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Publié par Hans Yoganand

À partir des paroles de Kabîr, ce texte explore le sens du « travail » en spiritualité et montre qu’il ne s’agit pas d’une activité ordinaire, mais d’une pratique consciente, proche du non-agir de Lao-Tseu et du détachement enseigné par Krishna. Ce travail conduit à une connaissance non apprise, qui ne s’acquiert pas par l’étude mais se révèle à travers l’Observance de la sadhana. Les textes indiquent cette réalité, mais seule l’expérience permet de la reconnaître.

Portrait de Saint Kabir, un vieux monsieur des Indes, avec une barbe blanche et un turban

 

Accueil / Le blog des satsang/La Révélation

 

La connaissance de Kabîr

 

 

Résumé : À partir des paroles de Kabîr, ce texte explore le sens du « travail » en spiritualité et montre qu’il ne s’agit pas d’une activité ordinaire, mais d’une pratique consciente, proche du non-agir de Lao-Tseu et du détachement enseigné par Krishna. Ce travail conduit à une connaissance non apprise, qui ne s’acquiert pas par l’étude mais se révèle à travers l’Observance de la sadhana. Les textes indiquent cette réalité, mais seule l’expérience permet de la reconnaître.

 

Texte

 

Que voulait dire Kabîr* (1441-1518), le mystique poète, lorsqu’il affirmait : « Le travail n'a pas d'autre but que la connaissance » ? De quel travail parlait-il, et de quelle connaissance ?

 

Kabîr évoque un travail fait en conscience du Saint-Nom, qu’il décrit comme accompagné d’harmonie. Cette description correspond à ce que l’on appelle le service, l’un des piliers de la sadhana de La Voie.

 

Ce service n’est pas une action ordinaire : il rejoint ce que Lao-Tseu nomme le non-agir ou Wu Wei, et ce que Krishna désigne comme le service de dévotion ou l’abandon du fruit de ses actes.

 

Kabîr souligne d’ailleurs que tant que l’homme réclame le « moi » et le « mien », ses œuvres restent vaines. Autrement dit, l’action liée à l’ego ne produit pas de connaissance véritable.

 

Réclamer le moi et le mien s’oppose à ce non-agir. Lao-Tseu, comme Krishna, indique une autre manière d’agir : une action dans le détachement, sans appropriation, sans revendication personnelle.

 

Chez Krishna, cette orientation est associée à un état d’harmonie et de libération, où l’action cesse d’enchaîner celui qui agit.

 

Mais si le travail est le service, et si ce service conduit à la connaissance, quelle est donc cette connaissance ?

La connaissance non apprise

 

Lao-Tseu parle d’une connaissance qui ne relève pas de l’apprentissage. Il évoque une compréhension qui ne s’acquiert pas par accumulation, mais qui se découvre autrement. Cette connaissance ne se trouve pas dans les livres, ni dans l’enseignement extérieur pris comme un savoir. Elle n’est pas le produit du mental ni d’un raisonnement élaboré. Elle se reconnaît.

 

Les textes peuvent en parler, l’indiquer, l’évoquer, mais ils ne la transmettent pas directement. Ils orientent, sans donner. Cela ne signifie pas que tout effort soit inutile. Au contraire, le travail dont parle Kabîr prend ici tout son sens. Ce travail n’est pas une recherche intellectuelle, mais une mise en œuvre : ce que La Voie appelle l’Observance, c’est-à-dire une pratique régulière et engagée.

 

Patanjali parlait de cet engagement. Dans les Yoga-Sûtras, il dit : « La pratique est l’effort pour s’y établir… elle est solidement établie si elle est pratiquée avec engagement sincère, sans interruption, sur une longue période. »

 

C’est par cette pratique que la connaissance se dévoile, non comme un résultat construit, mais comme une reconnaissance progressive de ce qui est déjà là.

Une même orientation

 

On retrouve chez Krishna une même orientation que chez Kabîr et Lao-Tseu. Il décrit une voie où l’action, libérée de l’attachement à ses fruits, conduit à une forme d’équilibre intérieur. Dans cet état, l’effort ne se perd pas, chaque pas a un sens, et la pratique devient un moyen de stabilisation.

 

Ce que ces enseignements ont en commun n’est pas une doctrine, mais une direction : agir en conscience de l’harmonie fondamentale, pratiquer avec constance, et laisser apparaître une connaissance indépendante du mental.

Du texte à l’expérience

 

Les livres peuvent accompagner ce chemin, mais ils ne peuvent s’y substituer. Ils témoignent d’une expérience, sans pouvoir la donner. Sans elle, leurs mots restent partiels, parfois obscurs. Avec elle, leur sens devient simple, presque évident.

 

Ce ne sont pas les textes qui changent, mais la manière de les lire.

Une reconnaissance

 

Ainsi, ce que Kabîr appelle connaissance n’est pas un savoir à acquérir, mais une réalité à reconnaître.

 

Cette reconnaissance ne vient ni du raisonnement ni de l’accumulation de notions. Elle se révèle à travers une pratique vécue, dans une relation juste à l’action.

 

Lao-Tseu, Krishna et Kabîr indiquent une même possibilité : une connaissance intérieure, non apprise, qui apparaît lorsque l’action cesse d’être centrée sur le « moi » et le « mien ». Cette connaissance est souvent désignée comme une connaissance révélée.

 

 

* Saint-Nom : pour Lao-Tseu, la « vertu du Tao ». D'autres parlent de Shabda-Brahman : le principe fondamental du vivant. C'est aussi le nom désignant une technique de méditation assise et en action.

 

* Kabîr, né à Vârânasî vers 1440 et décédé en 1518, est une figure singulière du paysage spirituel indien. Poète en langue vernaculaire, il a marqué aussi bien les traditions hindoues que soufies et sikhes. Ses vers témoignent d’une recherche directe, affranchie des cadres religieux, orientée vers une expérience intérieure.

 

 

Si vous avez des questions, vous pouvez les poser ici :

madhyama.marga@gmail.com

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