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Vous serez mieux sans la vanité des savoirs et de la morale. Mettez les vertus familiales au dessus des lois et de la justice humaine. Renoncez au luxe, au profit et les voleurs disparaîtront et soyez sûr de la vanité des apparences, c'est le vrai détachement. Soyez simples, fidèle à vous-même. Si vous rejetez le faux-ego et les désirs, La Voie s'ouvrira.

 

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« Renoncez aux savoirs vains et à la morale, vous vous en trouverez cent fois mieux ! Abandonnez les lois et la justice humaines et les vertus familiales reviendront. Si vous renoncez au luxe et au profit, les voleurs et les brigands disparaîtront. Renoncez à toutes ces choses et soignez sûr de la vanité des apparences. C'est ce que je vous enseigne ; le vrai détachement. Soyez simples, demeurez fidèles à vous-mêmes. Rejetez l'égoïsme et les désirs. La Voie s'ouvrira devant vous. » (Lao-Tseu, Tao-Te-King 1.19)

 

 

Résumé de cette phrase

 

 

« Vous serez mieux sans la vanité des savoirs et de la morale. Mettez les vertus familiales au dessus des lois et de la justice humaine. Renoncez au luxe, au profit et les voleurs disparaîtront et soyez sûr de la vanité des apparences, c'est le vrai détachement. Soyez simples, fidèle à vous-même. Si vous rejetez le faux-ego et les désirs, La Voie s'ouvrira. »

 

 

Explications

 

 

Savoirs, lois et justice

 

 

« Renoncez aux savoirs vains et à la morale, vous vous en trouverez cent fois mieux ! Abandonnez les lois et la justice humaines et les vertus familiales reviendront. »

 

C'est là que la contextualisation est importante. Du vivant de Lao-Tseu, la Chine vivait une longue période de troubles politiques. La dynastie Zhou, qui régnait depuis le premier millénaire avant J.C, s'était considérablement réduite et la Chine était éclatée en une myriade de petits états indépendants qui se faisaient la guerre.

 

Dans ce cadre, il n'est pas étonnant que Lao-Tseu ait conseillé d'abandonner les lois et la justice humaine, surtout qu'elles devaient être, pour la plupart, iniques. Aujourd'hui, certains prônent de privilégier les lois de la religion plutôt que celles de la république et ce n'est pas le même contexte. Les vertus familiales étaient mises en avant, parce que la famille était la seule entité où se réfugier en ces temps. On comptait plus d'une cinquantaine de vertus familiales, leur énumération exhaustive serait trop longue ici, je vous en propose quelques unes : détachement, amour, fidélité, compassion, confiance, discipline, douceur, détermination, humilité, modération, obéissance, respect, tolérance, etc.

 

Il n'est donc pas étonnant que Lao-Tseu, ait, à son époque, prôné les vertus familiales plutôt que les lois et la justice des Hommes. Aujourd'hui c'est différent : dans l'agya de La Voie, plus précisément dans un de ses quatre piliers, les angas, il est recommandé fortement de respecter les lois du pays où l'on vit.

 

Pour ce qui est de : « Renoncez aux savoirs vains et à la morale... », c'est toujours d'actualité : les savoirs (ou connaissances) appris sont considérés comme vains, spirituellement, puisque La Voie (ou tao), est basée sur une connaissance non-apprise, une connaissance révélée, directe, intime du Tout (Tao) ou Dieu à travers la pratique, l'Observance de la sadhana (les quatre piliers). Lao-Tseu a plusieurs fois parlé de ça : « Avec peu de connaissances on gagne la paix du Tao ; avec beaucoup de savoirs on s'égare dans la confusion. » (Lao-Tseu, Tao-Te-King, extrait de 1.22). Il a aussi dit : « Celui qui étudie sans cesse pour augmenter son savoir voit grandir sa vanité. » (Lao-Tseu, Tao-Te-King, extrait de 2.48). Le dernier exemple que je vous donne est : « Je suis comme celui qui a tout perdu. Je suis comme un ignorant sans connaissances savantes. » (Lao-Tseu, Tao-Te-King, extrait de 1.20).

 

Il n'y a pas que Lao-Tseu, qui considérait les connaissances comme vaines. Il faut préciser que l'on parle à propos de la spiritualité, pas des mathématiques, de la physique, de l'astronomie, de l'agronomie, de la médecine, etc. Un autre « maître-parfait », ou éveillé, celui que les Aryens surnommaient « Krishna », a parlé de ça aussi, par exemple : « Quand ta conscience ne se laissera plus distraire par les connaissances vaines des livres saints, quand elle sera entièrement tournée vers la Réalisation spirituelle, alors tu seras et resteras dans L'Unité. » (Bhagavad-Gîtâ, 2.53 et « Le chant du bienheureux », extrait de 1.11).

 

Un deuxième, et dernier, exemple de ce que « Krishna », disait à propos de la connaissance et des connaissances (vaines) : « Celui qui, libre de tout lien, ne se réjouit pas plus dans le bonheur qu’il ne s’afflige dans le malheur, celui-là est fermement établi dans la connaissance. Celui qui peut détacher ses sens des objets du désir, celui-là possède la vraie connaissance. » (Bhagavad-Gîtâ, 2.57 et 58 et « Le chant du bienheureux », extrait de 1.13). Vous voyez bien que ce maître-parfait faisait le distinguo entre les connaissances-apprises, vaines, celles des livres saints et la connaissance révélée ou vraie connaissance.

 

 

Le vrai détachement

 

 

« Si vous renoncez au luxe et au profit, les voleurs et les brigands disparaîtront. Renoncez à toutes ces choses et soignez sûr de la vanité des apparences. C'est ce que je vous enseigne ; le vrai détachement. »

 

Ce que je retiens de cette partie de la phrase 19, c'est la notion de détachement mais pas n'importe quel détachement : le vrai détachement. Jeter son argent, sa voiture, sa maison, ses meubles n'est pas du détachement. Le vrai détachement n'est pas d'abandonner les choses ou les gens, mais c'est de s'attacher à ce qui est libérateur. En s'attachent au Tao, l'âme se libère... Elle se libère du faux soi, elle se libère du multiple (ou dualité), elle se libère de l'ignorance (ou nescience) par la vraie connaissance.

 

« Krishna » a parlé aussi du détachement, par exemple : « Celui qui connaît la nature de la Vérité Absolue ne se préoccupe pas des sens et de leurs plaisirs, car il sait la différence entre l'acte intéressé et l'acte fait dans le détachement et la dédication. » (Bhagavad-Gîtâ, 3.28 et « Le chant du bienheureux », extrait de 2.6). La citation suivante est très éclairante, car elle parle, en même temps, du détachement et de la connaissance (vraie) : « Supérieur au détachement de ses biens matériels est celui de ses connaissances, car en dernier lieu le service trouve sa justification dans La connaissance absolue. » (Bhagavad-Gîtâ, 4.33 et « Le chant du bienheureux », extrait de 3.11)

 

 

Simplicité, désirs

 

 

« Soyez simples, demeurez fidèles à vous-mêmes. Rejetez l'égoïsme et les désirs. La Voie s'ouvrira devant vous. »

 

Ce que je retiens de cette partie, et fin, de la phrase c'est la simplicité et le rejet des désirs. Ces deux vertus sont purement spirituelles, les deux autres, fidélité à soi-même et générosité, sont plutôt de ces vertus familiales, très en vogue chez les sages de l'époque de Lao-Tseu, contemporain de Confucius.

 

On peut tout à fait être égoïste et atteindre la Libération (des chaînes du samsara), la réalisation spirituelle, l'Unité avec le Tao. La fidélité avec soi-même... Lequel ? Le vrai ou le faux ? Sûrement le vrai, selon Lao-Tseu, mais difficile d'être fidèle à son vrai-soi, sans le connaître ! Il faut déjà avoir atteint une certaine élévation de conscience pour faire la part des choses entre le vrai et le faux soi.

 

« Krishna » a parlé des qualités spirituelles, dont la simplicité et le rejet des désirs (détachement), dans ce verset : « Absence de crainte, purification de l'existence, développement de la connaissance, maîtrise de soi, dédication, tempérance et simplicité, non-violence, véracité, absence de colère, détachement, sérénité, compassion, absence de convoitise, douceur, modestie et ferme détermination, vigueur, pardon, force morale, pureté, absence d'envie des honneurs, telles sont les qualités spirituelles sur La Voie de la Libération. » (Bhagavad-Gîtâ, 16.1 à 3 et « Le chant du bienheureux », 14.1 à 3).

 

« Krishna », à ce propos, a ajouté ceci : « Respecter La Voie, le maître spirituel, et tous ceux qui sont au-dessus de nous, tels le père et la mère; observer la pureté, la simplicité, la tempérance et la non-violence, telles sont les règles à suivre pour le corps. » (Bhagavad-Gîtâ, 17.14 et « Le chant du bienheureux », 15.12). (Là il est question des angas de La Voie, quatrième pilier de sa sadhana)

 

Pour ce qui est de Lao-Tseu, puisqu'il s'agit de lui, il a dit : « Celui qui connaît sa gloire et reste dans le monde, parmi les hommes est aussi digne de servir de modèle. S'il est digne des servir de modèle, la vertu constante lui fera atteindre la simplicité parfaite. » (Tao-Te-King, extrait de 1.28).

 

Pour ce qui est de rejeter les désirs, qui est le détachement, il ne s'agit pas de rejeter les plaisirs. Les désirs sont à rejeter parce qu'ils n'ont pas de fin. Le désir ne cesse pas avec la satisfaction, il revient pour d'autres choses et encore d'autres choses, toujours. Ce qu'il s'agit de satisfaire, ce n'est pas ses désirs mais ses besoins. On peut prendre du plaisir en satisfaisant à ses besoins !

 

Lao-Tseu a dit, à propos du désir : « Le Tao ne doit pas être l'objet du désir, il demande une grande soif. L'absence de désirs procure la paix. Alors l'empire sur soi s'améliore de lui-même. » (Tao-Te-King, extrait de 1.37). Il a dit aussi : « Celui qui a de grands désirs devra consentir aux plus grands sacrifices. Plus vous possédez et plus vous avez à perdre. Celui qui n'a que peu de désirs est à l'abri du déshonneur. » (Tao-Te-King, extrait de 2.44).

 

Des exemples de ce que Lao-Tseu a dit, à propos du désir, il y en a plein dans le Tao-Te-King, vous pouvez le lire en cliquant sur les liens du Tao-Te-King, ils vous mèneront au blog où le Tao-Te-King est à votre disposition, pour la lecture en ligne, ou le téléchargement du PDF. Comme dernier exemple, de ce que Lao-Tseu, a dit, sur le désir, je vous propose : « Il n'y a pas de plus grande erreur que d'écouter ses désirs. » (Tao-Te-King, extrait de 2.46).

 

« Krishna » a aussi mis en garde contre les désirs : « L’homme peu averti s’attache au langage fleuri des livres saints et savants qui enseignent diverses pratiques pour atteindre les délices de paradis théoriques, pour renaître en des incarnations plus favorables et y gagner la puissance et d’autres bienfaits. Enflammé de désir pour les joies d’une vie opulente, il est aveugle à la Vérité. » (Bhagavad-Gîtâ, 2.42 à 43 et « Le chant du bienheureux », 1.8).

 

Il a dit aussi : « Libère-toi de ta nature primaire, de tes désirs et reste dans la pleine conscience de L'Unité» (Bhagavad-Gîtâ, 2.45 et « Le chant du bienheureux », 1.9). Pour finir, un dernier exemple : « Quand un homme s'affranchit des désirs, quand il trouve la satisfaction dans L'Unité, c'est qu'il connaît sa véritable nature. » (Bhagavad-Gîtâ, 2.55 et « Le chant du bienheureux », extrait de 1.12).

 

 

 

 

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Tag(s) : #Taoteking, #Tao, #Laotseu, #détachement, #connaissance, #spiritualité, #lavoie

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