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Publié par Hans Yoganand

Véganisme, altermondialisme, écologie, justice sociale… Beaucoup rêvent de changer le monde, chacun à sa façon, parfois jusqu'à s'opposer radicalement les uns aux autres. Mais le monde, tel qu'on l'entend habituellement, n'existe pas vraiment : ce qui existe, c'est la Création, et ce qui la façonne, ce sont les êtres-humains. Alors, le but de votre incarnation est-il de changer le monde — ou de changer votre regard sur lui ?

deux mains de femme qui tiennent dans leur creux, un globe terrestre

 

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Faut-il changer le monde, ou se changer soi-même ?

 

Véganisme, altermondialisme, écologie, justice sociale… Beaucoup rêvent de changer le monde, chacun à sa façon, parfois jusqu'à s'opposer radicalement les uns aux autres. Mais le monde, tel qu'on l'entend habituellement, n'existe pas vraiment : ce qui existe, c'est la Création, et ce qui la façonne, ce sont les êtres-humains. Alors, le but de votre incarnation est-il de changer le monde — ou de changer votre regard sur lui ?

 

 

En regardant la marche du monde, beaucoup se disent qu'il faudrait le changer. Certains s'engagent dans un chemin de vie à cette fin, pour le meilleur ou pour le pire — car l'idée de ce qu'il faudrait changer n'est pas la même pour tous. D'autres restent au niveau du constat et de l'intention, occupés par d'autres urgences au quotidien.

 

Des personnes s'engagent dans le véganisme, comme en politique, pour lutter contre le spécisme, cette idée que l'espèce humaine peut disposer des animaux comme elle l'entend.

 

D'autres sont altermondialistes, pour changer le paradigme économique et humain. Des nationalistes veulent eux aussi changer le monde, mais pas comme les altermondialistes. Certains sont wokes, militants LGBTQIA+, indigénistes, néoféministes.

 

Il y a même des personnes qui tuent les autres pour que la charia devienne la loi du monde — la même aspiration à changer le monde peut conduire à des actes radicalement opposés.

 

Pour le dévot pourtant, « les bêtes et les plantes sont l'œuvre de Dieu » (Bhaktimàrga, 164) — un respect qui ne naît pas d'une morale autonome, mais de la reconnaissance d'une Création qui nous dépasse. C'est tout l'enjeu de cette diversité d'engagements : chacun croit changer le monde, mais qui définit le monde qu'il s'agit de changer ?

Le monde n'existe pas

 

Comme vous le constatez, l'idée de changer le monde est variée et ne date pas d'hier. Mais le monde, tel qu'on l'entend habituellement, n'existe pas. Ce qui existe, c'est la Création de Dieu. Il existe aussi des sociétés humaines — mais qui fait les sociétés humaines ? Les êtres-humains.

 

Ainsi, ce qu'il faut changer, c'est l'espèce humaine. Non dans sa forme, son organisme — mais dans ce qu'elle fait de son existence et du monde, dans sa conscience. C'est en changeant la conscience humaine, humain après humain, que l'on peut espérer changer l'humanité.

 

Le but de l'incarnation est-il alors de changer le monde, ou de se changer soi-même ? Quand un être-humain s'incarne, vient-il pour changer le monde ? Le monde, notre propre incarnation, sont des choses provisoires : seule l'éternité compte vraiment. Et pour changer la conscience de l'Homme, encore faudrait-il s'entendre sur ce qu'est la conscience.

 

Lutter pour un monde meilleur est utile. Se préoccuper de la nature est utile. Mener ces combats est utile. Mais, en vérité, je dois vous le dire : le but de l'être-humain, de son incarnation, n'est pas de changer le monde.

Un but individuel, une destinée collective

 

Le but de chaque être-humain est individuel, même si la destinée de l'humanité est collective. L'être-humain, son âme, s'incarne pour une raison précise : elle a quelque chose à faire durant son incarnation, qui n'est ni d'améliorer le monde, ni simplement de jouir de la vie.

 

« Cherche le début ; où il se trouve se trouve le but » (Bhaktimàrga, 202). Cela dit, la vie est belle souvent, et il n'est pas idiot d'œuvrer à l'amélioration du monde, des relations entre les espèces, de l'écologie, de la justice, de la paix.

 

Simplement, ce n'est pas le but de la vie de faire ces choses. Vous pouvez les faire, si vous en avez le goût — mais il y a une chose à accomplir en premier, ou en même temps, en tout cas à ne jamais négliger : l'accomplissement de la raison de votre venue.

Devoir et but spirituel : deux plans distincts

 

Certains diront : « chacun a un but différent, c'est la liberté » — évidemment, il y a autant de buts que d'individus. Certains n'ont d'autre but que de ne pas mourir, de se nourrir et de s'abriter ; d'autres ont pour but de nourrir leur famille ; d'autres encore d'être musicien.

 

Au-delà de ces raisons de vivre individuelles, la vie humaine a une raison d'être. Il y a le niveau spirituel et le niveau des devoirs — celui de l'âme, et celui du mental. Le devoir, pour La Voie, ce sont vos devoirs sacrés vis-à-vis des autres, de la société, et de vous-même — de votre santé. Et il y a, séparément, le domaine de l'âme.

 

Les deux domaines doivent être respectés et menés de front. « Le sage assume ses devoirs par sa seule nature, sans y être obligé » (Tao-Te-King, 1:27).

 

« Assume tes devoirs, sans chercher à les fuir et sans être lié ni par le succès ni par l'échec. Efforce-toi d'agir en renonçant aux fruits de tes actes, et ne crois pas être à l'origine de leurs conséquences » (Bhagavadgitopanishad, 16).

 

Les buts individuels, le désir de changer le monde, appartiennent au domaine du devoir — au domaine social, collectif. La raison d'être de votre venue sur Terre appartient, elle, au domaine spirituel. Le devoir peut être vécu collectivement, si vous êtes socialement impliqué. Mais le but de votre venue au monde, son but spirituel, ne peut être vécu qu'individuellement.

Changer son regard

 

Pour simplifier, disons que le but spirituel de la vie est l'approfondissement de votre conscience. C'est tout le propos de La Voie : vous donner les moyens techniques de faire cela. Ces moyens sont regroupés dans tout ce qui constitue sa pratique, la sadhana.

 

En attendant, si vous trouvez que le monde est moche, si vous désespérez de le changer — changez votre regard. En changeant le regard que vous portez sur le monde, vous changez le monde pour vous, et vous changez votre vie en même temps. C'est précisément ce que La Voie peut vous aider à faire, si vous le lui demandez.

 

 

Si vous avez des questions, vous pouvez les poser ici :

madhyama.marga@gmail.com

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