour viser la Libération, il faut être hindouiste, bouddhiste ou jaïn ! Mais n'oubliez pas que cette vie est impermanente, qu'elle aura une fin, et que sa raison d'être n'est pas simplement de la vivre.
Le but de l'existence
S'il s'agissait seulement de vivre, qu'auriez-vous besoin d'être humain, d'avoir ce recul, et ce libre arbitre ? Il vous suffirait d'être un animal. Vous êtes un Homme et un jour, vous venez au monde, un autre jour, vous partez ; entre les deux, il y a un temps prévu pour faire quelque chose de précis : c'est le but de l'existence.
Il y a un but à la vie, et le fait de ne pas se disperser et de faire la différence entre le « soi » provisoire et le « soi » permanent, aide à l'accomplissement de ce but.
Rappelons cette distinction : le soi provisoire, c'est le mental (citta) ; entre les deux se trouve la conscience incarnée (jivatman), qui fonctionne en synergie avec le mental ; et au fond, il y a l'âme permanente, éternelle (purusha), qui ne dépend pas du mental. La sadhana de La Voie spirituelle, la pratique de son yoga originel, sont des moyens pratiques de faire cette différence entre ces trois plans.
Si vous avez des questions, vous pouvez les poser ici :
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