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Publié par Hans Yoganand

Ce texte remet en question l'interprétation moderne et égocentrée du célèbre précepte socratique. L'auteur explique que chercher à se connaître en tant qu'individu (personnalité, ego) est un cul-de-sac existentiel, car ce « moi » est changeant et illusoire (Màyà).

Dessin d'un vieux monsieur voyant dans le miroir le jeune homme qu'il fut

 

Accueil / Le blog des satsang/La Révélation

 

Connais-toi toi-même

 

 

Résumé : Ce texte remet en question l'interprétation moderne et égocentrée du célèbre précepte socratique. L'auteur explique que chercher à se connaître en tant qu'individu (personnalité, ego) est un cul-de-sac existentiel, car ce « moi » est changeant et illusoire (Màyà). Le véritable but de la vie n'est pas de se pencher sur son nombril, mais de trouver la paix intérieure. En s'élevant au-dessus de ses opinions et sentiments, on découvre que le vrai soi (Purusha) se révèle naturellement dans la paix. La Voie propose, par la pratique et l'acceptation, de ne plus chercher qui l'on est, mais de s'immerger dans cette paix déjà présente en soi.

 

Texte

 

Certains veulent vivre complètement épanouis, ce qui est légitime. Pour y arriver, ils cherchent à se connaître eux-mêmes, comme le fameux dicton les y invite : « Connais-toi toi-même ».

 

Qu’est-ce que cela signifie, se connaître soi-même ? Lequel « soi-même » ? L’enfant que nous étions jadis, l’adulte que nous sommes devenus ? Les idées que l’on a à propos de soi ? N’y a-t-il rien de plus important à connaître, dans cette courte vie, que soi-même ?

 

Croyez-vous vraiment que le but de la vie est de se connaître ? Certainement pas. Il y a plus important à connaître et c’est le propos de votre vie : pourquoi êtes-vous venu sur cette Terre, dans cette vie ? Quel est le but de cette vie ? Car il y en a un !

 

Le but trouvé, il s’agit de travailler à l’atteindre. Et vous savez quoi ? Quand on fait cela, on trouve le « soi-même », le vrai ! Celui que nous étions enfants et celui que nous sommes toujours aujourd’hui, même si souvent ce vrai soi est caché, brouillé au milieu de toutes sortes de choses : souvenirs, traumatismes, expériences, connaissances apprises, concepts, etc.

 

« Gnothi seauton », comme il était gravé sur le fronton du temple de Delphes, jadis… Socrate avait repris à son compte cet axiome. Selon Hegel, ce fut un grand tournant dans l’histoire de l’esprit car Socrate fait de la conscience-intérieure, l’instance de la vérité et donc de décision.

 

Depuis, on pense que se connaître soi-même est le préalable incontournable à tout épanouissement spirituel ou même, philosophique. Si Socrate l’a dit et que Hegel l’a confirmé, alors… Sans compter Lacan, Nietzsche, Kierkegaard et tant d’autres.

 

Beaucoup de gens pensent qu’il est une invitation à se connaître en qualité d'être particulier et à l’heure de la domination de l’ego-centrisme, cette référence à Socrate vient approuver la passion que nous avons pour nous-mêmes.

 

Cette caution des anciens nous conforte dans notre « égotropisme ». L'on passe ainsi sa vie à tourner autour de son nombril, pris dans ce cul-de-sac existentiel. C’est cela l’ego-centrisme.

 

Mais serait-il possible ? Serait-il possible que cette interprétation de l’inscription du fronton du temple d’Apollon n’ait pas cette signification ? Serait-il possible que le « Gnothi seauton » ne nous invite pas à nous pencher sur notre personnalité ?

 

Le malentendu vient peut-être de là : ce “toi-même” dont parlent les anciens n’est pas celui que nous observons aujourd’hui. Ce n’est pas l’ensemble changeant de nos pensées, de nos émotions ou de notre histoire.

 

S'il s’agissait plutôt de s’observer en tant qu’être pensant, en s’élevant au-dessus de ses sentiments particuliers et de ses opinions qui ne sont toujours qu’une illusion de données ? Voilà qui est écrit : « en s’élevant au-dessus de ses sentiments particuliers et de ses opinions ». Cette notion fait écho à ce que nous enseigne La Voie : notre vrai soi (Purusha) n’est pas celui que l’on pense.

Cherchez et vous trouverez

 

« Cherchez et vous trouverez… » nous dit Jésus. Chercher, mais chercher quoi ? Vous trouverez ce que vous cherchez : si vous cherchez à vous connaître, vous vous trouverez, vous. Mais est-ce la découverte la plus importante à faire durant votre existence ? Se connaître soi-même, est-ce la connaissance la plus importante que l’on puisse avoir ?

 

Il est facile de croire que se connaître soi-même est un préalable indispensable avant de vouloir connaître autre chose, mais cette croyance est un piège. Nous sommes sans doute si petits et pourtant la tâche de vouloir se connaître est une entreprise sans fin, car nous changeons sans cesse, au gré des événements, de notre humeur, et la connaissance acquise s’oublie aussitôt, diluée dans la confusion des pensées et des états-d’âme.

Qui est ce nous ?

 

Quand bien même cette ambition égocentrique serait à notre portée, qu’y gagnerions-nous ? Nous-mêmes ? Quel cadeau ! Suivons l’exemple de Narcisse et penchons-nous sur notre cas qui n’est que le reflet de nous-mêmes, une illusion ou Màyà.

 

« La source vaut mieux que le puits. Qui sait la cause de l’illusion profite du monde sans se perdre. » (Bhaktimàrga, 181)

 

Et puis ce « nous-mêmes », qui est-il ? Le « nous-mêmes » de quand nous étions enfants et que nous profitions de chaque instant ? Celui de notre premier amour ? Qui est ce « nous-même » ?

Il n’est pas celui que l’on croit

 

Non, en vérité, le « Connais-toi toi-même » n’est pas un préalable à sa propre découverte et puis ce « nous-mêmes » là n’est pas celui que l’on croit. C'est une quête importante aussi, une quête dont nous ne sommes pas le but : cette quête, c'est celle de la paix.

 

Si vous n’êtes pas en paix, alors cherchez-la, ne vous cherchez pas. Si vous cherchez la paix, vous la trouverez. En trouvant la paix, on se trouve soi-même et l'on découvre que nous ne sommes pas celui que nous croyions être : nous sommes en paix.

Quand on a trouvé la paix

 

Quand on a trouvé la paix en soi, notre personnalité, nos qualités, nos défauts ne nous préoccupent plus, seule la paix nous attire. Pour trouver la paix intérieure, il faut oublier ce que l’on croit être soi.

 

Certains ne s’aiment pas à cause de ce qu’ils considèrent comme des défauts et en souffrent. Ce manque d’auto-estime les entraîne dans une spirale d’échec : ils se renferment et n’entreprennent plus. Certains se relèvent et se battent pour devenir ce qu’ils estiment devoir devenir (psy, relooking, karaté).

Démarche positive et insuffisante

 

Cette démarche est positive, c’est certain, mais elle ne réussira pas non plus sans une vertu importante, sur La Voie comme dans l’existence profane : l’acceptation. Accepter la réalité, accepter qui l'on est ou qui l'on paraît être, ensuite travailler à s’améliorer.

 

Mais surtout, ne pas croire que nous sommes celui que nous nous désespérons d’être. Il est en nous une paix si paisible qu’il serait dommage de ne pas aller la goûter. Il est plus facile d’accepter d’être en paix. Selon l’enseignement de La Voie, ce n’est pas être en paix avec soi-même, c’est être dans la paix, baigner dedans.

 

Cette paix trouvée ne s’impose pas à nous : on doit y aller et y rester aussi souvent et aussi longtemps que possible. C’est à l’assoiffé d’aller boire l’eau de la source et pas le contraire. La démarche spirituelle n’empêche pas de fonder une famille ou d'avoir le métier de notre choix.

Partir du bon endroit

 

Mais pour tout, il faut partir du bon endroit et se connaître soi-même, ce vrai soi qui est celui que nous sommes depuis notre naissance et qui le restera jusqu’au bout… c'est le bon endroit.

 

Par la pratique de La Voie, il nous est plus facile de nous tourner dans la bonne direction pour y chercher la paix et la trouver. Il devient possible de rester dans cette paix en pratiquant les techniques révélées et en s’appuyant sur les quatre piliers de la sadhana.

 

Si vous êtes dans ce besoin, nous sommes disposés à vous aider. Il ne s’agit pas de théories ou de connaissances livresques, mais simplement de trouver la paix, celle qui ne dépend pas des circonstances, celle qui est déjà en vous.

 

 

Si vous avez des questions, vous pouvez les poser ici :

madhyama.marga@gmail.com

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