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Publié par Hans Yoganand

Un couple médite face à face et chacun pose une de ses mains sur la main de l'autre

 

Accueil / Le blog des satsang/La Révélation

 

L’amour et la spiritualité

Ce qui est recherché, et ce qui se révèle

 

 

Résumé : L’amour est souvent considéré comme le cœur de la spiritualité. Pourtant, il n’en est pas le point de départ, mais une conséquence. En distinguant le sentiment d’amour de l’état de béatitude, et en reconnaissant l’harmonie fondamentale (Rita) à l’œuvre en soi, il devient possible de comprendre que ce que l’on cherche à produire apparaît en réalité lorsque les obstacles se dissipent.

 

Texte

 

L’amour est souvent présenté comme le sommet de la spiritualité. Aimer, ouvrir son cœur, embrasser le monde : cela semble aller de soi, comme une évidence à laquelle il n’y aurait rien à ajouter.Et pourtant, lorsque l’on regarde de plus près, cette évidence demande à être éclairée.

Une confusion répandue

 

Les traditions spirituelles ne placent pas toutes l’amour au point de départ. Elles parlent de libération, de connaissance, de discernement, de cessation de la souffrance.

 

Dans le bouddhisme ancien, par exemple, le propos n’est pas d’aimer le monde, mais de se libérer du cycle des naissances. Le Karaniya Mettā Sutta, souvent présenté comme un hymne à l’amour universel, décrit en réalité un état de bienveillance, une disposition intérieure libre de la haine et de l’avidité.

 

Selon les traductions, le mot “amour” apparaît ou disparaît. Un même passage pourra évoquer une bienveillance sans limite ou devenir un appel à aimer tous les êtres. Ce glissement, discret en apparence, oriente profondément la compréhension.

 

Ainsi, ce que l’on nomme amour n’est pas toujours ce dont parlent les textes.

Ce que l’on appelle aimer

 

Dans l’expérience ordinaire, l’amour est un sentiment. Il relie, attache, rapproche. On aime ses proches, ses idées, ses habitudes, parfois même des choses insignifiantes. Ce mouvement a sa place dans la vie humaine.

 

Mais est-ce là le cœur de la spiritualité ?

 

Lorsque la conscience se pose dans l’harmonie fondamentale, dans la méditation profonde ou dans le service, quelque chose s’ouvre dans la poitrine. Ce n’est pas une émotion qui survient, mais une ouverture, un espace qui se déploie, accompagné d’un sourire intérieur, sans cause.

 

Cela se situe dans la région du cœur — certains parlent du thymus — et l’on pense alors à l’amour. Mais ce qui est là n’est pas un sentiment dirigé vers quelqu’un. C’est un état, stable, sans objet, qui ne dépend de rien. Il n’a pas besoin d’être entretenu. Il est simplement là.

 

Certains nomment cela béatitude, d’autres parlent de bhakti.

Cause ou conséquence

 

À partir de là, la question se pose d’elle-même : faut-il aimer pour s’élever spirituellement, ou l’amour apparaît-il lorsque quelque chose en nous s’est clarifié ?

 

Beaucoup cherchent à cultiver l’amour, à le produire, parfois même à l’imposer à contre-courant de ce qu’ils ressentent. D’autres constatent que, lorsque la confusion s’apaise, lorsque le mental (citta) se stabilise et que le faux-ego perd de sa force, une qualité nouvelle apparaît d’elle-même.

 

Dans les traditions spirituelles, il n’est pas demandé d’aimer au sens émotionnel. Il est demandé de ne pas nuire, d’être sincère, juste, et de se maîtriser. Il ne s’agit pas de produire un sentiment, mais d’ajuster la conduite et de clarifier le regard.

 

Alors, quelque chose se met en place sans effort.

 

L’amour n’est plus recherché. Il devient ce qui se manifeste.

Une affaire individuelle

 

La spiritualité ne commence pas par le monde, mais par celui qui le regarde.

 

Nous venons au monde seuls, et nous le quittons seuls. Entre ces deux moments, il y a des engagements, des relations, des appartenances. Mais ce qui est en jeu ici concerne l’âme, dans son parcours propre.

 

La politique, la sociologie, les organisations humaines s’adressent au collectif. La spiritualité, elle, se vit d’abord dans l’expérience directe. C’est à partir de là seulement que quelque chose peut se traduire dans la relation aux autres.

L’amour comme Grâce

 

L’amour, qu’il s’exprime dans les relations humaines ou qu’on le rapporte à Dieu, est toujours vécu comme quelque chose qui vient. Il ne se fabrique pas. Il apparaît, comme un don.

 

Si l’on regarde de plus près, ce mouvement prend sa source dans l’harmonie fondamentale elle-même. Non pas comme une construction, mais comme un ordre, une justesse, une perfection silencieuse qui appelle naturellement l’adhésion.

 

Ce que l’on nomme amour naît de cette reconnaissance. Il ne vient pas de nous. Il passe à travers nous. Il ne s’agit pas d’aimer les autres par principe, mais de laisser Dieu aimer à travers soi, dans un mouvement où l’on s’efface. On peut parler ici de Grâce, ou, pour certains, de la vertu du Tao.

 

On peut parler ici de Grâce, ou, pour certains, de la vertu du Tao.

Ce qui demeure

 

Il ne s’agit pas de rejeter l’amour. Dans la vie humaine, il est précieux. Il adoucit, relie, éclaire. Mais dans la perspective spirituelle, il n’est pas un point de départ. Il ne se commande pas, ne se fabrique pas.

 

Il apparaît lorsque ce qui fait obstacle s’efface.

 

Et si le mot amour vous est cher, vous pouvez le garder. Mais en le laissant s’approfondir, jusqu’à ce qu’il ne désigne plus seulement un sentiment, mais ce qui, silencieusement, soutient et traverse toute chose.

 

Ce texte a une suite : Aimer n'est pas le but

 

 

Si vous avez des questions, vous pouvez les poser ici :

madhyama.marga@gmail.com

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