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Celui qui se tait connaît l'harmonie. L'impermanence est la règle pour l'Homme et pour toute la Création. Si l'Homme fréquente assidûment l'harmonie de l'Unité, il s'identifiera à l’harmonie de l'Unité. Si l'Homme ne vit que pour les plaisirs et les possessions, il connaîtra la souffrance, fruit de ses fautes.

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« Celui qui se tait connaît l'harmonie. Un vent rapide ne dure pas ; une pluie violente ne dure pas. Qui est-ce qui produit ces deux choses ? Le ciel et la terre. Si le ciel et la terre ne font rien d'éternel, comment l'homme le pourrait-il ?

 

Si l'homme pratique assidûment le tao, il s'identifie au Tao ; s'il vit pour posséder, il connaîtra les plaisirs ; s'il se livre aux excès, il sera en butte au malheur. Celui qui s'identifie au Tao gagne le Tao ; celui qui s'identifie à ses possessions gagne ces possessions ; celui qui s'identifie à ses excès gagne les fruits de ses fautes. C'est pourquoi l'action comme l'inaction traduisent l'invisible harmonie. La foi doit être totale ou ne pas être. » (Lao-Tseu, Tao-Te-King 1.23)

 

 

Résumé de cette phrase

 

 

« Celui qui se tait connaît l'harmonie. L'impermanence est la règle pour l'Homme et pour toute la Création. Si l'Homme fréquente assidûment l'harmonie de l'Unité, il s'identifiera à l’harmonie de l'Unité. Si l'Homme ne vit que pour les plaisirs et les possessions, il connaîtra la souffrance, fruit de ses fautes. Celui qui s'identifie à l'harmonie de l'Unité gagne l'harmonie, celui qui s'identifie à ses possessions gagne ces possessions. L'action comme l'inaction sont harmonie, mettez toute votre confiance en elle. »

 

 

Explications

 

 

L'harmonie essentielle

 

 

« Celui qui se tait connaît l'harmonie. »

 

L'harmonie essentielle du Tao (ou Unité) est, elle n'a pas connu de commencement et ne connaîtra pas de fin, que l'Homme soit dans le silence ou le boucan. En parlant de la pluie et du vent rapides, Lao-Tseu met l'accent sur le fait que ce qui est vite fait ne produit rien de profond.

 

L'enjeu de se taire, de taire ses pensées ou de ne pas les écouter (par la méditation-profonde), est de connaître l'harmonie essentielle. Quand j'écris « connaître », je veux dire « bibliquement ». L'expression « connaître bibliquement » veut dire intimement, charnellement, elle est, d'habitude, utilisée pour dire que deux personnes ont des relations sexuelles.

 

Pour connaître intimement, par tout son être, le corps, l'intelligence et l'âme, l'harmonie essentielle de l'Unité, on ne peut faire l'économie du silence. Ce silence est autant celui résultant de l'absence de bruits et du fait de se taire, que celui de l'esprit, quand, par la méditation-profonde et le non-agir, on maîtrise son mental, ses émotions. Dans un autre livre, la Bhagavad-Gîtâ, il est dit : « Dans les choses secrètes, l'Unité est le silence » (extrait du verset 36, chapitre 10) et dans le yogasûtra (de Patanjali), il est dit : « Pour celui qui est bien installé dans la non-possession, le joyau est pleinement présent. » (aphorisme 37, livre deux)

 

 

L'impermanence

 

 

« Un vent rapide ne dure pas ; une pluie violente ne dure pas. Qui est-ce qui produit ces deux choses ? Le ciel et la terre. Si le ciel et la terre ne font rien d'éternel, comment l'homme le pourrait-il ? »

 

Ici, le maître-éveillé Lao-Tseu, nous redit que rien ne dure, ni les choses ni les êtres. Ce rappel met l'accent sur la nécessité de mettre à profit ce temps de l'incarnation pour préparer l'après, ce qui est la raison d'être même de l'existence. On ne vit pas pour avoir un métier, une famille, une maison. Toutes ces choses sont nécessaires et l'amour partagé avec d'autres êtres est une bénédiction, mais notre existence a un but premier qui concerne l'après incarnation. C'est le propos de toute spiritualité authentique.

 

Dans un autre livre, il est dit : « Éphémères, les joies et les peines, comme les étés et les hivers qui vont et viennent. Elles ne sont dues qu’à la rencontre des sens avec la matière et il te faut apprendre à ne pas en être affecté. Celui que n’affectent ni les joies ni les peines, qui en toutes circonstances demeure serein et résolu, celui-là connaîtra le Royaume (L'Unité ou Tao). Après avoir compris la nature des joies et des peines, les premie (amoureux de Dieu) ont conclu à l’éternité de la vérité et à l’impermanence de l’illusion. » (Bhagavad-Gîtâ 2:14 à 16, « Le chant du bienheureux » 1:2)

 

Ailleurs, il est dit : « Cette connaissance (non-apprise), née de la juste-vue, transcende tout, elle est au-delà des choses, des êtres, de l'espace et du temps. » (Yogasûtra, aphorisme 54, livre trois)

 

 

Satçitananda

 

 

« Si l'homme pratique assidûment le tao, il s'identifie au Tao. » 

 

Dans cette phrase, le mot « Tao » est écrit deux fois, une fois avec un « t » minuscule, l'autre fois avec un « T » majuscule. Le mot « Tao » désigne deux choses différentes : « La Voie », la sadhana, l'ensemble des pratiques, le chemin qui mène à l'Unité (ou Dieu) et cette Unité. Quand ce mot parle du chemin, de la pratique, de la sadhana, je l'écris avec un « t » minuscule et avec une majuscule, quand il parle de l'Unité, de Dieu.

 

Cette phrase veut donc dire que la pratique assidue de la sadhana (mot signifiant « ce qu'il faut faire ») permet de s'identifier à l'Unité, au Royaume, comme disait Jésus, ou béatitude. S'identifier à la béatitude se dit, en sanskrit : satçitananda.

 

Dans le Yogasûtra, il est écrit : « La Libération est atteinte quand il y a identité de pureté entre la conscience individuelle et le principe Divin. » (aphorisme 55, livre trois).

 

Ou encore : « Comme le pur cristal prend la couleur des objets placés près de lui, le pratiquant, libre des fluctuations du mental, sort de la confusion et atteint la parfaite conscience de la béatitude, absorbé dans l'Unité. » (Yogasûtra, aphorisme 41, livre premier)

 

La Bhagavad-Gîtâ dit : « Libère-toi de ta nature primaire, de tes désirs et reste dans la pleine conscience de L'Unité. » (2:45 et, pour « Le chant du bienheureux », extrait de 1:9) Elle dit encore : « Absorbé dans le service, le premie a son refuge dans L'Unité et, renonçant en ce monde, aux fruits de ses actes, il s’affranchit du cycle des morts et des renaissances, libre de toute souffrance. » (2:51 et, pour « Le chant du bienheureux », extrait de 1:11)

 

 

Le fruit des actes

 

 

« Si l'Homme vit pour posséder, il connaîtra les plaisirs ; s'il se livre aux excès, il sera en butte au malheur. Celui qui s'identifie au Tao gagne le Tao ; celui qui s'identifie à ses possessions gagne ces possessions ; celui qui s'identifie à ses excès gagne les fruits de ses fautes. »

 

Ici Lao-Tseu nous dit que l'on a toujours ce que l'on mérite et qui si l'on vit pour posséder, on gagne des possessions et que si l'on vit pour la conscience de la béatitude, on gagne la conscience de la béatitude. Le maître, à la fin de cette phrase, utilise l'expression : « Les fruits de ses fautes », il aurait pu dire « les fruits de ses actes ». Ici, il s'agit du karma, cette loi de l'action-réaction : « Toute pensée, parole, acte, entraîne une réaction, en retour, d'égale qualité et intensité ».

 

Lao-Tseu, dans le Tao-Te-King, propose de se libérer du karma par ce qu'il nomme le « non-agir ». Sur La Voie, aujourd'hui, on parle, pour dire « non-agir » du service. Le service est un des quatre piliers de la sadhana, de La Voie (ou agya). La Bhagavad-Gîtâ parle aussi du service, elle dit : « service de dévotion » et « abandon du fruit de ses actes ».

 

« Deux sortes d'hommes réalisent la vérité absolue. Certains l'approchent au moyen de la pratique, ou de la réflexion philosophique, d'autres en agissant dans le service. Ce n'est pas simplement en s'abstenant d'agir que l'on peut se libérer du fruit de nos actes ; le détachement seul ne suffit pas pour atteindre l'Unité parfaite. » (Bhagavad-Gîtâ 3:3 à 6, « Le chant du bienheureux » 2:1)

 

 

La foi

 

 

« C'est pourquoi l'action comme l'inaction traduisent l'invisible harmonie. La foi doit être totale ou ne pas être. »

 

Dans le résumé de la phrase, j'ai traduit cette fin par : « L'action comme l'inaction sont harmonie, mettez toute votre confiance en elle. » Je n'ai pas grand-chose à rajouter. Le mot « foi », en spiritualité (différente de la religion) ne veut pas dire « croyance » ni « crédulité » mais « confiance ». Avoir foi en quelqu'un, c'est lui faire confiance. Pour aller sur une voie spirituelle, s'y engager (corps et âme) il faut avoir foi en cette pratique. C'est comme pour tout ; les résultats n’apparaissent pas forcément tous tout de suite, seule la persévérance produit des fruits et la confiance est un des moteurs de la persévérance. On ne peut pas être un peu confiant ; on est confiant ou on ne l'est pas.

 

 

 

 

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Tag(s) : #Tao, #taoteking, #laotseu, #harmonie, #spiritualité, #bonheur, #lavoie

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