L'intuition du paradis perdu
Ce texte explore l'intuition universelle d'une dimension spirituelle originelle L'auteur analyse la distinction entre le mental et l'âme, définie comme l'identité subtile de l'Homme. Il décrit le processus d'incarnation et de libération (Moksha) visant la parfaite béatitude (Satçitanand).
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Résumé : Ce texte explore l'intuition universelle d'une dimension spirituelle originelle, du mythe sumérien de Dilmun à la notion de paradis perdu. L'auteur analyse la distinction entre le mental et l'âme, définie comme l'identité subtile de l'Homme. À travers les concepts de Tao, de samsara et de Purusha (l'âme essentielle), il décrit le processus d'incarnation et de libération (Moksha) visant la parfaite béatitude (Satçitanand). Le texte propose un éclairage sur la souffrance humaine liée à la soif d'absolu, tout en replaçant l'amour romantique comme une joie utile au bonheur humain, à condition de maintenir la conscience de soi et la paix intérieure.
Texte
Il est souvent question du paradis perdu, un mythe remontant à 3 000 ans avant notre ère avec le Mythe d'Enki et Ninhursag. Bien avant la rédaction de la Bible, ce texte sumérien décrit un lieu appelé Dilmun. C'était un lieu de pureté : le texte précise que dans Dilmun, le lion ne tue pas, le loup ne ravit pas l'agneau, et la maladie n'existe pas. C'est un jardin où l'on ne connaît ni la vieillesse, ni les pleurs.
Cette histoire est la plus ancienne parce qu'elle a été écrite en cunéiforme et qu'avant, il n'y avait pas d'écriture. L'époque d'avant l'écriture, quand les récits se transmettaient oralement, c'est la préhistoire. Ce n'est pas parce que rien n'a été consigné par écrit que l'idée d'un paradis n'existait pas.
Une intuition spirituelle
Cette intuition d'une dimension meilleure que celle de la vie sur Terre n'était très certainement pas celle d'un paradis au sens moderne. Car si le Paradis Perdu est un regard vers le passé (la nostalgie d'une origine parfaite), l'idée du Paradis est généralement un regard vers l'avenir (une promesse après la mort). L'espoir que la mort n'est pas la fin date probablement de plus loin encore.
Pourquoi la persistance de l'intuition ? Mettant de côté la peur viscérale de la mort, on doit, pour la comprendre, admettre l'existence d'une identité de l'Homme plus subtile que la simple pensée et que les instincts. Cette identité subtile, je vais la désigner par un mot galvaudé, mais qui parle à tout le monde : l'« âme ».
Je crois que l'intuition d'une vie qui durerait davantage que l'existence n'est pas l'œuvre du mental, mais qu'elle vient de l'âme, quel que soit le nom que vous donnez à ce principe fondamental de l'être. Les concepts qui habillent cette intuition viennent bien du mental, mais l'intuition, elle, est plus profonde.
Réminiscences et réincarnation
C'est comme si l'âme avait une mémoire, celle de son origine. Car l'âme a une origine : elle vient du Tout, ou Tao, comme disait Lao-Tseu, et elle est destinée à y retourner en toute conscience et liberté. C'est même le but de l'incarnation et de la réincarnation. Le but de l'incarnation première est de donner à la « matière première » une conscience.
Cette « matière première » ayant gagné une conscience individuelle par l'ajout de l'ego est l'âme incarnée. Le but des réincarnations successives (samsara) est de « raffiner » cette âme incarnée jusqu'à ce qu'elle soit capable de se fondre, en toute conscience, dans ce Tao, ce Tout, ou comme le disait Jésus, le Royaume.
L'âme incarnée, dotée d'un ego (conscience de soi) et du mental (citta), doit se retrouver en harmonie avec Purusha, l'âme essentielle. Une fois cette identité acquise, la Libération des chaînes du samsara permet à l'âme de revenir à son origine. C'est alors Satçitanand : la parfaite conscience de la béatitude.
« La Libération est atteinte quand il y a identité de pureté entre sattva et puruṣa. » (Yoga-Sûtras, 3.55)
En vérité, l'âme incarnée n'a pas de mémoire au sens habituel. Même si des théories modernes parlent d'annales akashiques, elle a plutôt des traces de ses vies passées : les résidus ou samskaras, qui définissent son degré d'évolution. Mais des souvenirs précis de ses incarnations précédentes ? Je ne le crois pas.
Au moment de l'incarnation, l'âme est liée à l'ego pour qu'elle ait conscience d'elle-même et dispose du libre-arbitre. Elle reçoit aussi le système mental pour apprendre, parler et vivre dans le monde matériel. Mais la « matière originelle » de Purusha reste l'essentiel de sa constitution, et ce n'est pas sans effet : la soif d'absolu vient probablement de là.
La souffrance incomprise
Tant que vous n'identifiez pas la source de cette soif, cela engendre en vous une souffrance difficile à soulager. Voilà la souffrance latente, chronique, la frustration qui vous pousse à la consommation sans retenue des biens matériels et des plaisirs, dans l'espoir, sans cesse déçu, de la soulager.
C'est peine perdue, car les plaisirs et les possessions ne peuvent combler ce manque de la parfaite béatitude dont vous portez les traces en vous, et sur lequel votre mental ne sait quel mot poser.
L'amour romantique et le bonheur humain
En Occident, l'esprit a inventé le romantisme, les sentiments et l'amour courtois. Éduqués à la mamelle de ces idées, certains recherchent l'homme ou la femme de leur vie comme si une autre personne pouvait donner un sens à leur existence ! C'est faire preuve d'une modestie maladive que d'imaginer être né pour aimer une seule personne et s'en faire aimer, sous peine d'être incomplet. Cette idée, bien que belle, peut aveugler si elle devient l'unique but. Sans la conscience de soi, ils vont de déceptions en souffrances, laissant leur esprit s'aigrir au fil des ans.
À force de séparations, de divorces douloureux et de dépressions, ils se réduisent comme peau de chagrin, amers. Pourtant, la béatitude est là, en nous, et nous pouvons y goûter à volonté. Si, goûtant cette béatitude, l'envie vous vient de la partager, et que la vie avec quelqu'un ajoute à l'harmonie une tendresse faite de partage, alors tant mieux ! L'amour peut être plein de joie et de plaisir, il est utile au bonheur de la vie humaine. Il n'est pas interdit d'aimer vivre dans ce monde ; il est simplement dommage de se perdre dans l'erreur et de laisser le temps filer dans la douleur.
Partir du bon point
Vous pouvez tout faire : étudier, travailler, écrire, jouer de la musique, fonder une famille ou conduire des voitures de sport. Mais vous devez partir du bon point, en toute conscience. La conscience de l'âme est le socle où se tenir pour exister et agir tout en restant dans la paix intérieure. Ici et maintenant est le bon endroit et le bon moment.
Si vous avez des questions, vous pouvez les poser ici :
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