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Publié par Hans Yoganand

Ce texte définit l'humilité non comme une faiblesse, mais comme une clarté ontologique et une posture réaliste face à l'univers. En s'appuyant sur l'étymologie latine (humus), l'auteur rappelle que l'humilité est la reconnaissance de notre condition terrestre, nous reliant à la nature profonde de l'Homme.

Des moines bouddhistes mendient leur nourriture et une vieille femme leur donne à manger, symbole d'humilité

 

Accueil / Le blog des satsang/La Révélation

 

L'humilité, vertu spirituelle

 

 

Résumé : Ce texte définit l'humilité non comme une faiblesse, mais comme une clarté ontologique et une posture réaliste face à l'univers. En s'appuyant sur l'étymologie latine (humus), l'auteur rappelle que l'humilité est la reconnaissance de notre condition terrestre, nous reliant à la nature profonde de l'Homme. Le texte distingue soigneusement l'humilité de la modestie et de l'autodépréciation, qui ne sont que des ruses du faux-égo. À l'opposé de l'orgueil et du narcissisme, l'humilité permet une juste évaluation de ses capacités, rendant ainsi la fierté légitime et la gratitude possible.

 

* L'ontologie, c'est l'étude de l'être. Cela vient du grec ontos (l'être) et logos (le discours/la science). Quand on dit qu'une chose est « ontologique », on parle de ce qu'elle est vraiment, dans sa nature profonde et fondamentale, au-delà des apparences ou des étiquettes sociales.

 

Dans la perspective de La Voie, l'humilité devient un état mental supérieur né de la rencontre avec L'Un, avec son harmonie fondamentale. Elle s'incarne dans la méditation et le service, où le pratiquant reconnaît ce qui le dépasse. Cette vertu est le socle indispensable à la dévotion, définie ici comme un état d'amour conscient et de discernement, loin de toute soumission aveugle. en cultivant la constance et la simplicité, le chercheur de vérité transforme l'humilité en une force de guidance et de paix intérieure.

 

Texte

 

L'humilité est une vertu spirituelle essentielle pour vivre une vie spirituelle avec quelques chances de satisfaction. L'humilité est souvent confondue avec la modestie, mais c'est une erreur : l'humilité n'est pas la modestie. Être humble, c'est se considérer sans se surestimer ni se sous-estimer, c’est-à-dire avoir une image de soi objective. Vous ne pouvez pas vous efforcer à l'humilité pour approfondir votre expérience spirituelle. C'est en approfondissant votre expérience spirituelle que vous devenez humble. L'humilité vient avec la lucidité et la lucidité vient avec l'approfondissement de sa conscience.

 

Dans une préoccupation spirituelle, religieuse et mystique, un mot revient souvent pour désigner une vertu, ce mot, c'est : humilité. Ce mot, comme tous les mots, ne dit pas la même chose à toutes les oreilles. Pour beaucoup, l'humilité est une vertu admirable. Pour d'autres, elle est un défaut, une faiblesse, au même titre que la gentillesse, la simplicité, la confiance ou la naïveté.

 

Certains trouvent à l'humilité une connotation humiliante, à cause de sa parenté étymologique avec le mot humiliation. Avant toute explication, il faut toujours regarder le sens d'un terme dans les dictionnaires et son étymologie. Souvent, les mots sont utilisés dans des acceptions qui ne sont pas les leurs, et ce préalable est important si l'on veut mettre les choses à plat. Qu'en dit Wikipédia ?

 

« L'humilité est généralement considérée comme la qualité de celui qui se voit lui-même de façon réaliste et, à un degré absolu, tel que l'univers le voit (pour les athées) ou tel que Dieu le voit (pour les croyants). L'humilité s'oppose à toutes les visions déformées que l'on peut avoir de soi-même (orgueil, égocentrisme, narcissisme, dégoût de soi...), visions qui peuvent relever de la pathologie à partir d'une certaine intensité. »

Une juste vision de soi

 

L'humilité n'est pas une qualité innée chez l'être humain, on considère communément qu'elle s'acquiert avec le temps, le vécu, et qu'elle va de pair avec une maturité affective ou spirituelle. elle s'apparente à une prise de conscience de sa condition et de sa place au milieu des autres et de l'univers.

 

L'humilité n'est pas forcément liée à la manière dont on se montre aux autres, ainsi la modestie n'est pas une forme d'humilité, mais plutôt une démonstration d'humilité que peut tout à fait réaliser une personne qui en est dépourvue. De même, la fierté n'est pas incompatible avec l'humilité, on peut être fier de ce que l'on a réalisé, justement parce que nous avons assez d'humilité pour prendre conscience de l'effort accompli par rapport à ce que nous sommes. Par opposition, c'est souvent par manque d'humilité qu'on se dévalorise, en surestimant ses propres capacités et en considérant, par conséquent, nos réalisations comme médiocres.

 

L'humilité peut signifier plusieurs choses : Le sentiment de ne pas être grand-chose, d'être petit par rapport au monde qui nous entoure. Une attitude par laquelle on ne se place pas au-dessus des choses ou des autres, et par laquelle on respecte ce dont la providence nous a gratifiés.

 

Il faut distinguer l'humilité de la fausse-modestie. Cette dernière feint l'humilité afin d'attirer parfois encore plus de compliments. L'humilité consiste, sans méconnaître ses qualités, à admettre que l'on n'y est, en fin de compte, pas forcément pour grand-chose.

 

Il est inutile de chercher d'autres sources, car toutes celles que j'ai consultées se recoupent, et celle donnée par Wikipédia est à la fois simple et complète. Le fait que le mot prenne sa source dans le latin humus, comme le mot homme, semble signifier que l’humilité consiste, pour l’homme, à se rappeler qu’il est poussière. Cela semble indiquer aussi que l’humilité est une attitude proprement humaine.

Humble n'est pas un défaut

 

Dire que l'humilité est une attitude proprement humaine n'est pas modeste. Les animaux ne sont-ils pas humbles par nature ? Ils se voient tels qu'ils sont, ne se surestiment ni ne se mésestiment. Si l'humilité est une qualité proprement humaine, selon ce que laisse supposer l'étymologie du mot, la pratique de l'humanité laisse souvent croire le contraire : l'humilité n'est pas le propre de l'Homme. Sans doute est-ce sa nature profonde, mais il faut chercher très loin !

 

Certains se placent au-dessus des autres et méprisent ceux qu'ils considèrent comme inférieurs. Souvent, le critère de valeur est lié à l'argent, aux possessions, au pouvoir ou à la force. D'autres se considèrent comme inférieurs, et ceux-là non plus ne sont pas humbles : se mésestimer n'est pas faire preuve d'humilité.

 

Quand on se résout à voir l'humilité comme une vertu, le faux-égo propose une copie : la fausse-humilité. Cette dernière est un sentiment d’infériorité, une autodépréciation. Se croire meilleur que les autres, tout comme se croire moins bien, participe de la même erreur.

Mais quelle est la façon de penser de La Voie ?

 

Pour La Voie, l'humilité est un état mental qui survient quand on a rencontré quelque chose de grand, de parfait, et que l'on constate que cette réalité nous dépasse. Cette rencontre se fait dans la méditation et le service. Un pratiquant, quand il se rend compte qu'il dérive sur le courant de ses pensées ou de ses supputations, et qu'il ferme un instant les yeux pour se recentrer, pratique l'humilité. S'en remettre à L'Un par la pratique de la méditation est une preuve tangible d'humilité.

Les vertus spirituelles

 

Sur La Voie, comme sur toute voie spirituelle profonde, quatre vertus au moins sont à considérer : l'humilité, la dévotion, la constance et la simplicité. Le mot dévotion est plein de connotations négatives et fausses, tout comme celui d'humilité. Pour beaucoup, il évoque un amour déraisonnable et sans discernement pour Dieu ou pour un gourou* (sous-entendu un escroc manipulateur).

 

* Orthographe fautive pour désigner un escroc manipulateur. Le mot s'écrit « Guru » et signifie « qui chasse les ténèbres de l'ignorance par la lumière de la connaissance », un guru est un maître.

 

La dévotion n'a pourtant rien à voir avec la soumission abrutie. L'être humain conserve toujours ce libre-arbitre que L'Un (ou Dieu) lui a donné. La pratique apporte le discernement et la juste vision, non l’aveuglement propice à une soumission aveugle. La dévotion est un état d'amour pour L'Un, de reconnaissance pour sa Grâce et sa guidance. Il s'agit de reconnaître ses bienfaits véritables dans sa vie. Sans reconnaissance, il n'y a pas de dévotion. Sans humilité, il n'y a pas de dévotion.

 

 

Si vous avez des questions, vous pouvez les poser ici :

madhyama.marga@gmail.com

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