Spiritualité et sensualité
La spiritualité ne se pense pas, elle se vit. Elle ne commence pas dans les livres ni dans les concepts, mais dans une expérience directe, intime, où les sens eux-mêmes peuvent cesser d'être tournés uniquement vers le monde extérieur. Voir, entendre, ressentir autrement : c'est en ce sens que la spiritualité peut devenir une forme de sensualité intérieure.
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La spiritualité ne se pense pas, elle se vit. Elle ne commence pas dans les livres ni dans les concepts, mais dans une expérience directe, intime, où les sens eux-mêmes peuvent cesser d'être tournés uniquement vers le monde extérieur. Voir, entendre, ressentir autrement : c'est en ce sens que la spiritualité peut devenir une forme de sensualité intérieure.
Les connaissances
« Faire vaut mieux que dire. » (Bhaktimàrga, 195)
Quand il s'agit de spiritualité, beaucoup sont tentés de considérer que ce domaine de l'esprit se suffit à lui-même et que la pensée en est l'outil privilégié. Ils accumulent alors des savoirs et des concepts. Pour eux, la pensée est une chaudière et les connaissances son charbon.
Ils explorent le mental par des méditations intellectuelles, cherchant à comprendre la nature même de l'Homme pour, pensent-ils, parvenir ensuite à la transcender.
C'est une voie dangereuse, où la frontière entre l'intelligence et la confusion peut facilement être franchie. L'intelligence et son utilisation dans la pensée sont utiles, et même indispensables lorsqu'il s'agit de résoudre les problèmes pratiques de la vie. Encore faut-il rester maître de sa pensée, et là, les choses deviennent plus difficiles. Le mental ne produit pas seulement de l'utile. Il produit aussi des peurs, des projections, des certitudes, des interprétations et tout un monde intérieur que l'on finit parfois par prendre pour la réalité.
Le domaine de l'âme
La spiritualité est le domaine de l'âme, et celle-ci ne relève pas du mental. L'Homme n'est pas fait seulement d'un corps et d'un mental. Il existe aussi en lui une dimension spirituelle, celle de l'âme, qui ne se connaît pas de la même manière que les objets du monde ni par les seuls moyens de la pensée.
Plus un enfant grandit, plus ses capacités cognitives et son autonomie physique se développent, plus il se tourne vers le monde. Et le monde est vaste, autant que l'Homme est petit. Une existence ne suffit pas à l'explorer.
Comme le monde physique est le plus évident pour les sens, il finit par occulter le monde plus subtil de l'âme, celui de la spiritualité. Alors l'Homme va dans le monde sans un pan entier, essentiel, de ce qu'il est. Il vit surtout guidé par le mental et par les sens tournés vers l'extérieur.
Il connaît le monde, ou tente de le connaître, mais il connaît beaucoup moins cette dimension intérieure sans laquelle quelque chose d'essentiel lui échappe.
Pas besoin de théorie
La spiritualité n'est pas une théorie, elle est une pratique. Les textes de ce blog ne sont pas destinés à ajouter quelques connaissances supplémentaires à celles que vous possédez déjà. Ils veulent vous inciter, vous inspirer à vivre une vie spirituelle.
La Voie peut vous aider pour cela, si vous demandez à recevoir cette transmission des techniques de méditation qui permet de commencer une pratique régulière de la conscience.
Cette vie spirituelle n'est pas une autre vie. C'est la vie « normale » avec la conscience en plus. La conscience de quoi ? De cette harmonie fondamentale du Tout que certaines traditions ont appelée le Tao.
Cette voie existe depuis très longtemps sous divers noms, selon l'époque, le pays et la langue de ceux qui la pratiquaient. Les formes changent, les mots changent, les traditions se constituent, mais La Voie reconnaît derrière ces différences une même pratique fondamentale.
Le nom « La Voie », dans son usage actuel, est récent, même si la pratique qu'il désigne est ancienne. Il permet de la distinguer plus clairement de noms hérités d'autres époques et d'autres traditions. Pourtant, le mot lui-même n'a rien de nouveau : en chinois ancien, Tao signifie précisément « la voie ».
Lao-Tseu, Bouddha, Patañjali, Jésus, Guru Nanak et d'autres n'enseignaient pas des étiquettes. Celles-ci sont venues plus tard. Ils parlaient chacun dans la langue et le contexte de leur époque, mais tous indiquaient à leur manière qu'il existe une connaissance qui ne vient pas seulement des livres.
La Voie n'est ni taoïste, ni bouddhiste, ni hindouiste, ni chrétienne. Elle présente toutefois des affinités avec certaines intuitions de Jésus, de Bouddha, de Lao-Tseu et de Patañjali, ainsi qu'avec l'Advaita Vedànta, le Visistàdvaita, le yoga des origines, antérieur au Yoga-Sûtra, les Védas et les Upanishad, sans se confondre pour autant avec aucune de ces traditions.
La Voie n'est pas non plus le yoga d'aujourd'hui tel qu'on le connaît en occident. Le yoga dont parlent Krishna ou Patañjali ne se réduit pas aux postures, aux exercices corporels ni à ce que l'on appelle aujourd'hui communément yoga. Le yoga moderne, tel qu'enseigné et que pratiqué en occident, a de nombreuses vertus, mais il s'agit d'autre chose. Le Yoga-Originel de La Voie est une pratique, une discipline de la conscience.
Qu'importe finalement le nom : la pratique est première.
Il n'est bien sûr pas interdit d'être intelligent ni instruit. L'intelligence est utile pour beaucoup de choses, y compris pour comprendre après coup ce que l'on vit. Mais elle doit rester à sa place.
L'esprit doit éclairer la pensée
C'est la méditation qui doit éclairer l'intelligence et non l'inverse : d'abord, on pratique, ensuite, on comprend. De s'asseoir et de réfléchir ne sert à rien pour ce qui concerne la spiritualité telle que comprise ici.
Méditer, ici, ne signifie pas réfléchir longuement à Dieu, au sens de la vie, à soi-même ou à la mort. Cette réflexion a des vertus, ce sens du mot existe, mais ce n'est pas de cette méditation-là qu'il est question. La méditation telle qu'enseignée et que pratiquée sur La Voie est une pratique, une expérience de la conscience.
Il n'est nul besoin de lire le sanskrit, l'araméen, le grec ancien ni le latin pour avoir une vie spirituelle intense. Les connaissances ne sont pas la connaissance. On peut avoir lu des bibliothèques entières, connaître les doctrines, les écoles et les mots sanskrits, et ne rien connaître intimement de la paix. À l'inverse, une personne très simple peut en avoir l'expérience directe.
Quand on dit qu'un homme connaît bibliquement sa femme, on veut dire qu'il la connaît charnellement, intimement. C'est pareil pour la dimension spirituelle de la vie : on la connaît intimement. C'est dans ce sens que la spiritualité de La Voie est du domaine de la sensualité : une sensualité tournée vers l'intérieur.
Les sens peuvent se retourner
Les yeux peuvent voir plus qu'en dehors de soi : ils peuvent voir en dedans. Les oreilles peuvent entendre plus que les sons du dehors : elles peuvent aussi entendre au dedans, le nada.
Il existe aussi une manière de ressentir qui ne dépend pas des objets extérieurs. Les facultés par lesquelles nous percevons habituellement le monde peuvent être orientées autrement.
Depuis l'enfance, toute notre attention est tournée vers le dehors. Il suffit pourtant de savoir comment retourner cette attention vers l'intérieur. C'est notamment ce que permet cette transmission.
Pour voir, entendre et ressentir ainsi, il n'est pas utile de connaître les Livres saints, même si leur lecture peut avoir son intérêt. Il n'est pas utile non plus de réfléchir. Pour comprendre, ensuite, c'est autre chose : l'intelligence peut être de quelque utilité. Mais il faut prendre les choses dans le bon ordre : en premier la contemplation, en second la compréhension. L'expérience vient d'abord. Les mots viennent ensuite.
Quand l'expérience est là, l'intelligence peut éclairer, mettre en relation, reconnaître ce que d'autres ont tenté d'exprimer avant nous. Mais si l'on commence uniquement par les mots, les concepts et les doctrines, on risque de passer sa vie devant la porte à discuter de ce qu'il pourrait y avoir derrière.
La spiritualité commence quand on entre en soi.
Si vous avez des questions, vous pouvez les poser ici :
madhyama.marga@gmail.com