Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publié par Hans Yoganand

Ce texte propose de revisiter le sens de la Parole dans le prologue de l’Évangile selon Jean. Loin de désigner un langage, elle renvoie à un principe premier, actif et silencieux, que le terme logos exprime imparfaitement. En éclairant ce mot dans son contexte, puis en le rapprochant d’autres traditions comme le Tao ou le Saint-Nom, il devient possible de reconnaître une même réalité : non pas un discours, mais ce qui donne naissance au monde et le soutient.

L'image d'une icone russe représentant Saint-Jean

 

Accueil / Le blog des satsang/La Révélation

 

La Parole de Dieu expliquée

Une question de sens

 

 

Résumé : Ce texte propose de revisiter le sens de la Parole dans le prologue de l’Évangile selon Jean. Loin de désigner un langage, elle renvoie à un principe premier, actif et silencieux, que le terme logos exprime imparfaitement.

 

En éclairant ce mot dans son contexte, puis en le rapprochant d’autres traditions comme le Tao ou le Saint-Nom, il devient possible de reconnaître une même réalité : non pas un discours, mais ce qui donne naissance au monde et le soutient. Cette approche ouvre à une compréhension plus directe, orientée vers l’expérience plutôt que vers l’interprétation.

 

Texte

 

Le prologue de l’Évangile selon Jean s’ouvre sur une affirmation devenue célèbre : « Au commencement était la Parole ». Cette phrase, souvent citée, semble aller de soi. Pourtant, dès que l’on cherche à en préciser le sens, une difficulté apparaît. Le mot « parole » évoque spontanément le langage, les mots, les sons articulés. Or, dans le contexte évoqué — celui du commencement — rien de tout cela n’existe encore. Il n’y a ni homme pour parler, ni monde pour porter un langage.

 

Cette première observation invite à une prudence : ce que désigne ici la « Parole » ne peut pas être compris à partir de l’usage ordinaire que nous faisons de ce mot.

Le logos dans son contexte

 

Le texte original de l’Évangile selon Jean ayant été rédigé en grec, le terme employé est logos. Ce mot possède une richesse de sens que la traduction française ne restitue que partiellement. Il peut désigner la parole, mais aussi la raison, le principe d’intelligibilité, ou encore l’ordre qui structure le réel.

 

Chez Héraclite, par exemple, le logos n’est pas un discours au sens ordinaire. Il renvoie à ce qui donne cohérence au monde, à ce qui en assure la tenue et la continuité. Il ne s’agit pas de ce qui est dit, mais de ce par quoi les choses sont.

Dans cette perspective, traduire logos par « parole » peut induire une confusion si l’on y projette immédiatement l’idée d’un langage humain.

Une Parole qui n’est pas un langage

 

Si l’on reprend la phrase de l’évangile : « Au commencement était la Parole », il devient possible de l’entendre autrement. Il ne s’agit plus d’imaginer un Dieu qui s’exprimerait dans une langue, mais de reconnaître la présence d’un principe premier, à la fois originel et actif.

 

Ce principe n’est pas extérieur au monde. Il est ce par quoi le monde advient. Lorsqu’il est dit que « tout a été fait par elle », cela ne renvoie pas à un acte de création formulé en mots, mais à une puissance à l’œuvre, une dynamique qui traverse toute chose.

 

Ainsi comprise, la « Parole » ne relève pas du registre du discours. Elle désigne ce qui agit sans se manifester comme un objet.

Des correspondances à travers les traditions

 

Cette manière de comprendre la « Parole » trouve des échos dans d’autres traditions. Dans le Tao Te King, par exemple, ce qui est à l’origine de toute chose est nommé le Tao. Celui-ci ne parle pas, ne s’exprime pas, et pourtant tout procède de lui. Il est à la fois indéfinissable et opérant.

 

Il ne s’agit pas d’établir une équivalence stricte entre ces notions, mais de reconnaître une proximité d’intuition. Dans des contextes culturels différents, une même réalité semble être approchée : celle d’un principe à la fois silencieux et actif, qui ne se réduit ni à une idée ni à une représentation.

Une lecture orientée vers l’expérience

 

Dans cette perspective, la « Parole » évoquée dans l’Évangile selon Jean ne renvoie pas seulement à une affirmation théologique. Elle peut être comprise comme l’indication d’une réalité accessible, non par le raisonnement seul, mais par une forme de reconnaissance.

 

Ce qui est en jeu ne relève pas d’une construction intellectuelle, mais d’une attention portée à ce qui, en chacun, demeure stable au cœur du mouvement. Lorsque l’attention cesse de se confondre avec ce qui change — pensées, émotions, perceptions — il devient possible d’entrevoir ce qui, sans se dire, est pourtant toujours présent.

Nommer sans enfermer

 

Selon les traditions et les approches, cette réalité a reçu des noms différents. Le terme logos en est un. Le Tao en est un autre. Sur La Voie, elle est désignée comme le Saint-Nom ou Shabda-Brahman.

 

Ces désignations ne visent pas à enfermer ce qu’elles indiquent, mais à orienter l’attention. Elles ne décrivent pas un objet, mais pointent vers ce qui, sans forme ni langage, est à l’origine et au cœur de toute expérience.

 

Ainsi, la « Parole » ne se comprend pleinement que si l’on accepte de ne pas la réduire à ce qu’elle évoque habituellement. Elle ne se dit pas, et pourtant elle est ce par quoi tout peut être.

 

 

Si vous avez des questions, vous pouvez les poser ici :

madhyama.marga@gmail.com

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :