English below. Découvrez le vrai bonheur en surmontant désir et attachement. Explorez les sagesses du Dhammapada et du jaïnisme pour transcender les passions et atteindre la paix intérieure. Uncover true happiness by overcoming desire and attachment. Explore Dhammapada and Jainism wisdom to transcend passions and find inner peace.
The English text follows the French text
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Rares sont ceux qui connaissent le véritable bonheur de vivre. Tout le monde éprouve des satisfactions, qu’elles soient de vanité, sensuelles, intellectuelles, romantiques ou autres. Cependant, ces satisfactions, souvent éphémères, ne sont pas le vrai bonheur.
Nous sommes tous confrontés au désir, un obstacle majeur à ce bonheur authentique. Le désir engendre des attachements, et ces attachements nous éloignent de la véritable félicité.
Il est crucial de distinguer besoin et désir
Les besoins fondamentaux, comme se nourrir, boire, dormir, aimer, être aimé, ou s’épanouir intellectuellement et professionnellement, sont essentiels à la survie et au bien-être. Vous pouvez trouver des listes de ces besoins fondamentaux en consultant des ressources comme Grok, l’IA de xAI, ou une simple recherche sur Internet. Ces besoins ne sont pas des désirs.
Le désir peut s’infiltrer dans les besoins. Par exemple, boire de l’alcool à outrance n’est pas un besoin d’hydratation, mais un désir. Manger du caviar relève du désir, pas du besoin de se nourrir. De même, désirer une personne uniquement sur le plan physique, sans dimension affective, n’est pas un besoin d’amour.
Les textes mystiques authentiques, tels que les Vedas, les Upanishads, le Dhammapada, les Yoga Sūtras, la Bhagavad Gītā, ou le Tao Te Ching, décrivent tous le désir et l’attachement comme des obstacles à la réalisation du vrai bonheur.
Ce bonheur véritable ne dépend pas de facteurs extérieurs comme les objets, les personnes ou les circonstances. Il repose sur une paix intérieure qui transcende ces dépendances.
Cependant, une précision s’impose : si les besoins fondamentaux ne sont pas satisfaits, le vrai bonheur est hors de portée. La satisfaction de ces besoins forme la base nécessaire, mais elle ne constitue pas le but ultime de la vie. Le bonheur consumériste, axé sur l’accumulation ou la satisfaction des désirs, est illusoire.
Le vrai bonheur réside dans la conscience de l’harmonie universelle, dans la certitude de l’existence d’une force divine qui nous guide. C’est aussi le sentiment d’être au bon endroit, de faire ce qui est juste, en accord avec une Grâce ou une guidance spirituelle.
Dans le Dhammapada, recueil des paroles attribuées au Bouddha historique, Gautama Siddhārtha, un verset illustre cette idée en abordant le désir :
Yassa chattiṃsati sotā manāpasavanā bhusā
vāhā vahanti duddhiṭṭhiṃ saṅkappā rāganissitā
Incapable de résister avec force
aux trente-six courants puissants des passions,
l’Homme mal guidé, poussé par le désir,
est emporté vers des vues erronées.
(Dhammapada, verset 339)
Ce verset décrit l’individu submergé par les « trente-six courants » du désir (chattiṃsati sotā), symbolisant les multiples attachements sensoriels qui alimentent des pensées imprégnées de passion (saṅkappā rāganissitā) et mènent à des vues erronées (duddhiṭṭhiṃ).
Ces courants représentent les six sens (vue, ouïe, odorat, goût, toucher, esprit) et leurs objets (formes, sons, odeurs, goûts, sensations tactiles, pensées), multipliés symboliquement pour refléter la complexité des attachements.
Dans la tradition jaïne, les passions sont influencées par le guna rajas, l’une des trois qualités fondamentales (sattva, rajas, tamas). Le rajas, associé à l’agitation, à l’énergie vitale et à la passion, pousse l’individu vers des attachements.
Les Jaïns identifient quatre « courants » ou « torrents » (ogha) qui enchaînent l’âme : le désir (kāma), l’existence (bhava), l’ignorance (avidyā) et les vues erronées (diṭṭhi). Ces courants maintiennent l’individu dans la confusion, la souffrance et le cycle du saṃsāra (renaissances).
Cependant, le tīrthaṅkara, ou « faiseur de gué », tel Mahāvīra, le 24e tīrthaṅkara et réformateur du jaïnisme, trace un chemin spirituel. Grâce à son enseignement, le pratiquant peut traverser ces courants tumultueux pour atteindre la réalisation spirituelle et, ultimement, la libération (mokṣa).
Dans le bouddhisme, ces attachements correspondent aux cinq empêchements (nīvaraṇa) : l’avidité sensorielle (kāmacchanda), l’aversion (vyāpāda), la vision erronée du soi (sakkāya-diṭṭhi), les fausses opinions (diṭṭhi) et la vanité (māna). Ces obstacles obscurcissent l’esprit et entravent la voie vers l’éveil. Ce verset établit un parallèle entre les enseignements du Bouddha et de Mahāvīra, tous deux guidant vers la transcendance des passions.
Interprétation des « trente-six courants » :
Les « trente-six courants » symbolisent les multiples façons dont nos désirs et attachements nous entraînent, comme un fleuve emporte une personne incapable de nager. Ils représentent les liens entre nos sens, ce que nous percevons et nos pensées, qui nous conduisent à des croyances ou actions erronées. Voici trois explications simples :
1- Les sens et leurs objets : Nous avons six sens (vue, ouïe, odorat, goût, toucher, esprit), chacun attiré par un objet (images, sons, odeurs, goûts, sensations, pensées). Cela forme 12 « courants » (6 sens + 6 objets). En ajoutant les plaisirs ou pensées liés à chaque interaction (par exemple, le plaisir de voir une belle chose), on peut symboliquement atteindre 36 courants, illustrant comment nos sens nous captivent.
2- Les sens, leurs objets et la conscience : Quand un sens (par exemple, les yeux) perçoit un objet (une fleur), cela crée une conscience de cette perception (on pense à la fleur). Chaque sens a donc trois aspects : le sens, l’objet et la conscience. Avec 6 sens, cela fait 6 x 3 = 18, mais en tenant compte des multiples interactions, on peut symboliquement arriver à 36 courants.
3- Les désirs et leurs variations : Chaque sens peut déclencher des désirs (comme vouloir entendre une musique plaisante). Ces désirs varient en intensité ou en type, influencés par le guna rajas (l’énergie de la passion). Par exemple, le désir de voir une belle chose peut être léger ou obsessionnel. En combinant les désirs de chaque sens et leurs variations, on atteint symboliquement 36 courants.
En résumé : Les « trente-six courants » décrivent comment nos sens, perceptions et désirs nous enchaînent à une vie d’attachements, nous éloignant de la clarté et de la liberté spirituelle.
Cette image aquatique illustre l’incapacité d’un esprit non discipliné à résister aux passions, amplifiées par le guna rajas. Sans la guidance d’un maître éveillé, comme un tīrthaṅkara ou le Bouddha, l’individu risque d’être emporté par ces courants, vers une perception erronée de la réalité et une souffrance répétée.
Les vues erronées (duddhiṭṭhi) faussent notre compréhension du monde, des autres et des événements, nous plongeant dans une existence illusoire. Par exemple, certaines idéologies modernes, comme le « wokisme » ou le « progressisme », peuvent refléter des visions erronées lorsqu’elles sont guidées par des attachements ou des jugements biaisés, menant à des actions chaotiques ou contre-productives.
asāre sāramatino sāre cāsāradassino
te sāraṃ nādhigacchanti micchāsaṅkappagocarā.
Ceux qui voient de la valeur dans ce qui est sans valeur,
et qui ne voient pas de valeur dans ce qui est précieux,
ceux-là ne découvrent pas la véritable valeur,
car ils sont guidés par des pensées erronées.
(Dhammapada, verset 11)
alajjitàye lajjanti lajjitàye na lajjare
micchāditthisamàdànà sattà gacchanti duggatim.
Honteux sans raison d’avoir honte
et sans honte quand ils devraient être honteux,
ceux qui ont une vision erronée des choses
connaissent la souffrance de l'état malheureux.
(Dhammapada, verset 316)
Abhaye bhayadassino bhaye càbhayadassino
micchàditthisamàdànà sattà gacchanti duggatim
Inquiets du danger quand il n’y a rien à craindre
et sans crainte quand il y a du danger,
ceux qui ont une vision erronée des choses
connaissent la souffrance de l'état malheureux.
(Dhammapada, verset 317)
Avajje vajjamatino vajje càvajjadassino
micchàditthisamàdànà sattà gacchanti duggatim.
Imaginant l’erreur quand elle est absente
et ne voyant pas l’erreur quand elle est présente,
ceux qui ont une vision erronée des choses
connaissent la souffrance de l'état malheureux.
(Dhammapada, verset 318)
Le verset met en garde contre les désirs et attachements qui conduisent au nihilisme, à la confusion et à la souffrance, soulignant l’importance de la vigilance et de la guidance spirituelle pour trouver le vrai bonheur.
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Few people truly experience the joy of living. Everyone feels satisfactions of various kinds: vanity, sensual pleasures, intellectual pursuits, romantic love, and more. However, these fleeting satisfactions are not true happiness.
We all face desire to some extent, and desire is a major barrier to authentic happiness. Desire leads to attachments, which pull us away from true joy.
It’s crucial to distinguish between needs and desires.
Fundamental needs—like eating, drinking, sleeping, loving, being loved, or growing intellectually and professionally—are essential for survival and well-being. You can find lists of these basic needs by checking resources like Grok, the AI from xAI, or a quick online search. These needs are not desires.
However, desire can sneak into needs. For example, drinking excessive alcohol isn’t about hydration—it’s a desire. Eating caviar is more about desire than the need to eat. Similarly, pursuing someone purely for physical attraction, without emotional connection, isn’t a need for love.
Authentic mystical texts, such as the Vedas, Upanishads, Dhammapada, Yoga Sūtras, Bhagavad Gītā, or Tao Te Ching, all describe desire and attachment as obstacles to realizing true happiness.
This true happiness doesn’t depend on external factors like objects, people, or circumstances. It’s rooted in an inner peace that transcends these dependencies.
One key point: if basic needs aren’t met, true happiness is out of reach. Meeting these needs provides the necessary foundation, but it’s not the ultimate goal of life. Consumerist happiness, driven by accumulating or satisfying desires, is an illusion.
True happiness lies in the awareness of universal harmony, in the certainty that a divine force or cosmic order guides us. It’s also the feeling of being in the right place, doing the right thing, aligned with a sense of grace or spiritual guidance.
In the Dhammapada, a collection of sayings attributed to the historical Buddha, Gautama Siddhārtha, one verse addresses desire:
Yassa chattiṃsati sotā manāpasavanā bhusā
vāhā vahanti duddhiṭṭhiṃ saṅkappā rāganissitā
Unable to resist with strength
the thirty-six powerful currents of passion,
the misguided person, driven by desire,
is swept toward wrong views.
(Dhammapada, verse 339)
This verse describes a person overwhelmed by the “thirty-six currents” of desire (chattiṃsati sotā), symbolizing the many sensory attachments that fuel passionate thoughts (saṅkappā rāganissitā) and lead to wrong views (duddhiṭṭhiṃ).
These currents represent the six senses (sight, hearing, smell, taste, touch, mind) and their objects (forms, sounds, odors, tastes, tactile sensations, thoughts), multiplied symbolically to reflect the complexity of attachments.
In the Jain tradition, passions are influenced by the guna rajas, one of the three fundamental qualities (sattva, rajas, tamas). Rajas, associated with agitation, vitality, and passion, drives individuals toward attachments.
Jains identify four “currents” or “torrents” (ogha) that bind the soul: desire (kāma), existence (bhava), ignorance (avidyā), and wrong views (diṭṭhi). These currents keep a person trapped in confusion, suffering, and the cycle of saṃsāra (rebirth).
However, the tīrthaṅkara, or “ford-maker,” such as Mahāvīra, the 24th tīrthaṅkara and reformer of Jainism, provides a spiritual path. Through their teachings, a Jain practitioner can cross these turbulent currents to achieve spiritual realization and, ultimately, liberation (mokṣa).
In Buddhism, these attachments align with the five hindrances (nīvaraṇa): sensory craving (kāmacchanda), aversion (vyāpāda), the mistaken view of self (sakkāya-diṭṭhi), wrong views (diṭṭhi), and pride (māna). These hindrances cloud the mind and block the path to enlightenment.
This verse draws a parallel between the teachings of the Buddha and Mahāvīra, both guiding followers to transcend passions.
Understanding the “Thirty-Six Currents”:
The “thirty-six currents” symbolize the many ways desires and attachments pull us along, like a river sweeping away someone who can’t swim. They represent the connections between our senses, what we perceive, and our thoughts, leading to misguided actions or beliefs. Here are three simple ways to understand this concept:
1- The Senses and Their Objects: We have six senses (sight, hearing, smell, taste, touch, mind), each drawn to an object (like images, sounds, or thoughts). This creates 12 “currents” (6 senses + 6 objects). Adding the pleasures or thoughts tied to each interaction (like enjoying a beautiful sight) can symbolically lead to 36 currents, showing how our senses captivate us.
2- The Senses, Objects, and Consciousness: When a sense (like the eyes) perceives something (like a flower), it creates a consciousness of that perception (thinking about the flower). Each sense has three aspects: the sense, the object, and the consciousness. With 6 senses, this makes 6 x 3 = 18, but accounting for multiple interactions can symbolically reach 36 currents.
3- Desires and Their Variations: Each sense can trigger desires (like wanting to hear pleasant music). These desires vary in intensity or type, driven by the guna rajas (the energy of passion). For example, the desire to see something beautiful can be mild or obsessive. Combining the desires of each sense and their variations symbolically leads to 36 currents.
In Summary: The “thirty-six currents” describe how our senses, perceptions, and desires trap us in a life of attachments, pulling us away from clarity and spiritual freedom.
This aquatic imagery highlights the inability of an undisciplined mind to resist passions, amplified by the guna rajas. Without the guidance of an enlightened teacher, like a tīrthaṅkara or the Buddha, a person risks being swept toward distorted views of reality and repeated suffering.
Wrong views (duddhiṭṭhi) distort our understanding of the world, others, and events, leading to an illusory existence. For example, some modern ideologies, like “woke” culture or “progressivism,” may reflect wrong views when driven by attachments or biased judgments, resulting in chaotic or counterproductive actions.
Asāre sāramatino sāre cāsāradassino
te sāraṃ nādhigacchanti micchāsaṅkappagocarā.
Those who see value in what is worthless,
and fail to see value in what is precious,
do not find true worth,
for they are guided by wrong thoughts.
(Dhammapada, verse 11)
Alajjitàye lajjanti lajjitàye na lajjare
micchāditthisamàdànà sattà gacchanti duggatim.
Ashamed when there’s no reason for shame,
and shameless when they should feel shame,
those who hold wrong views
fall into suffering and misfortune.
(Dhammapada, verse 316)
Abhaye bhayadassino bhaye cābhayadassino
micchāditthisamàdànà sattà gacchanti duggatim
Fearful when there’s nothing to fear,
and fearless when there’s real danger,
those who hold wrong views
fall into suffering and misfortune.
(Dhammapada, verse 317)
Avajje vajjamatino vajje cāvajjadassino
micchāditthisamàdànà sattà gacchanti duggatim.
Seeing fault where there is none,
and missing fault where it exists,
those who hold wrong views
fall into suffering and misfortune.
(Dhammapada, verse 318)
The verse warns that desire and attachment lead to nihilism, confusion, and suffering, emphasizing the need for vigilance and spiritual guidance to find true happiness.
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