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Publié par Hans Yoganand

Les drogues ont souvent été associées à une quête spirituelle, notamment dans les années soixante. Les états qu’elles provoquent peuvent être intenses, parfois fascinants, et donner l’impression d’accéder à une réalité plus profonde. Pourtant, ces expériences relèvent le plus souvent du domaine du mental et des perceptions.

Image vue depuis un vélo roulant sur une route à travers la forêt. les couleurs et les formes sont psychédéliques, déformées par une drogue comme le LSD

 

Accueil / Le blog des satsang/La Révélation

 

LSD, visions, astral… et si ce n’était pas spirituel ?

 

 

Résumé : Les drogues ont souvent été associées à une quête spirituelle, notamment dans les années soixante. Les états qu’elles provoquent peuvent être intenses, parfois fascinants, et donner l’impression d’accéder à une réalité plus profonde. Pourtant, ces expériences relèvent le plus souvent du domaine du mental et des perceptions. La véritable recherche spirituelle ne consiste pas à multiplier les états, mais à reconnaître ce qui ne dépend pas d’eux. La Voie ne mène pas au spectaculaire, mais à une paix simple et stable.

 

Texte

Une quête sincère… mais orientée ailleurs

 

Dans les années soixante et soixante-dix, certains milieux ont cherché à associer drogues et spiritualité. Le LSD, la mescaline, les champignons hallucinogènes étaient perçus comme des moyens d’explorer l’esprit et d’accéder à des dimensions cachées de l’existence.

 

Beaucoup se référaient à des figures comme Timothy Leary, ou aux récits de Carlos Castaneda, pour donner un cadre à ces expériences. L’intention n’était pas toujours superficielle. Il y avait, chez certains, une véritable recherche

.

Cette approche ne se limitait pas à l’Occident. En Inde, certains sādhus consomment de la ganja ou du haschich, souvent à l’aide d’un shilum, dans une intention méditative ou rituelle.

 

Mais cette recherche, quels que soient les contextes, s’est appuyée sur un moyen qui, par nature, oriente ailleurs.

L’expérience n’est pas la vérité

 

Les substances psychoactives modifient les perceptions. Elles amplifient certaines sensations, en déforment d’autres, ouvrent à des formes d’expérience inhabituelles.

 

Ces états peuvent être marquants. Ils peuvent donner l’impression d’un accès à une réalité plus vaste, plus subtile, plus profonde. Des visions apparaissent, des sensations nouvelles, une intensité inhabituelle.

 

Il est alors facile de croire que l’on s’approche de quelque chose de spirituel. Mais ce qui est vécu reste, le plus souvent, de l’ordre de l’expérience. Et l’expérience, lorsqu’elle dépend des perceptions, des sensations ou des états produits, appartient au domaine du mental.

 

Il existe des états qui dépassent ce cadre, mais ils ne se produisent pas par stimulation ni par recherche de sensations.

Le mental peut produire l’extraordinaire

 

Le mental n’est pas limité à la perception ordinaire. Dans certaines conditions, il peut produire des états très différents de ceux que l’on connaît habituellement.

 

Il m’est arrivé, dans ma jeunesse, de fumer de l’herbe. Ce n’était pas dans une recherche spirituelle. J’étais très attaché à une jeune fille qui consommait, et je fumais avec elle pour me rapprocher d’elle — comme Orphée descendant aux enfers par amour, sans vraiment savoir où cela le conduirait.

 

C’est dans ce contexte que j’ai vécu une expérience particulière : la musique qui sortait des enceintes m’apparaissait comme visible, avec des ondulations colorées qui se déployaient dans l’espace, en rythme. L’expérience était étonnante, presque fascinante.

 

Il peut aussi arriver, avec une attention accrue, de percevoir de légères déformations de l’air, comme celles que produit la chaleur, au-dessus ou autour des êtres vivants. Mais ces perceptions, aussi inhabituelles soient-elles, n’ont rien de mystique. Elles relèvent d’une modification du fonctionnement du mental, pas d’un accès à la vérité.

L’illusion du “plus”

 

Ce qui rend ces expériences si convaincantes, c’est leur intensité. Elles donnent l’impression d’aller plus loin, de voir davantage, de ressentir plus profondément. Mais ce “plus” n’est pas nécessairement un “mieux”. Il s’agit d’une amplification, pas d’une transformation.

 

Ces états peuvent être recherchés pour eux-mêmes, comme une forme de plaisir ou d’intensité. Mais cela ne relève pas de la même démarche que la recherche de vérité.

L’astral et les perceptions modifiées

 

Il est possible de vivre des états dans lesquels la perception du monde change profondément. Certains parlent d’astral, de sortie du corps, ou d’autres formes d’expérience.

 

Ces états peuvent donner l’impression de quitter le monde ordinaire. Pourtant, en y regardant de près, il ne s’agit pas d’un autre monde. C’est le même, perçu autrement : avec d’autres sensations, d’autres couleurs, mais sans véritable changement de nature.

 

On peut y vivre des expériences inhabituelles, parfois impressionnantes, mais on y reste soumis aux mêmes limitations : absence de maîtrise réelle, dépendance aux conditions, et impossibilité de s’y établir librement.

Ce qui est recherché

 

Derrière ces démarches, il y a souvent une aspiration sincère : comprendre, voir, dépasser les limites de la perception ordinaire. Mais cette aspiration se tourne facilement vers ce qui impressionne, vers ce qui sort de l’ordinaire, vers ce qui semble révéler autre chose.

 

Or la vérité ne se manifeste pas nécessairement de cette manière. Elle n’est pas, le plus souvent, spectaculaire.

Une autre direction

 

La véritable démarche spirituelle ne consiste pas à produire des états, mais à reconnaître ce qui est déjà là.

 

Ce qui est recherché n’apparaît pas comme une explosion de sensations, mais comme une forme de simplicité, de stabilité, de paix. Il ne s’agit pas de voir davantage, mais de voir juste.

Le rôle du mental

 

Le mental a sa place. Il permet d’agir, de comprendre, de vivre dans le monde. Mais il n’est pas l’instrument de la connaissance profonde.

 

Chercher la vérité à travers les fluctuations du mental revient à chercher dans ce qui change ce qui ne change pas.

La Voie

 

La Voie ne propose pas un moyen de vivre des expériences plus intenses. Elle propose un cadre pour reconnaître ce qui ne dépend pas de ces expériences.

 

Elle s’adresse à ceux qui ne cherchent pas seulement à ressentir, mais à comprendre. Elle ne conduit pas vers des états spectaculaires, mais vers une transformation plus silencieuse.

Une question simple

 

Au fond, la question est simple : Cherchez-vous des expériences, ou cherchez-vous la vérité ? Les deux démarches ne mènent pas au même endroit.

 

Chacun est libre de son chemin. Il est possible de chercher dans les sensations, dans les expériences, dans les états. Mais il ne s’agit pas de juger ces démarches, mais de ne pas les confondre avec la recherche spirituelle.

 

Les phénomènes, aussi impressionnants soient-ils, ne sont pas la vérité.

Ce qui éclaire vraiment

 

Les lumières, les formes, les couleurs que l’on peut percevoir dans certains états ne sont pas la Lumière intérieure.

 

Cette lumière-là est souvent plus discrète. Elle ne cherche pas à impressionner. Elle ne dépend pas de conditions particulières. Elle éclaire autrement.

Conclusion

 

Ce qui est spectaculaire attire. Ce qui est simple passe souvent inaperçu. Et pourtant, ce n’est pas toujours dans ce qui impressionne que se trouve ce qui est vrai et transcendantal.

 

 

Si vous avez des questions, vous pouvez les poser ici :

madhyama.marga@gmail.com

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