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Publié par Hans Yoganand

Avec les années, le corps change et le monde se transforme, mais quelque chose en nous demeure inchangé. La sensation de vieillir ne vient pas seulement du temps qui passe, mais de l’identification à ce qui change : le corps, les pensées, les images que l’on se fait de soi.

Des personnes âgées jouant à saute mouton

 

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Pourquoi avez-vous l’impression de vieillir ?

Ce qui en vous ne change pas

 

 

Résumé : Avec les années, le corps change et le monde se transforme, mais quelque chose en nous demeure inchangé. La sensation de vieillir ne vient pas seulement du temps qui passe, mais de l’identification à ce qui change : le corps, les pensées, les images que l’on se fait de soi. En revenant à une attention simple et stable, il devient possible de reconnaître en soi une présence qui ne vieillit pas. Cette reconnaissance ne supprime pas le temps, mais en transforme profondément le vécu.

Texte

« La vie sans conscience de la vie n’est pas une vie. »
(Bhaktimārga, 86)

Le centre intérieur

 

Je vous parle souvent du centre, de l’Hridaya, le cœur spirituel — non comme d’une idée, mais comme d’un lieu vécu. Il n’est pas ailleurs, il n’est pas à construire ; il est ce point intérieur où l’on cesse de se disperser et où l’on se retrouve.

 

Étrange paradoxe : nous nous savons limités, et pourtant, au plus intime, quelque chose ne connaît pas de limite. Ce n’est pas un lieu au sens ordinaire, mais un état de conscience, une présence qui ne dépend pas du mouvement des choses.

Franchir la porte

 

Le corps est une porte vers cet espace. Encore faut-il la franchir. Il arrive que l’on demeure dans le vestibule, persuadé d’être entré ; il arrive aussi que l’on soit déjà dedans sans le reconnaître. Comme celui qui nage dans l’océan sans en mesurer l’immensité, nous ne percevons de cet espace que ce que nos capacités permettent. D’où la nécessité d’une pratique.

 

Sur La Voie, elle prend la forme de la sadhana, cet ensemble de pratiques et de recommandations qui oriente le citta — le champ de conscience — vers ce qui demeure, au lieu de le laisser suivre les fluctuations du mental.

Le goût du présent

 

Ce centre est immobile. Tout tourne autour, mais lui ne bouge pas. À mesure que l’on s’en approche, quelque chose s’apaise et s’éclaire, comme si une force d’attraction silencieuse opérait.

 

À l’inverse, quand l’attention s’en éloigne, tout devient instable, dispersé. Le centre n’est jamais perdu ; il peut seulement ne plus être reconnu.

 

Au centre, il n’y a pas de passé ni de futur tels que nous les pensons. Il y a l’instant — non pas un instant qui passe, mais un présent qui demeure. À mesure que l’on s’y établit, cet instant cesse d’être fugitif : il s’épaissit, il se tient. Alors le passé lui-même change de nature. Il défile comme sur un mur d’écrans : des images, des scènes, mais qui n’emportent plus. Et ce qui surprend, c’est la saveur de ce présent, son goût simple, immédiatement reconnaissable — le même que celui de l’enfance. Non pas les souvenirs, mais la qualité du présent lui-même. Tout change autour ; cela ne change pas.

Ce qui vieillit, et ce qui ne vieillit pas

 

Ce que nous appelons vieillir se joue dans le corps, et dans l’image que le mental en fabrique. Pensées, émotions — les vrittis —, comparaisons, récits : tout cela compose une histoire où le temps s’accumule. Mais ce qui perçoit ces mouvements n’est pas atteint de la même manière. L’âme, le jivatman, ne s’use pas ; elle est témoin du changement, non ce qui change.

 

Lorsque l’attention se fixe sur les transformations, le sentiment de vieillir s’impose. Lorsqu’elle revient à ce qui perçoit, ce sentiment se transforme. Le corps suit son cours ; rien n’oblige à se sentir vieillir.

Retrouver sans revenir en arrière

 

Revenir à cette présence, ce n’est pas régresser, ni “redevenir enfant”. C’est retrouver ce qui, en l’enfant, n’était pas encore recouvert. Avec les années, couches et identifications s’accumulent, donnant l’impression d’un éloignement. Mais l’essentiel n’a pas changé. Il n’a jamais vieilli.

 

Cette reconnaissance ne se décrète pas ; elle se cultive. Par la méditation, par le service, par une attention ramenée sans cesse à ce qui est stable, le citta se clarifie. Alors ce qui était voilé apparaît — non comme une nouveauté, mais comme une évidence retrouvée.

Une autre manière de vivre le temps

 

Les formes passent. Le corps évolue. Les situations se succèdent. Et pourtant, quelque chose demeure. S’y établir ne retire rien au monde ; cela en change la saveur. Le temps continue, mais il ne pèse plus de la même façon.

 

Vous pouvez laisser le corps suivre son cours sans vous confondre avec lui, laisser les pensées passer sans vous y attacher. Peu à peu, ce qui semblait vous définir perd de son emprise.

 

Une autre stabilité se révèle — non celle des formes, mais celle de ce qui les traverse sans changer. Alors la question de vieillir se déplace, et avec elle, toute la manière de vivre.

 

 

Si vous avez des questions, vous pouvez les poser ici :

madhyama.marga@gmail.com

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