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Certains parlent d'illusion, de Màyà et soutiennent, livres saints à l'appui, que le monde n'est que le reflet du vrai. Mais en réalité l'illusion est dans notre regard: c'est la Conscience qui regarde par les fenêtres des yeux qui est ''malconsciente'': l'illusion est intérieure.

 

Résumé :

 

Comment se fait-il que deux personnes face à une même vision, une même situation ne verront, ne ressentirons pas la même chose. L'une sera heureuse de ce qu'elle voit, de ce qui arrive tandis que l'autre sera, à l'inverse, négativement bouleversé ?

 

Les indiens (des Indes) parlent de l'illusion, de la Màyà et disent que l'illusion c'est le monde tout entier. Ils disent qu'il est une illusion parce qu'il est né et qu'un jour (très très lointain) il sera transformé. Pour eux tout ce qui né meurt et tout ce qui meurt est illusion.

 

En Vérité l'illusion est dans le regard de celui qui la voit. Une pleine, une profonde Conscience verra l'Unité dans le multiple et le monde lui semblera contenir tant de vrai qu'il ne pourra qu'être vrai.

 

 

 

Chacun son monde

 

La vision du monde et de l'existence n'a rien d'objectif. Deux personnes différentes qui regardent, côte à côte, un même paysage verront deux paysages différents, à n'en pas douter. L'un remarquera l'harmonieux arrangement des vignes, avec leurs rangs parallèles, croisant leurs droites en des perpendiculaires différentes d'une parcelle à l'autre, suivant les pentes des coteaux et la fuite des perspectives. L'autre verra la couleur que la lumière donne aux feuilles et le ciel au dessus, allant encore au delà du visible pour rêver à d'autres choses .

 

Chacun sa vision, chacun son monde

 

C'est ainsi : il n'y a pas d'humanité mais une foule d'humains et autant de visions du monde. Pour celui qui aime la grande ville, le soir venu, quand les lumières éclairent, une à une, les fenêtres ''revivantes'', une poésie se dégage et vient bercer son cœur d'une nostalgie qui lui reste de l'enfance disparue. Pour celui qui déteste la ville, cette même scène ne suscitera que frustration et rejet. Ces fenêtres, il les verra comme autant de prisons et il n'entendra que le bruit des moteurs et les klaxons des embouteillages de l'avenue voisine.

 

La conscience derrière la fenêtre

 

Il n'y a pas que la vision des paysages qui varie d'une personne à l'autre, le monde n'est pas fait que de paysages, il y a aussi les êtres, dans le monde et la vision des êtres varie comme celle des paysages, en fonction des yeux qui les regardent...ce n'est pas tant les yeux qui regardent le monde et les êtres, il y a la personne derrière les yeux, la conscience derrière la fenêtre.

 

Cette conscience pose un regard sur le monde et les êtres environnant, comme sur elle même, qui n'est pas objectif. Posez la photographie de quelqu'un sur une table et faites la voir à dix personnes. Demandez leur ce que ce visage suscite comme réflexion chez elles, ce qu'elles pensent de la personne dont ils regardent la photo, vous aurez dix avis différents et combien de contradictions ?

 

"Qui vise la Réalisation soumet le mental et ses sens au Service

Ouvrant sa Conscience au Saint-Nom"

[Bhaktimàrga 2-3-37]

 

Mais ce qu'est vraiment cette personne, dont le visage est sur la photo, ne dépend pas de ce qu'en pensent les dix personnes. Cette personne possède une personnalité plus riche et plus complexe que ce qu'une photo peut laisser voir et elle n'est pas faite d'un seul bloc, bon ou mauvais.

 

L'être pluriel

 

Chaque personne est ainsi faite ; de bric et de broc, de cicatrices plus ou moins bien refermées, d'espoirs en l'avenir, de rêves perdus, de compromis avec la réalité, de rêves secrets et de plein de choses encore...une personne sera gentille avec ses proches et décrite ; par eux, comme un ange, tandis qu'elle sera inamicale avec d'autres qui la considéreront comme méchante.

 

C'est ainsi : si les yeux sont des objectifs, la conscience qui voit le monde à travers ces yeux ne l'est pas et ainsi la vision qu'elle a du monde est déformée par sa subjectivité, sans même qu'elle s'en rende compte, qu'elle le sache. C'est ainsi que naissent des controverses stériles à propos de ce que sont les choses, certains les voyant comme cela, alors que d'autres les voient autrement et chacun de tenir sa vision pour la seule vraie.

 

La Màyà

 

Voilà ce qu'est la Màyà*, l'illusion* : dans la différence qu'il y a entre le monde et la vision du monde. Le monde est ce qu'il est, pas ce que les gens voient. Par exemple aucun lieu n'est meilleur qu'un autre et ceux qui considèrent que la basilique de Vézelay possède une vibration particulière, plus élevée que l'arc de triomphe de Paris se trompent : ni l'arc de triomphe de Paris, ni la basilique de Vézelay n'ont de vibration plus ou moins élevée l'une que l'autre.

 

[l'astérisque* renvoie au lexique]

 

Basilique de Vézelay en Bourgogne

C'est l'état d'esprit du visiteur qui changera en fonction du lieu où il se trouvera. S'il est un ancien combattant républicain et patriote ; il trouvera l'arc de triomphe plus fort en vibration que la basilique, s'il est chrétien, porté au mysticisme et qu'il a lu '' Les étoiles de Compostelle'' de Henri Vincenot, alors il ressentira une vibration très ancienne monter de la roche-mère de la crypte, sous le maître-autel de la basilique de Vézelay.

 

Une auberge espagnole

 

Le monde, les gens et les choses sont comme des auberges espagnoles ; on y trouve ce qu'on y apporte. C'est ça la Màyà, l'illusion. Ce sont les êtres humains qui s'illusionnent et s'auto-illusionnent. Le monde est ce qu'il est, ni bon ni mauvais. Il est parfait. Tout est en symbiose avec tout : les végétaux, les insectes, les animaux...rien ni personne (des êtres vivants autres qu'humains) n'abuse de l'autre et rien n'est inutile. Le seul nuisible au monde et à lui-même, qui en fait partie, c'est bien l'être humain sans conscience.

 

Mais l'être humain ne se trompe pas seulement sur le monde et sur les autres, non : il se trompe aussi à son sujet. Quand l'homme s'illusionne sur lui même en se prêtant des capacités, des qualités qu'il n'a pas et qu'il n'en souffre pas, alors c'est un moindre mal ; pour lui, mais quand il se trompe sur lui-même en sa défaveur, à cause d'une mésestime de soi, alors c'est plus dommageable, car le monde des hommes ne laisse pas de place aux faibles, seuls les forts, les winers ont le droit à une place au soleil, tant le prix du foncier est élevé...Mao disait '' Le pouvoir est au bout du fusil ", maintenant on peut dire qu'il est à ceux qui possèdent l'argent et l'argent peut acheter des fusils. Ceux qui ont moins d'argent, ceux qui n'en ont pas sont peu de choses.

 

Connais toi toi même

 

Celui qui voit par nos yeux, qui entend par nos oreilles et parle par notre voix c'est qui ? ''Gnothi seauton'' ou ''Connais-toi toi-même'', comme disait Platon dans le "Charmide''...mais se connaître soi-même est si compliqué ! Il faut tant de temps, toute une vie pour démêler l'écheveau de notre ''soi'' en morceaux.

 

Simplifier

 

Alors il s'agit de simplifier, pour simplifier : d'élaguer et qu'est-ce qui mérite de l'être ? Élagué...sans doute tout ce qui n'est pas vraiment soi-même, tout ce qui a été rajouté, aggloméré, identifié à soi-même depuis notre tendre enfance. Mais on peut faire l'économie d'une psychanalyse.

 

Il y a quelque chose, en nous, qui est là depuis notre naissance et qui sera là toute notre existence et ce ''quelque-chose'' est notre vrai ''soi''. Mais comment peut-on faire la part des choses entre ce qui est notre vrai ''soi'' et les apports de l'existence ? On ne le peut pas : il faut, pour nous aider, le regard extérieur de quelqu'un qui a déjà fait ce travail pour lui-même. Comme on s'adresse à un psy, on peut s'adresser à un guide* spirituel, un vrai, pour qu'il nous guide, sans nous dominer, vers ce profond ''soi'' qu'il connaît pour lui-même et se situe au même ''endroit'' pour tous, avec le même chemin pour y arriver ; un chemin qui mène à l'intérieur.

 

Alors, quand on parcourt ce chemin et que l'on trouve la constante de notre existence, qui est en même temps le dénominateur commun de toute vie sur terre, on se connaît soi-même comme on connaît l'essence de tout et on devient capable de regarder et de voir tout autours avec une juste-vue, une vue objective dégagée des voiles enténébrés de l'illusion.

 

Pour faire ce chemin il s'agit d'aller au fond de soi, à la rencontre de cette constante de notre vie, de ce dénominateur commun. C'est le propos de la pratique de la Méditation* et de l'Agya* de la voie, son but.

 

Satsang en relation:

-Choisir entre Màyà et réalité

-Voir de son point de vue

-La Màyà est une illusion

 

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Tag(s) : #màyà, #illusion, #confusion, #conscience, #yogaoriginel, #lavoie

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