Écrire sur le sable
L'auteur utilise l'image du sable et de l'ardoise magique pour illustrer l'impermanence de la vie et de la connaissance. Tout ce que nous comprenons ou réalisons n'a de valeur que dans l'instant présent, car la page de l'existence se veut éternellement vierge pour accueillir du neuf.
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Résumé : L'auteur utilise l'image du sable et de l'ardoise magique pour illustrer l'impermanence de la vie et de la connaissance. Tout ce que nous comprenons ou réalisons n'a de valeur que dans l'instant présent, car la page de l'existence se veut éternellement vierge pour accueillir du neuf. La véritable réalisation n'est pas une archive de souvenirs, mais une conscience vivante et immédiate.
Cette lucidité face à notre fragilité impose l'humilité, vertu indispensable pour s'engager sur une voie spirituelle authentique. Selon l'auteur, La Voie n'est pas une simple accumulation de savoirs, mais un processus de remise en cause profonde qui demande de laisser mourir la "vieille personne" en soi pour renaître en esprit. Ce "Royaume" dont parlait le Christ, ou cet état de Satçitananda, ne se trouve pas à l'extérieur ou dans les livres, mais au plus profond de chacun.
Enfin, le texte insiste sur la primauté de la pratique sur la théorie. Si les récits et les mythes peuvent inspirer, seule l'Observance de l'Agya (les trois piliers) et la mise en action suite à la Révélation permettent d'expérimenter réellement la béatitude. Le but ultime est de rester présent, du lever au coucher, dans l'unité de l'instant.
Texte
Vous pouvez écrire les choses les plus sensées, les plus abouties, les plus sages ou les plus belles, si vous les écrivez sur le sable, le vent et les vagues viendront les effacer immanquablement. Une fois ces belles phrases effacées, qui s'en souviendra, à quoi auront-elles servi ?
Ce qui n'empêche pas que ce qui avait été écrit ait été beau, vrai et frappé au coin du bon sens. Ces phrases ont été utiles d'abord pour celui ou celle qui les a tracées sur le sable et, peut-être aussi, pour ceux qui étaient là à cet instant et qui ont pu les lire. Mais l'instant change, le vent souffle, les vagues viennent avec leurs langues d'eau et tout disparaît.
Le sable est à la fois stable et instable : il est stable parce que sans cesse présent, et instable parce que ce qui y est écrit s'efface rapidement. Ce sable, c'est l'instant présent, vous pouvez y écrire des pages importantes de votre vie, l'instant d'après la page est à nouveau vierge, comme ces ardoises magiques de mon enfance.
Toujours écrire du neuf
La page de l'instant est faite pour y écrire de nouvelles choses, toujours. Ce qui compte n'est pas ce que l'on y a écrit, mais ce que l'on y écrit maintenant. C'est cela l'éveil, c'est cela la réalisation, c'est cela la compréhension : on comprend dans l'instant, mais ce n'est pas gravé dans le marbre.
Quand vous écrivez votre compréhension sur un support pérenne, vous pouvez la lire plus tard et la relire encore. Peut-être même que cela résonnera toujours en vous, mais l'essentiel reste ce que vous avez saisi dans l'instant. À chaque instant sa compréhension, sa réalisation.
Quand vous avancez sur un chemin, ce qui importe est l'endroit où vous marchez maintenant, pas là où vous êtes passé auparavant. Vous pouvez avoir des souvenirs des paysages traversés, mais vos pas ne se posent jamais sur le passé.
Vous faites les choses dans l'instant pour plaire à Dieu et profiter de sa Grâce tant que vous le pouvez. Nous ne sommes pas grand-chose, un rien peut nous éteindre. Quand vous êtes lucide à propos de la condition humaine, vous ne pouvez qu'être humble. Ceux qui ne le sont pas ne sont pas lucides.
La Voie : une voie spirituelle authentique
L'impermanence devrait rabattre le caquet de bien des vanités. L'humilité est une vertu essentielle sur une voie spirituelle vraie. Qu'est-ce qu'une voie spirituelle vraie ? C'est une voie qui vous remet en cause, vous aide à laisser mourir, en esprit, la vieille personne que vous croyez être afin que vous puissiez renaître. C'est ce que le Christ disait à Nicodème :
« En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le Royaume de Dieu. » (Jean, 3 : 3)
Pour naître de nouveau, il faut d'abord mourir (en esprit)... Et de quel Royaume le Christ parlait-il ? Parlait-il d'un royaume dans le ciel ? Non, il parlait d'un Royaume à l'intérieur de vous, de chacun d'entre nous.
« Si vous dites : Voici, le Royaume est dans le ciel ! Alors les oiseaux du ciel y seront avant vous. S'ils vous disent : Il est dans la mer ! Alors, les poissons y seront avant vous. Mais le Royaume est à l'intérieur de vous et il est à l'extérieur de vous ! » (Thomas, logion 3)
Il est dedans et dehors, mais où est-il le plus proche ? Dedans, évidemment ! Alors c'est à l'intérieur qu'il vous faut chercher, si cela vous intéresse. Tout le monde n'est pas attiré par le Royaume, certains préfèrent le football, d'autres les voitures ou le sexe. Pour trouver en vous la béatitude, le minimum requis est de s'y intéresser.
C'est là que l'humilité entre en jeu. Sinon, comment ressentiriez-vous le besoin de laisser mourir la vieille personne que vous croyez être ? Si vous la trouvez parfaite, vous ne voudrez jamais qu'elle disparaisse.
Tout se passe dans l'instant et c'est le propos de La Voie : que vous soyez le plus possible conscient dans l'instant. Les trois piliers de l'Agya ont cet objectif : que du lever au coucher, vous soyez présent.
« L'Un est depuis, et pour toujours, tout entier dans l'instant. » (Bhaktimàrga, 1)
L'Agya et ses piliers vous donnent les outils pour le faire, mais ne le feront pas à votre place : c'est à vous d'agir ! Vous pouvez échafauder des théories pleines de charme, mais une théorie ne vous servira jamais à trouver ce Royaume dont le Christ parlait. Beaucoup de maîtres éveillés ont évoqué ce Royaume avec d'autres mots comme Satçitananda (la conscience de la béatitude)... Si le mot diffère, la réalité qu'il désigne est identique. C'est étrange comme souvent les hommes s'attachent aux mots plutôt qu'à l'expérience qu'ils décrivent !
La pratique, tout est là
Pour observer l'Agya et pratiquer les piliers, il est nécessaire d'avoir reçu la Révélation (initiation). Tous les livres du monde, aussi inspirants soient-ils, ne pourront pas vous mener au Royaume ; seule la pratique spirituelle le peut. Il existe des livres passionnants qui ne vous apporteront rien d'autre qu'une distraction ou une inspiration passagère. Mais une inspiration pour quoi faire ? Pour agir ! Prenez le Mahâbhârata, par exemple... C'est passionnant, mais sa lecture vous a-t-elle rapproché du Royaume ?
C'est comme « Le Silmarillion » de J.R.R. Tolkien : l'univers est cohérent, les généalogies sont dignes de la Bible, et pourtant tout est une pure invention. Beaucoup de livres considérés comme sacrés sont de cette nature : des mythes.
Aucun livre ne vous rapprochera de la béatitude, sauf s'il vous inspire à marcher sur une voie spirituelle véritable, c'est-à-dire ; « Une voie qui vous remet en cause profondément et vous renvoie vers l'intérieur de vous-même. »
Si vous avez des questions, vous pouvez les poser ici :
madhyama.marga@gmail.com