La connaissance et les connaissances
Ce texte explore la distinction fondamentale entre le savoir intellectuel (les connaissances apprises) et la connaissance spirituelle. L'auteur souligne un paradoxe majeur : comment concilier les connaissances apprises avec la connaissance de l'âme et la réalité spirituelle.
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Résumé : Ce texte explore la distinction fondamentale entre le savoir intellectuel (les connaissances apprises) et la connaissance spirituelle (la gnose ou Veda). À travers l'analyse du bouddhisme, l'auteur souligne un paradoxe majeur : comment concilier les connaissances apprises avec la connaissance de l'âme et la réalité spirituelle.
L'argument central repose sur le fait que la vérité ne se trouve pas dans les livres, mais dans la pratique et l'expérience directe. En s'appuyant sur le Tao-Te-King, le Bhaktimàrga et les paroles de Jésus, l'auteur rappelle que la vraie connaissance est une graine qui ne peut croître que par l'Observance et la méditation profonde. En somme, la lecture peut inspirer, mais seule la Réalisation permet de dissiper les ténèbres de l'ignorance.
Texte
Question de mot
Qu’est-ce que la connaissance, spirituellement ? Est-elle la somme des choses apprises ? Est-elle l’instruction, le savoir ? Évidemment non. La vraie connaissance n’est pas celle que l’on trouve dans les livres, aussi sacrés soient-ils, pas plus que celle des temples.
« L’incomplet retrouve le Tao. Ce qui est flexible se tient droit. Le creux se remplit. L’âme ancienne revient à sa source. En maîtrisant le désir, on connaît l’harmonie du Tao ; en lui cédant, on se perd. Le sage, en suivant ces principes, reste dans l’Unité et devient un modèle pour le monde. Il ne se met pas en lumière, c’est ainsi qu’il brille. Parce qu’il reste humble, on lui reconnaît des mérites. Le sage est au-dessus des autres et ne le sait pas. Puisqu’il s’oublie, personne ne peut se battre contre lui. Tout retourne au Tao, comme les eaux à l’océan. » (Tao-Te-King, 22. Version libre adaptée)
« Les connaissances apprises ne sont que des fleurs sans parfum, sources d’erreurs. C’est pourquoi le sage se fie au Tao et non aux apparences. Il considère le fruit plutôt que la fleur ; ignorant l’une, il cueille l’autre. » (Tao-Te-King, chapitre 38 adapté)
Prenons, par exemple, une voie spirituelle très honorable comme le bouddhisme. Il n’y a pas un bouddhisme, mais une multitude de bouddhismes, selon qu’ils soient indiens, tibétains, japonais, chinois, vietnamiens, occidentaux, etc.
Le bouddhisme classique nie l’existence d’une âme éternelle transcendant le corps. Il décrit plutôt l’être humain comme un ensemble de cinq agrégats (skandha) : Forme, sensations, perceptions, mental, conscience.
Certaines écoles du Mahayana, comme le Yogacara, ajoutent des couches à la conscience : on passe de six consciences (les cinq sens + mental) à huit consciences, en incluant le manas (moi-conscient) et l’alaya-vijnana (conscience-entrepôt).
Paradoxe apparent
Ce paradoxe s'explique par le vocabulaire. Le mot « âme » est remplacé par celui d'« esprit ». Les bouddhistes pensent que l'esprit est un sixième sens (Manas) indépendant du cerveau, de telle sorte que si l'on transplantait deux cerveaux d'une personne à une autre, chacun resterait lui-même. « Le niveau de conscience le plus élevé échappe au support matériel. La conscience est indépendante des particules physiques. » (Dalaï-Lama)
La lecture ne remplace pas la pratique
On peut passer toute sa vie à lire des textes bouddhistes sans progresser vers l’éveil, pour autant qu'il soit le principal but. Les connaissances théoriques tournent sur elles-mêmes et l’on se perd dans des discussions comparables aux débats de la Torah ou de la Kabbale.
Le Bouddha Siddhartha Gautama n’a pas atteint l’éveil en lisant des livres. Il s’est assis sous son figuier et est entré dans une méditation profonde (Dhyana) jusqu’au nirvana (samadhi), motivé par un profond besoin de se fondre dans l’Unité. La pratique, la discipline et l’expérience directe sont les véritables clés.
« La méditation est contemplation. » (Bhaktimarga, 320)
Plusieurs centaines d'années plus tard, des descendants de disciples qui avaient connu Bouddha vivant et avaient écouté ses sermons (satsang) ont mis noir sur blanc les lointains souvenirs de l'enseignement du maître disparu. Cet enseignement s'était, au fil du temps, transformé en concepts et Bouddha en dieu.
Que penserait Bouddha, à votre avis, s'il revenait aujourd'hui et suivait les enseignements délivrés dans une lamaserie du Tibet ? Reconnaîtrait-il ce qu'il a vécu ? Pourrait-il, en suivant cet enseignement, aller s’asseoir sous un arbre et connaître l'éveil en pratiquant la méditation enseignée ?
La vérité est en tout
Si vous cherchez une voie où vous aimez faire tinter les cymbales, tourner les moulins à prières, faire brûler de l'encens, alors le bouddhisme vous donnera ce que vous cherchez. C'est une voie noble et belle, mais la vérité ne s'y rencontre que parce qu'elle est déjà présente en chaque homme et quand cessent les études, quand la conscience s'approfondit. La vérité est en soi, et celui qui la trouve dans une religion ne la trouve pas grâce à la religion, mais malgré elle ; parce qu'il l'avait déjà en lui.
Les réponses et la réponse
Si vous avez soif de vérité, ne placez pas votre espoir dans les études. Vous pouvez lire des livres sur la spiritualité comme un passe-temps, une source d'inspiration, mais aucun écrit n'a jamais remplacé la pratique. Il existe une réponse unique à toutes les questions. Elle ne se trouve dans aucun livre. Même le Bhaktimàrga, qui est le livre de La Voie, ne donne aucune réponse : il dit simplement ce qu'est La Voie et ce qu'est sa mystique.
La seule réponse qui vaille est celle qui permet à une personne de poser sa conscience au bon endroit, en elle, et de l'y garder autant qu'elle le veut. Pour dissiper les ténèbres de l'ignorance, il faut la lumière de la connaissance.
Le mot « connaissance » signifiait, au départ, « connaître » et sous-entendait la gnose de Shiva (ou Shiva-jnana), c'est-à-dire vivre ce que révélait Shiva. Cette connaissance n'a rien à voir avec les connaissances théoriques, avec le savoir. Cette connaissance est le fait de voir et de comprendre, de réaliser. La voie spirituelle a besoin de réalisation, de « faire ».
La connaissance ne s'apprend pas, elle se reçoit. La Révélation, l'agya et ses quatre piliers portent cette connaissance en germe. La pratique, l'Observance, fait grandir cette graine. Cette même graine qu'il faut semer en faisant attention aux oiseaux et aux ronces ; celle dont parlait Jésus dans le Nouveau Testament, cette graine qui donne un arbre dont les fruits sont reconnaissables.
« Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au-dedans, ce sont des loups ravisseurs. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons ? Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits. » (Matthieu 7: 15-17)
Si vous avez des questions, vous pouvez les poser ici :
madhyama.marga@gmail.com
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