De l’harmonie naît un bonheur profond
L’harmonie fondamentale n’est jamais absente. Elle ne dépend ni des circonstances, ni du bruit du monde, ni de ce que nous traversons. Pourtant, elle semble souvent inaccessible, comme recouverte par l’agitation du mental (citta) et le mouvement incessant des pensées. Lorsque quelque chose en nous se calme, lorsque l’attention cesse de se disperser, une perception différente devient possible…
/image%2F0714067%2F20260503%2Fob_2de20e_l-harmonie-spiritualite-bonheur-la.jpg)
Accueil / Le blog des satsang/La Révélation
Résumé : L’harmonie fondamentale est toujours présente, mais elle devient plus facile à reconnaître lorsque le mental (citta) s’apaise. Un environnement calme, silencieux et ordonné ne crée pas cette harmonie : il en facilite la perception. Lorsque l’harmonie extérieure entre en résonance avec l’harmonie intérieure, le chercheur reconnaît une même réalité, présente partout. Sur La Voie, cette harmonie est le Saint-Nom (Shabda-Brahman), et sa reconnaissance peut s’apprendre.
Texte
L’harmonie
Courir après le bonheur, certains y renoncent face à la dureté des temps. Ils n’espèrent plus qu’une diminution des souffrances, s’en sortir sans y laisser trop de plumes ; et pourtant, le bonheur reste un bien beau rêve.
Le bonheur des uns fera le malheur des autres alors, qu’est-ce que le bonheur ? Est-il même un but qui mérite que l'on se mette en route pour l’atteindre ? Existe-t-il seulement ? Parce que s’il n’existe pas, quel intérêt y aurait-il à l’espérer ?
Il est une chose simple, qui ne dépend pas de ces questions, une chose qui ne se discute pas et qui ne se fabrique pas : l’harmonie fondamentale. Encore faut-il savoir qu’elle est là, et apprendre à la reconnaître.
L’harmonie est comme une musique jouée par un grand orchestre dont le chef serait Dieu — ou quel que soit le nom que l’on donne à ce principe : Tao, L’Un, Absolu. Elle est la trame discrète de la vie, la partition universelle à laquelle tout participe.
Vous faites partie de cette musique. Vous pouvez en percevoir l’écho, y accorder votre propre instrument et y jouer votre partie ou passer à côté sans la reconnaître.
Elle ne se dérègle pas, elle ne se trouble pas. Tout y trouve sa place, sans effort. Elle se joue doucement, comme le bruissement d’un vent léger dans les feuilles. Si vous faites silence, vous l’entendez.
Le dedans et le dehors
L’harmonie est partout, tout le temps. Elle ne naît pas du silence, elle ne dépend pas des conditions. Elle est là, comme une trame continue, que rien n’interrompt.
Mais pour la reconnaître, encore faut-il pouvoir l’entendre.
Quand le monde se fait plus calme, quand le bruit diminue, quelque chose en nous se tait aussi. Les sollicitations se relâchent, les réactions s’apaisent, et l’attention devient plus simple. Alors, ce qui était recouvert devient perceptible.
Un milieu paisible ne crée pas l’harmonie. Il la rend plus facile à reconnaître.
C’est pourquoi il est plus aisé de ressentir une forme de paix intérieure dans un environnement équilibré, silencieux, ordonné. Non pas parce que l’harmonie s’y trouve davantage, mais parce que le mental (citta), moins agité, laisse apparaître ce qui est déjà là.
C’est tout le propos du zen dans l’ameublement, l’agencement des lieux de vie et des jardins, où chaque chose est disposée de manière à ne pas troubler ce qui peut se reconnaître dans le silence.
Comme un promeneur assis au pied d’un arbre, qui ne fait rien d’autre qu’écouter et regarder, et pour qui tout devient soudain évident.
Ce qui est perçu au-dehors entre alors en résonance avec ce qui est en dedans. Il ne s’agit pas d’une opposition entre un monde harmonieux et un monde qui ne le serait pas. L’harmonie n’est jamais absente, même dans le tumulte d’une ville ou le désordre apparent des choses. Mais elle peut être recouverte, comme une musique douce noyée dans le bruit.
Lorsque l’attention se simplifie, lorsque l’on cesse de suivre chaque mouvement du mental, quelque chose devient évident. Ce que l’on reconnaît alors n’est pas seulement l’harmonie du monde, mais une même réalité, perçue à la fois au-dehors et au-dedans.
Cette reconnaissance ne relève pas du hasard. Elle peut s’apprendre.
Il devient alors possible de choisir, dans une certaine mesure, les conditions qui favorisent cette reconnaissance. Non pour créer l’harmonie, mais pour la laisser apparaître plus clairement.
Et peu à peu, cette reconnaissance ne dépend plus du lieu. Elle s’établit. Le dehors et le dedans ne dialoguent plus comme deux réalités distinctes : ils se répondent comme une seule et même évidence.
Sur La Voie, cette harmonie porte un nom : le Saint-Nom (Shabda-Brahman). Ailleurs, on l’appelle Ṛta, souffle vital, ou encore Vertu du Tao.
Les paroles des maîtres
« Dans les temps passés, les hommes suivaient l’harmonie, puis l’harmonie fut oubliée. Les hommes et leur justice devinrent les maîtres. Ce fut le temps de l’intelligence, de l’habileté et les désirs ne connurent plus de limites. » (Tao Te King, 18)
« Celui qui se tait connaît l’harmonie. Un vent rapide ne dure pas ; une pluie violente ne dure pas. Si le ciel et la terre eux-mêmes ne prolongent rien indéfiniment, comment l’homme le pourrait-il ? » (Tao Te King, 23)
La conclusion
Quand on sait comment faire et qu’on le fait, on découvre que le monde, tel qu’il se donne à voir, repose sur une harmonie profonde. Avec un esprit devenu simple, une attention recueillie, on reconnaît une même présence au cœur de toute chose.
L’harmonie d’un paysage, d’une lumière ou d’un instant ne fait alors qu’éveiller celle qui est déjà là, en dedans. Les deux ne s’ajoutent pas : elles se reconnaissent.
Et lorsque cette reconnaissance devient stable, elle ne dépend plus des circonstances. Elle ne se cherche plus. Elle se vit, simplement, comme une évidence silencieuse, qui est aussi une forme de béatitude (Ananda).
Si vous avez des questions, vous pouvez les poser ici :
madhyama.marga@gmail.com
#spiritualité, #Harmonie fondamentale, #bonheur, #paix intérieure, #méditation, #yoga, #Yoga Originel, #La Voie, #conscience, #Hans Yoganand