Faut-il arrêter de penser en méditation ?
On croit souvent que méditer consiste à faire le vide dans sa tête, et l'on se décourage dès que les pensées reviennent, c'est-à-dire presque aussitôt. Pourtant, ce ne sont pas les pensées qui empêchent de méditer, mais l'attention qu'on leur accorde. Posture, respiration, régularité, rôle de la journée : voici comment pratiquer la méditation sans lutter contre son mental, et revenir patiemment à ce qui est constant en soi, au-delà du mental.
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On croit souvent que méditer consiste à faire le vide dans sa tête, et l'on se décourage dès que les pensées reviennent, c'est-à-dire presque aussitôt. Pourtant, ce ne sont pas les pensées qui empêchent de méditer, mais l'attention qu'on leur accorde. Posture, respiration, régularité, rôle de la journée : voici comment pratiquer la méditation sans lutter contre son mental, et revenir patiemment à ce qui est constant en soi, au-delà du mental.
Ce texte est un des chapitres du livre : "L'expérience Fondamentale" PDF gratuit ici
Le mot « méditation » recouvre toutes sortes de pratiques : la réflexion concentrée sur un sujet précis, l'écoute d'une voix qui guide la séance, la récitation d'un mantra, l'écoute d'une rivière ou du vent dans les houppiers des arbres. Elle peut conduire jusqu'au samadhi, l'état d'absorption le plus profond que décrivent les traditions de l'Inde.
Sur La Voie spirituelle, qui est une voie de dévotion, la méditation s'inscrit dans le cadre d'une sadhana. Ce mot sanskrit signifie « ce qu'il faut faire » ; la sadhana du Yoga-Originel repose sur quatre piliers : le service, le satsang, la méditation et les angas, une règle de conduite comparable aux yama et niyama du Yoga-Sûtra. Le Yoga-Originel ne relève pourtant ni de l'ashtanga ni du raja-yoga.
Intéressons-nous aujourd'hui à la méditation. On l'associe souvent à une méthode destinée à calmer l'esprit, à faire taire les pensées. Cette idée est incomplète, et le malentendu qu'elle entraîne décourage plus qu'il n'aide.
Ce qui trouble une personne, c'est moins la présence des pensées que l'attention qu'elle leur prête et le fait de s'y identifier. Le mental ne cesse jamais de penser, d'éprouver des émotions ; vouloir l'arrêter est une fausse piste, et un frein à la méditation profonde, dhyana.
La confusion vient de ce que le mental se disperse, et se disperser, c'est quitter ce qui est constant pour suivre ce qui passe. Méditer consiste donc à revenir, patiemment, à ce qui est constant en soi, sans lien avec l'agitation du mental, les pensées, les émotions. Un objet de méditation, ici la technique du Saint-Nom, donne à l'attention un point d'appui qui ne soit pas les fluctuations du mental.
Pendant la séance, ce n'est pas la pensée qui change chez le méditant, mais l'attention qu'il lui accorde. La pensée continue d'exister, en arrière-plan, comme dans une autre pièce de son refuge intérieur dont la porte fermée étoufferait le brouhaha.
S'asseoir
Tout commence par un geste simple, presque trivial : s'asseoir. Nul besoin de conditions parfaites ; un moment tranquille, le matin ou le soir, et un lieu où l'on ne sera pas dérangé suffisent.
Le dos se tient droit sans raideur, le corps se détend sans s'affaisser ; la position importe moins que la stabilité qu'elle permet de tenir sans effort. Rester complètement immobile, longtemps, sans céder à la première gêne, aide l'esprit à se poser et à s'intérioriser.
On peut, si on en est capable, prendre la position du lotus ou du demi-lotus, mais ce n'est pas une obligation. Les malades, les personnes handicapées ou âgées peuvent méditer allongées ou dans un fauteuil relax.
Pour commencer, l'attention peut se porter sur la respiration, sans chercher à la modifier, en se laissant simplement captiver par elle. L'air entre, l'air sort ; il n'y a rien à faire, seulement écouter, sentir les poumons qui s'emplissent puis se vident, sentir le balancement du souffle et s'y laisser bercer.
Au début, des pensées surgiront presque aussitôt : la journée, un souvenir, un souci. C'est normal. Il s'agit de ne pas les suivre. Chaque fois que la conscience s'y accroche, on revient au souffle, patiemment, sans « état d'âme ». La technique du Saint-Nom, transmise lors de la Révélation, donne à ce retour toute sa profondeur.
La distraction, l'incapacité à se concentrer accompagnent souvent les débuts, pendant la phase de concentration qu'on appelle dharana. Elles font partie de l'exercice, comme les faux pas font partie de la marche. Certains jours l'esprit se disperse davantage, d'autres il se pose plus facilement ; cela dépend beaucoup de la manière dont la journée s'est passée.
La régularité plutôt que la durée
Ce qui compte, c'est de méditer chaque jour. Quelques minutes répétées quotidiennement portent souvent plus qu'une longue pratique occasionnelle, et avec le temps, sans qu'on ait à le forcer, la séance s'allonge d'elle-même.
Pour une personne qui a de nombreuses obligations, quarante-cinq minutes environ constituent un bon objectif. Les mystiques libres d'obligations sociales ou familiales méditent au moins deux heures par jour, parfois deux heures le matin et autant le soir.
La journée prépare la séance. Si on l'a passée à courir, à oublier l'essentiel, à s'agacer de tout ce qui énerve, et la société moderne n'en manque pas, on arrive sur son coussin tendu, dispersé, et dharana se fait longue. Une méditation courte pourra alors se passer entière à lutter contre ses tensions et ses pensées, sans atteindre dhyana. Ce n'est pas si grave.
Mieux vaut pourtant faire en sorte que toute la journée, dans chacune de ses activités, prépare le retour au centre lors de la séance suivante. C'est le rôle d'un autre pilier de la sadhana, le service, auquel un prochain article sera consacré.
Peu à peu, sans rupture nette, quelque chose s'apaise. L'attention, qui demandait un effort pour revenir sans cesse au souffle, se met à le suivre plus naturellement, presque sans y penser, comme on se laisse aller sur une balançoire. Commence alors ce que La Voie spirituelle appelle la méditation profonde, ou méditation formelle : une continuité qui s'installe, sans rien de spectaculaire.
En un mot, cette méditation formelle consiste à retourner ses sens vers l'intérieur. Le service, lui, est une méditation en action, tournée vers le monde et le geste quotidien, sans perdre de vue l'essentiel qui repose en soi. L'une recueille l'attention, l'autre la déploie dans ce qu'on fait ; les deux mouvements se complètent, et chacun prépare le terrain de l'autre.
Les quatre techniques
Sur La Voie spirituelle, ce retournement vers l'intérieur s'appuie sur quatre techniques, transmises ensemble lors de la Révélation. On peut les nommer ici, pas les enseigner.
La lumière intérieure et les sons intérieurs, ou nada, s'appuient sur des formes du shanmukhi-mudra, un geste ancien dont le nom évoque le sceau qui ferme les portes des sens. Le regard se retire des images du dehors, l'écoute des bruits du monde, jusqu'à trouver à l'intérieur autre chose à voir et à entendre.
Avec la technique du Saint-Nom, ces deux techniques se pratiquent l'une après l'autre au cours d'une même séance : d'abord le Saint-Nom, puis les sons intérieurs, enfin la lumière intérieure. La quatrième, la technique dite du nectar, se pratique autrement : elle ne relève pas de la méditation formelle et accompagne la technique du Saint-Nom dans le service.
Au-delà de leurs gestes différents, ces quatre techniques ont un point commun : aucune ne cherche à fabriquer une expérience nouvelle. Chacune à sa manière retire ce qui détournait l'attention vers le dehors, pour la rendre à l'intérieur, où se trouve l'essentiel.
Aucune n'est enseignée par écrit. Elles sont transmises directement, par quelqu'un qui les a lui-même reçues, lors d'une rencontre en visioconférence, libre et gratuite : la Révélation. Il suffit de la demander, sans contrepartie : ni argent, ni identité, ni adresse.
Un premier échange par courriel permet de poser ses questions et de vérifier que la démarche est comprise pour ce qu'elle est ; un second rendez-vous est ensuite fixé pour la Révélation elle-même, qui dure environ deux heures.
Le centre
Qu'elle s'en tienne au souffle ou s'approfondisse par ces quatre techniques, la pratique fait approcher peu à peu un point stable, indépendant des pensées et des émotions : le centre, Hridaya. La méditation ne le produit pas ; il est déjà là. Elle lève seulement ce qui en détournait l'attention.
Elle agit même sans expérience remarquable. Le méditant qui se rend disponible reçoit la Grâce sans que rien ne se voie, et le fruit apparaît souvent plus tard, dans la journée : une façon nouvelle de voir la vie, et de la vivre. Car la méditation fait partie d'un tout ; les piliers de la sadhana fonctionnent ensemble, et c'est leur Observance quotidienne qui produit ses effets.
Pour demander la Révélation, ou simplement poser une question, on peut écrire à l'adresse en bas du texte.
Si vous avez des questions, vous pouvez les poser ici :
madhyama.marga@gmail.com
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