Le désir parle fort, le besoin parle doucement
Pourquoi est-il si difficile de choisir ce qui nous fait vraiment du bien ? Pas par manque de volonté — mais par confusion sur ce que nous sommes réellement. Une réflexion sur les désirs, les besoins, vers une conscience plus claire.
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Pourquoi est-il si difficile de choisir ce qui nous fait vraiment du bien ? Pas par manque de volonté — mais par confusion sur ce que nous sommes réellement. Une réflexion sur les désirs, les besoins, vers une conscience plus claire.
Vous n'êtes pas sans avoir remarqué comme il est difficile de choisir le bien.
Prenez la santé : manger cinq fruits et légumes par jour, s'hydrater, dormir tôt, se lever tôt — tout le monde sait que c'est bon. Et pourtant : manger gras, trop salé, trop sucré, grignoter, boire de l'alcool, se coucher tard, c'est tellement plus facile. Il ne viendrait à aucune autre espèce l'idée de se comporter ainsi.
Observez nos enfants : ils mangent volontiers des bonbons, des barres chocolatées, des chips, des hamburgers, des kebabs, boivent des sodas sans se faire prier — mais pour les légumes, les fruits et l'eau, c'est une autre affaire.
Ce n'est pas seulement une question de santé. Nous savons qu'il vaudrait mieux écouter avant de répondre, pardonner plutôt que nourrir la rancœur, prendre le temps plutôt que courir. Nous faisons souvent l'inverse.
Une vie équilibrée, harmonieuse, régulière, calme est perçue comme mortelle par beaucoup. Il n'y a qu'à lire les commentaires sur la toile.
Les besoins et les désirs
Chez l'être humain de nos pays riches, il y a une concurrence permanente entre la raison et les désirs, entre les besoins et les désirs — et il faut bien avouer que c'est souvent le désir qui gagne.
Un loup ne choisira pas de devenir végétalien. Une vache ne décidera pas de devenir carnivore. Les autres vivants suivent leur nature spontanément. L'Homme, lui, a cette étrange faculté de pouvoir s'en écarter, parfois jusqu'à oublier ce qui lui est réellement nécessaire.
Notre raison — sattva — devrait nous dire qu'assouvir ses désirs — rajas — plutôt que de satisfaire ses besoins n'est pas bon pour nous. Alors ? Qu'est-ce qui ne va pas chez nous ?
La confusion
La volonté n'est pas seulement cette force qui nous rend capables de faire ce que l'on n'a pas envie de faire — enfin si, mais il en existe une autre, homonyme, plus profonde : la force de décision, la maîtresse de nos actes. Cette volonté-là est un attribut de notre identité profonde.
Ce qui met la première hors-jeu et empêche la seconde, c'est la confusion. Un flou dans notre identité même. Qui sommes-nous ? Si nous étions faits d'un seul bloc, la réponse serait simple. Mais nous ne sommes pas faits d'une seule pièce.
Il y a d'abord le corps. Il change chaque année, vieillit — difficile d'y fonder une identité profonde. Il y a ensuite le mental : personnalité façonnée par l'expérience, l'éducation, les traumas plus ou moins dépassés, ce que l'on a appris, souvenirs, espoirs, concepts, émotions, jugements sur les gens et les choses.
Certains réagiront entièrement depuis leurs émotions, sans analyser les faits — ce qu'ils ressentent est vérité. D'autres passeront tout au crible de la logique. Nous oscillons tous entre ces deux tendances.
Et puis il y a une composante plus profonde : l'âme. Elle est à l'abri des émotions, des a priori, de la subjectivité — mais à une condition : qu'elle ne s'identifie pas au mental. Si l'âme croit être ses pensées, ses émotions, ses doutes, ses espoirs, sa personnalité — alors elle est dans la confusion.
Elle confond l'essentiel et l'anecdotique, le vrai et le faux, le bon et le mauvais. Comment prendre des décisions claires dans cet état ? Comment distinguer les besoins des désirs ? La sagesse des pulsions ?
Quelle satisfaction désirez-vous ?
Vous voulez la satisfaction — mais laquelle ? Celle de vos désirs, qui s'évapore quelques minutes après avoir été obtenue et réclame déjà autre chose ? Ou celle, plus profonde, de votre âme profonde, purusha, qui se souvient du bonheur premier ?
Ce qui est facilement perceptible par nos sens tournés vers l'extérieur est toujours plus attirant que ce qui est subtil et intérieur. Les bruits d'un embouteillage sont toujours plus prenants que le souffle du vent dans les feuilles des arbres — mais qu'est-ce qui vous fait réellement du bien ?
Les désirs parlent fort. Les besoins profonds parlent doucement.
Choisissez ce que vous voulez et campez sur vos positions. Ne vous laissez pas distraire par les propos de votre mental confus.
Retrouver son centre
Il existe des techniques de méditation profonde qui aident à prendre de la distance entre les pensées, les émotions et le véritable soi. Ces techniques ne peuvent pas être enseignées comme ça, sur le coin d'un texte qui traite d'autre chose — mais sachez qu'elles existent, à la portée de chacun. Si vous voulez plus de renseignements… renseignez-vous.
C'est fou comme les bonnes choses laissent peu de traces dans la mémoire, tandis que les mauvaises ne s'effacent jamais et guident notre comportement très longtemps — pas forcément dans une bonne direction.
Si vous avez des questions, vous pouvez les poser ici :
madhyama.marga@gmail.com
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