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Les connaissances apprises n'apportent pas la paix. Petite est la différence entre les sentiments humains, mais grande est celle entre le bien et le mal. Reste calme, étranger au tumulte des Hommes, à leurs peurs, aux plaisirs. Moi je reste comme un nouveau-né, le regard tourné vers le dedans, détaché de tout.

 

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« Renoncez aux vaines études et vous serez en paix. Combien est petite la différence entre un oui empressé et un oui insincère ! Mais combien est grande la différence entre le bien et le mal !

 

La peur qui est dans le cœur des autres ne doit pas effleurer le tien. Les Hommes sont excités et courent sans cesse après les plaisirs. Ils désirent avidement la chair du bœuf, pour satisfaire leur gourmandise, au printemps, ils montent sur une tour élevée pour contenter leurs yeux.

 

Mais moi (Lao-Tseu) je reste calme : étranger au tumulte comme le nouveau né, le regard tourné vers le dedans. Je suis dans le vrai détachement; comme sans but ni logis. Les hommes de la multitude ont amassé tant de biens. Je suis comme celui qui a tout perdu. Je suis comme un ignorant sans connaissances savantes.

 

Les hommes du monde sont brillants et je reste dans l'ombre. Les hommes ont de l'esprit ; je parais ignorant. Je suis insondable comme l'océan ; je flotte comme une feuille emportée. Les hommes paraissent capables, on me dirait incapable. Je diffère des autres hommes parce que je bois à la source du Tao. » (Lao-Tseu, Tao-Te-King 1.20)

 

 

Résumé de cette phrase

 

 

« Les connaissances apprises n'apportent pas la paix. Petite est la différence entre les sentiments humains, mais grande est celle entre le bien et le mal. Reste calme, étranger au tumulte des Hommes, à leurs peurs, aux plaisirs. Moi je reste comme un nouveau-né, le regard tourné vers le dedans, détaché de tout. Les Hommes amassent les biens, je suis comme un ignorant qui a tout perdu. Les Hommes cherchent à briller, je reste dans l'ombre, insondable et flottant comme feuille dans le vent. Je ne suis pas comme tout le monde parce que je bois à la source du Tao. »

 

 

Explications

 

Les connaissances vaines

 

 

« Renoncez aux vaines études et vous serez en paix. Combien est petite la différence entre un oui empressé et un oui insincère ! Mais combien est grande la différence entre le bien et le mal ! »

 

Ici, Lao-Tseu commence comme la phrase précédente (1-19) : « « Renoncez aux savoirs vains et à la morale, vous vous en trouverez cent fois mieux ! » Tout au long du Tao-Te-King, le maître n'a eu de cesse de mettre en garde ses disciples (Le Tao-Te-King leur était destiné), à propos des connaissances-apprises (Apara, en Inde), ou les « vaines études ».

 

« Avec peu de connaissances on gagne la paix du Tao ; avec beaucoup de savoirs on s'égare dans la confusion. » (Lao-Tseu, extrait de Tao-Te-King 1.22). Autre part il dit encore : « Les connaissances apprises et l'intelligence ne sont pour le Tao que des fleurs sans parfum. Elles sont souvent source d'erreurs. C'est pourquoi le sage puise au puits du Tao sans s'arrêter aux apparences. Il contemple le fruit plutôt que la fleur. Il ignore l'une et cueille l'autre. » (Lao-Tseu, extrait de Tao-Te-King 2.38).

 

Des exemples de cette méfiance du maître, vis-à-vis des connaissances théoriques, intellectuelles, dans le cadre de la spiritualité, il y en a tout au long du livre, comme : « Il (le prince sage) travaille, exempt de désirs, à garder le peuple dans sa pureté originelle, loin des connaissances vaines. Il fait en sorte que les savants se méfient de leurs savoirs et n'osent plus agir en les prenant pour guide de conduite. » (Lao-Tseu, extrait de Tao-Te-King 1.3).

 

Il n'y a pas que Lao-Tseu, pour s'être ainsi méfié du mental et de ses œuvres (dans le cadre de la spiritualité). D'autres maîtres éveillés ont enseigné cette même défiance à leurs disciples, comme, par exemple, celui que les Aryens surnommaient Krishna (le sombre, à cause qu'il avait la peau mate), et dont on ne connaît pas le vrai nom. Dans la Bhagavad-Gîtâ il a dit : « Quand ta conscience ne se laissera plus distraire par les connaissances vaines des livres saints, quand elle sera entièrement tournée vers la Réalisation spirituelle, alors tu seras et resteras dans L'Unité. » (Bhagavad-Gîtâ, 2.53 ou « Le chant du bienheureux, extrait de 1.11).

 

Cet enseignement de Krishna est étrangement similaire à celui de Lao-Tseu et pourtant l'Un était Chinois et vivait au milieu du sixième siècle avant notre ère, tandis que l'autre était Indien et on ne connaît ni son nom, ni l'époque où il vivait. La première mention de Krishna se trouve dans le Rig-Veda, composé entre 1500 et 900 avant notre ère. En fait, l'enseignement de Lao-Tseu, le Chinois, ne ressemble pas à celui de « Krishna », l'Indien sombre de peau, c'est le même ! Lao-Tseu a été initié en Inde, durant son voyage mystérieux, en direction du sud-ouest de la Chine (aux frontières du Pakistan actuel, le Cachemire).

 

Krishna n'était pas hindouiste, pas plus qu'un avatar de Vishnou. Ce sont les hindouistes qui ont récupéré son enseignement, en insérant son livre, « Le chant du bienheureux», ou Bhagavad-Gîtâ, dans un livre existant, le Mahâbhârata, épopée mythique des hindouistes. En même temps ils ont déifié le personnage de « Krishna » et associé à Arjuna, un personnage connu, appartenant à la famille des Bhàrata. C'est ainsi qu'en remaniant un peu le texte original du maître-éveillé, que les Aryens ont surnommé « le noir », à cause de la couleur de sa peau, en ajoutant deux chapitres, le premier et le onzième, les hindouistes de l'époque, ont fait entrer, artificiellement, l'enseignement de ce maître-éveillé, resté inconnu, dans leur religion, en le faisant participer à la guerre des Bhàrata.

 

Lao-Tseu, « Krishna », Gautama (bouddha), guru Nanak, Patanjali, par exemple, étaient tous des disciples de la même voie spirituelle, il n'est donc pas étonnant que leurs enseignements se ressemblent terriblement ! Pour continuer, à propos de la défiance de ces maîtres vis-à-vis des connaissances théoriques (apara), je vous propose une autre citation des paroles de Krishna : « Supérieur au détachement de ses biens matériels est celui de ses connaissances, car en dernier lieu le Service trouve sa justification dans La Connaissance-absolue. » (Bhagavad-Gîtâ, 4.33 ou « Le chant du bienheureux, extrait de 3.11).

 

Sur La Voie, qui est la spiritualité commune de tous ces maîtres, cette différence entre la Connaissance (para) et les connaissances-apprises, (apara), est essentielle, comme la notion de « non-agir » ou « service ». Cette citation de Krishna vous le montrera : « Je vais te révéler la sagesse la plus secrète, par quoi tu sera affranchi des souffrances de l'existence matérielle. Cette Connaissance est reine parmi les connaissances, elle est le secret d'entre les secrets, la Connaissance la plus pure, et parce qu'elle nous fait directement réaliser notre identité véritable, elle représente la perfection de la vie spirituelle. Elle est impérissable et d'application joyeuse. » (Bhagavad-Gîtâ, 9.1 et 2 ou « Le chant du bienheureux, 8.1).

 

Donc, le maître dit à ses disciples de renoncer aux vaines études. Il ne parlait pas des sciences, de l'agronomie, de la poésie, etc. Il parlait des connaissances spirituelles théoriques, celles tirées des livres considérés comme sacrés. Aucun livre dit sacré n'enseigne la spiritualité de La Voie : seule une initiation (la Révélation) par un maître vivant peut apporter " la Connaissance la plus pure " dont parle Krishna dans les versets 1 et 2 du chapitre 9 de la bhagavad-Gîtâ (8.1 du Chant du bienheureux).

 

Il dit que de renoncer à ces vaines études apportera la paix aux disciples, mais de renoncer aux vaines études (spirituelles) ne suffit pas à apporter la paix ! Encore faut-il pratiquer la Connaissance non-apprise, révélée ! Le maître, Krishna, dit aussi que le bien et le mal existent et que ce qui les sépare est bien plus grand que ce qui sépare les sentiments, les concepts humains.

 

 

Le vrai détachement

 

 

« La peur qui est dans le cœur des autres ne doit pas effleurer le tien. Les Hommes sont excités et courent sans cesse après les plaisirs. Ils désirent avidement la chair du bœuf pour satisfaire leur gourmandise, au printemps, ils montent sur une tour élevée pour contenter leurs yeux. Mais moi (Lao-Tseu) je reste calme : étranger au tumulte comme le nouveau-né, le regard tourné vers le dedans. Je suis dans le vrai détachement ; comme sans but ni logis. Les hommes de la multitude ont amassé tant de biens. Je suis comme celui qui a tout perdu. Je suis comme un ignorant sans connaissances savantes. »

 

Ici, Lao-Tseu enseigne à ses disciples le détachement, la maîtrise du mental et du corps. Dans le Yogasûtra, de Patanjali, ce détachement est le résultat de la maîtrise du mental (samyama). Cette maîtrise comprend les trois derniers membres, ou angas, de la méditation-profonde, dharana, dhyàna et samadhi. Il est à noter que la méditation, même profonde, n'est pas toute La Voie. La Voie repose sur quatre piliers qui soutiennent sa sadhana (pratique). Même dans cette phase mystique de l'Observance (de la sadhana), le détachement des connaissances vaines est recommandé.

 

Cette partie de la phrase vingt, du livre premier, dit que lui (Lao-Tseu) est comme un bébé, un nouveau-né, ayant son regard tourné vers le dedans. Jésus a enseigné que pour entrer au Royaume (Tao, satçitananda) , il fallait ressembler aux petits enfants. Il a dit aussi qu'il fallait, pour ça, laisser mourir (en esprit) le vieil Homme, qui nous avions cru être, pour renaître (en esprit). Quelqu'un qui renaît en esprit est comme un nouveau-né ! Faites attention à cette partie de la phrase : « ...comme le nouveau-né, le regard tourné vers le dedans. » Comment fait-on pour tourner le regard vers le dedans ? Un des trois singes de la sagesse, celui qui se cache les yeux, le dit : en fermant ses yeux du dehors et en regardant au dedans. C'est une des quatre techniques de méditation de La Voie, celle dite « de la lumière ».

 

 

La source du Tao

 

 

« Les hommes du monde sont brillants et je reste dans l'ombre. Les hommes ont de l'esprit ; je parais ignorant. Je suis insondable comme l'océan ; je flotte comme une feuille emportée. Les hommes paraissent capables, on me dirait incapable. Je diffère des autres hommes parce que je bois à la source du Tao. »

 

Ici Lao-Tseu rappelle, à ses disciples, l'importance de l'humilité, de la discrétion et de la pratique assidue de la sadhana : boire à la source du Tao c'est tourner sa conscience vers le dedans de soi. Jésus l'a dit aussi, que le Royaume était en dedans de soi (comme au dehors) : « Si ceux qui vous guident vous disent : '‘ Voici, le Royaume est dans le ciel ’', alors les oiseaux du ciel vous précéderont ; s’ils vous disent qu’il est dans la mer, alors les poissons vous précéderont. Mais le Royaume est à l’intérieur de vous, et il est à l’extérieur de vous. » (Évangile selon Thomas extrait de logion 3).

 

Boire à la source du Tao, de l'Unité c'est méditer, pratiquer le Saint-Nom dans le service, bref : observer les quatre piliers de la sadhana. Lao-Tseu a parlé de cette « source du Tao », cette source-intérieure, ailleurs dans le Tao-Te-King, par exemple ici : « Si tu te laisses ballotter de-ci de-là, tu perds le contact avec la source. Si tu laisses l’agitation te gouverner, tu perds le contact avec celui que tu es vraiment. » (Lao-Tseu, Tao-Te-King, extrait de 1.26).

 

Cette source, nous lui avons donné un nom, sur La Voie, c'est le « Saint-Nom », ou « Verbe ». Lao-Tseu parle de « vertu du Tao ». Dans la Bhagavad-Gîtâ, on en parle : « Cet univers est tout entier pénétré du Saint-Nom. Tous les êtres sont en Lui, mais Lui n'est pas entièrement en eux . Vois sa puissance ; il soutient tous les êtres, il est partout présent, source même de toute la création. » (Bhagavad-Gîtâ, 9.4 et 5 ou « Le chant du bienheureux, 8.3).

 

 

 

 

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Tag(s) : #Tao, #Taoteking, #Laotseu, #lavoie, #spiritualité, #méditation, #bonheur

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