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Publié par Hans Yoganand

L’Unité est à l’origine de tout ce qui existe. Elle est ce que certaines traditions appellent le Royaume ou le Tao. Pourtant, nous faisons l’expérience d’un monde dual, marqué par la séparation. Cette dualité n’est pas une erreur, mais une condition nécessaire à l’apparition de la conscience individuelle, rendue possible par l’incarnation à travers l’ego.

Photo, vue à l'envers, du reflet d'un homme sur la flaque d'eau d'une rue.

 

Accueil / Le blog des satsang/La Révélation

 

Pourquoi la dualité est nécessaire

Ce qui vous sépare… et vous permet de connaître l’Unité

 

 

Résumé : L’Unité est à l’origine de tout ce qui existe. Elle est ce que certaines traditions appellent le Royaume ou le Tao. Pourtant, nous faisons l’expérience d’un monde dual, marqué par la séparation. Cette dualité n’est pas une erreur, mais une condition nécessaire à l’apparition de la conscience individuelle, rendue possible par l’incarnation à travers l’ego. Mais cette séparation n’existe pas en elle-même : elle appartient au regard. Le chemin consiste alors non pas à fuir la dualité, mais à y reconnaître l’Unité.

 

Texte

 

Il arrive que, dans certains moments, quelque chose se fasse sentir sans que l’on puisse vraiment le nommer. Un sentiment d’ouverture, de présence, parfois très simple, parfois très profond. Cela peut surgir en regardant un paysage, en aimant quelqu’un, ou dans un instant de silence.

 

Ce que vous ressentez alors ne vient pas de la situation. Cela semble en dépendre, mais en réalité, cela la dépasse.

 

Les traditions ont tenté de nommer cela. Elles parlent du Tao, du Royaume, de l’Unité. Les mots changent, mais ils désignent une même réalité : un espace sans limite, qui contient tout.

 

Rien n’est en dehors de cette Unité. Ni la matière, ni la pensée, ni le vivant. Tout en procède, tout y demeure.

 

« Le Tao fit le un. Le un a produit deux. Deux a produit trois. Trois a produit tous les êtres. » (Tao-Te-King, 42)

Voir l’Un… ou voir le multiple

 

Ce qui distingue un regard ordinaire d’un regard éveillé n’est pas ce qui est vu, mais la manière de voir.

 

« Le regard de l'initié voit l'Un en toutes choses, tandis que l'ignorant ne voit que des formes. » (Bhaktimàrga, 5)

 

Et pourtant, vous ne faites pas l’expérience de cette unité. Vous faites l’expérience d’un monde fragmenté, multiple, parfois conflictuel. Vous vous percevez comme séparé, distinct, limité.

 

C’est cela que l’on appelle la dualité.

Pourquoi la dualité existe

 

La dualité n’est pas une erreur. Elle est une condition.

 

Pour qu’il y ait conscience de soi, il faut qu’il y ait distinction. Sans cela, il n’y a que le Tout, sans regard sur lui-même.

 

On pourrait dire que l’océan n’est pas fait de gouttes. Il est eau. Pour qu’une goutte apparaisse, il faut une forme, une limite, une distinction.

 

C’est le rôle de l’incarnation.

 

« Dès que l'on reconnaît le beau, le laid apparaît. Dès que l'on reconnaît le bien, le mal apparaît. Car l'être et le non-être s'engendrent, le difficile et le facile se complètent, le long et le court se définissent, le haut et le bas s'équilibrent, le son et le silence s'accordent, le devant et le derrière se suivent. »(Tao-Te-King, 2)

L’ego : un outil, puis un piège

 

L’être humain n’est pas une seule chose. Il est fait de plusieurs niveaux — le corps, le mental, et ce que l’on peut appeler l’âme incarnée — qui participent tous à cette expérience.

 

Dans ce cadre, l’ego joue un rôle essentiel. Il permet de dire « je », de se percevoir comme une entité distincte. Il rend possible la conscience individuelle, et avec elle, le choix.

 

Mais ce processus comporte un risque.

 

Lorsque l’ego est traversé par l’ignorance, il devient ce que l’on peut appeler le faux-ego. Il ne se contente plus de distinguer, il sépare. Il oppose, il compare, il se protège. Il crée l’illusion d’une rupture avec l’Unité.

 

Cette séparation peut aller jusqu’à des formes profondes de souffrance.

Le monde comme expérience

 

Le monde n’est pas une punition. Il est un lieu d’expérience.

 

Le cycle du samsara, avec ses hauts et ses bas, ses joies et ses douleurs, devient un espace où la conscience peut se raffiner. La souffrance elle-même, si elle est comprise, peut faire changer le regard.

 

Sans ce passage par la dualité, il n’y aurait pas de reconnaissance consciente de l’Unité, mais simplement une unité non reconnue.

Retrouver le centre

 

Le propos de La Voie n’est pas de nier la dualité, ni de fuir le monde. Il est de vous permettre de retrouver, au cœur même de cette dualité, la conscience de l’Unité.

 

La séparation n’existe pas en elle-même. Elle appartient au regard. C’est la manière dont l’Observant perçoit qui introduit la césure.

 

Une conscience plus profonde ne voit pas de rupture entre l’Unité et le multiple. Elle reconnaît que tout est déjà uni, que ce qui apparaît comme séparé ne l’est qu’en apparence. Les formes diffèrent, mais ce qui les traverse est de même nature.

 

Cela ne passe pas par une idée, ni par une croyance, mais par une pratique. Cette pratique est là pour ramener l’attention vers ce qui ne change pas, vers ce centre qui n’est jamais affecté par les variations du monde.

 

Alors, peu à peu, la perception se transforme. Le multiple ne disparaît pas, mais il est vu autrement.

Conclusion

 

L’Unité et la dualité ne sont pas deux réalités opposées, mais deux aspects d’un même mouvement.

 

La dualité permet la conscience. L’Unité en est l’origine et l’aboutissement. Le chemin n’est pas d’aller de l’une à l’autre, mais de reconnaître l’une dans l’autre.

 

 

Si vous avez des questions, vous pouvez les poser ici :

madhyama.marga@gmail.com

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