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Publié par Hans Yoganand

Les trois singes de la sagesse, souvent interprétés comme une morale — ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire de mal — peuvent aussi être lus autrement. Leurs gestes indiquent une direction intérieure : celle de l’attention. Sans constituer une origine historique démontrée, cette lecture révèle une proximité avec certaines pratiques de méditation centrées sur la lumière intérieure, le son intérieur et le souffle, telles qu’elles sont transmises dans différentes traditions.

Trois statues des singes de la sagesse zen

 

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Les trois singes : une lecture intérieure oubliée

 

 

Résumé : Les trois singes de la sagesse, souvent interprétés comme une morale — ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire de mal — peuvent aussi être lus autrement. Leurs gestes indiquent une direction intérieure : celle de l’attention. Sans constituer une origine historique démontrée, cette lecture révèle une proximité avec certaines pratiques de méditation centrées sur la lumière intérieure, le son intérieur et le souffle, telles qu’elles sont transmises dans différentes traditions.

 

Texte

 

Les trois singes de la sagesse, ou Sanzaru en japonais, sont universellement connus. On les retrouve partout : objets, images, symboles populaires. Le plus souvent, ils sont interprétés comme une règle morale : « Ne rien voir de mal, ne rien entendre de mal, ne rien dire de mal. » Une forme de prudence, parfois même une invitation au silence.

 

Selon cette lecture courante :

 

  • Mizaru, les yeux cachés, inciterait à ne pas regarder ce qui est mauvais

  • Kikazaru, les oreilles cachées, à ne pas écouter les médisances

  • Iwazaru, la bouche cachée, à ne pas prononcer de paroles négatives

 

Cette interprétation est simple, accessible… mais elle n’épuise pas le symbole.

Une observation

 

Dans certaines représentations anciennes, comme les bas-reliefs du sanctuaire de Nikkō Tōshō-gū, la posture des singes apparaît plus précise. Iwazaru, notamment, ne se contente pas de cacher sa bouche : ses mains couvrent aussi les narines.

 

Ce détail, souvent simplifié dans les versions modernes, attire l’attention. Il ne change pas seulement la forme du geste — il en modifie la portée. Dès lors que l’on considère le rôle du souffle dans l’attention, ce geste prend une autre dimension.

Une autre lecture

 

On peut alors proposer une autre lecture de ce symbole, non plus morale, mais intérieure.

 

Les mains des singes ne cachent pas : elles indiquent. Elles désignent les points d’attention — yeux, oreilles, bouche, nez — comme autant de portes d’entrée vers une perception différente.

 

Ce symbole, souvent réduit à une morale, peut aussi être lu d’une manière plus directe : comme une indication de l’endroit où porter l’attention intérieure.

Une carte de l’attention

 

L’expérience montre que, lorsque l’attention se retire du monde extérieur, certaines perceptions deviennent accessibles.

 

  • Mizaru : en couvrant les yeux, il évoque le retrait du regard. Ce geste peut être rapproché de pratiques comme la Shāmbhavī Mudrā, où la vision se stabilise et permet de percevoir une lumière intérieure sur l’écran de la conscience.

  • Kikazaru : les mains sur les oreilles invitent au silence. Ce retrait des sons extérieurs peut conduire à une écoute plus subtile, que certaines traditions rapprochent de la Shanmukhī Mudrā, où l’attention se tourne vers un son intérieur, une vibration subtile.

  • Iwazaru : en couvrant la bouche et le nez, il désigne la zone du souffle. Ce geste évoque l’attention portée à la respiration, telle qu’elle est cultivée dans des pratiques comme l’Ajapa-Japa, ainsi que des expériences plus fines associées à la bouche, parfois évoquées dans des pratiques comme la Khecarī Mudrā.

 

Ces rapprochements ne constituent pas une origine historique démontrée. Ils proposent une lecture cohérente : celle d’un symbole qui, sans être explicitement technique, pointe vers une expérience intérieure réelle.

Le sens du silence

 

Dans cette perspective, le silence n’est pas une contrainte.

 

Il ne s’impose pas comme une règle extérieure. Il apparaît lorsque l’attention cesse de se disperser.

 

Dans un ashram où j'ai vécu, en Inde, un conseil était donné : « Si ce que tu as à dire n’est pas plus important que le nectar, garde le silence. » Ce silence n’est pas une privation. Il est une plénitude.

Une indication

 

Les trois singes ne sont peut-être pas seulement une morale populaire. Ils peuvent être compris comme une indication simple :

 

ce que nous cherchons ne se trouve pas à l’extérieur, mais dans une attention tournée vers l’intérieur.

 

Leurs gestes ne disent pas « ne fais pas ». Ils suggèrent : « regarde ici ».

Une transmission

 

Les pratiques associées à cette attention intérieurevision intérieure, écoute subtile, conscience du souffle — ne relèvent pas seulement d’une compréhension intellectuelle. Elles s’expérimentent.

 

Dans différentes traditions, elles ont été transmises de maître à disciple, dans le cadre d’une initiation (Dīkṣā).

 

Aujourd’hui encore, certaines de ces techniques sont proposées dans le cadre d’une transmission vivante, accessible à ceux qui en ressentent le besoin et en font la demande. Vous pouvez en faire la demande ici.

 

 

Si vous avez des questions, vous pouvez les poser ici :

madhyama.marga@gmail.com

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