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Publié par Hans Yoganand

Certaines expériences résistent aux explications et continuent de nous accompagner pendant toute une vie. Celle que je raconte ici est survenue au cours d'une méditation, il y a plusieurs plus de cinquante ans. Quatorze heures se sont écoulées, mais je les ai vécues comme quelques secondes. Je ne donne aucune explication, seulement un témoignage sincère.

Un homme assis en méditation avec la lumière blanche au dessus de sa tête, symbole du samadhi.

 

Accueil / Le blog des satsang/La Révélation

 

Quand le temps disparaît en méditation

 

Certaines expériences résistent aux explications et continuent de nous accompagner pendant toute une vie. Celle que je raconte ici est survenue au cours d'une méditation, il y a plusieurs plus de cinquante ans. Quatorze heures se sont écoulées, mais je les ai vécues comme quelques secondes. Je ne donne aucune explication, seulement un témoignage sincère.

 

 

Un soir, je me suis installé sur mon coussin de méditation et j'ai commencé ma série habituelle des quatre techniques qui constituent ma pratique.

 

Lorsque vint celle de la lumière, j'ai recouvert ma tête de mon drap de méditation et fermé les yeux, puis pratiqué la technique de la lumière, le sambhavi-mudra.

 

Dès le début est apparue cette forme familière que je vois chaque jour en pratiquant cette technique et que j'appelle, faute de mieux, une "tranche d'ananas". Très vite, le cercle noir qui en occupait le centre s'est comblé et la tranche d'ananas est devenue une simple tache de lumière blanche.

 

J'ai alors eu l'impression que mon corps, assis en lotus, se penchait en avant. La tache de lumière semblait se rapprocher de moi. Je me suis penché davantage. Mon corps bien droit, les coudes appuyés sur la planche d'un barragane1 devait pourtant être resté parfaitement immobile. Ce n'était donc pas lui qui avançait.

 

Sans doute était-ce ma conscience, s'approfondissant, qui donnait cette impression de mouvement. Ce n'était pas la lumière qui se rapprochait de moi — c'était moi qui me rapprochais d'elle.

 

Par successifs rapprochements, comme des spasmes, la lumière finit par être si proche qu'il ne resta plus qu'elle. Elle occupait tout l'espace. C'était une lumière blanche d'une intensité extraordinaire, qui brillait sans éblouir.

 

J'avais la sensation d'y avancer, à la manière d'un objet lancé à grande vitesse dans le ciel. Pourtant, il n'y avait aucune base de référence visuelle qui eût pu produire cette impression — ni arbre défilant sur le bord d'une route, ni paysage glissant sous un avion. Malgré cela, j'avais la sensation très nette d'avancer physiquement dans cette lumière.

 

Une joie sans mesure m'envahissait ; la béatitude.

 

Puis je distinguai, très loin devant moi, un petit point doré. À mesure que j'avançais, il grandissait. Il devint à son tour une tranche d'ananas, puis une tache de lumière dorée qui continuait de s'élargir. Dans cette tache, je crus distinguer une silhouette bouger, comme si elle avait été de dos et qu'elle se retournait.

 

Depuis le début de cette expérience, aucune pensée n'avait traversé mon esprit. Une seule surgit alors : « Dieu ! »

 

À cet instant précis, le soleil d'or repartit en arrière et toute l'expérience avec lui — comme lorsque l'on rembobinait la bande d'une cassette vidéo, à l'époque des VHS. Je voyais toutes les séquences de l'expérience défiler à l'envers. La lumière dorée redevint une tranche d'ananas, puis un simple point lumineux.

 

J'ouvris les yeux.

 

Ma chambre paraissait remplie, aux trois quarts de sa hauteur, d'un épais brouillard opalescent. Je tournai la tête vers le réveil posé à côté de moi, puis vers la grande bougie que j'avais allumée la veille au soir.

 

La bougie était entièrement consumée. Seul un morceau de mèche continuait de brûler et sa flamme me semblait s'élever anormalement haut. Après quelques instants, le brouillard opalescent disparut et la flamme retrouva une taille normale.

 

Il était neuf heures du matin.

 

J'avais commencé ma méditation vers dix-neuf heures la veille au soir. Ce "voyage" avait donc duré près de quatorze heures. Le plus étonnant est que j'aurais juré qu'il n'avait duré que quelques secondes.

 

Bien des années plus tard, en lisant les descriptions traditionnelles du yoga, j'ai reconnu dans cette expérience ce qui est appelé le nirvikalpa-samadhi, ou nirbīja-samādhi — littéralement le "samadhi sans graines", c'est-à-dire sans objet ni pensée. C'est un état décrit dans les textes anciens comme le plus profond de la méditation : celui où la pensée se tait complètement, où le temps lui-même semble disparaître et où la conscience se fond dans la lumière du Tout.

 

Je ne cherche pas à convaincre. Je témoigne seulement de ce que j'ai vécu — et de ce que les mots, même choisis avec soin, ne peuvent qu'approcher.

 

 

1: le barragane est un instrument servant à la pratique de certaines techniques de méditation, constitué d'un pied, comme une courte cane, surmonté d'une planche perpendiculaire servant à reposer les bras.

 

 

Si vous avez des questions, vous pouvez les poser ici :

madhyama.marga@gmail.com

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