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Un Homme qui laisserait ses émotions guider sa vie serait dans l'illusion. Je crois, sans en être absolument sûr, qu'aujourd'hui beaucoup de gens sont guidés par leurs émotions, ainsi certains tuent d'autres gens à cause des émotions. Les émotions ne peuvent pas guider notre vie, nos actes.

 

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L'être-humain agit souvent mû par ces trois facteurs intérieurs, L'émotion, la raison et la conscience. Chacun d'entre eux vient de quelque part et produit des réactions différentes aux événements. Je tiens à vous rappeler que je parle toujours du point de vue spirituel, comme la pratique de La Voie me fait considérer la spiritualité.

 

 

L'émotion

 

 

L'émotion a sa source dans le psychisme et le corps de l'individu. C'est une expérience intense et brève où la psychologie, la biochimie et les stimuli ont un rôle. Il existe plusieurs sortes d'émotions, certaines sont instinctives, primaires, d'autres cognitives. Selon la typologie de l'émotion, son origine, en l'Homme, sera différente. Pour les unes, le système limbique sera à la manœuvre, pour les autres, ce sera le cortex pré frontal, siège des fonctions cognitives (acquisition des connaissances).

 

René Descartes (1596-1650) dénombrait six émotions différentes : «  l'admiration, l'amour, la haine, le désir, la joie et la tristesse ». Pour Descartes, toutes les autres émotions étaient composées à partir de cette base des six. Pour ma part, j'ajoute la peur.

 

L'émotion est une réaction psychologique et physique à des stimuli, à une situation. Elle est provoquée par la confrontation à une situation et à l'interprétation de la réalité (Wikipédia). Cette histoire d'interprétation de la réalité est importante. Souvent, pour ne pas dire tout le temps, l'Homme ne voit pas le monde, les gens tels qu'ils sont, mais tels qu'il les voit, de son point de vue. C'est ce que j’appelle : « l'illusion-intérieure ».

 

En Inde, pour certains religieux de l'hindouisme, du bouddhisme, du jaïnisme et du sikhisme, la Màyà est l'illusion, le reflet de la réalité. Pour certains, la Màyà serait une création de la Lilà (le jeu) de Dieu. Pour d'autres, tout ce qui est né mourra et tout ce qui meurt est Màyà. Donc notre existence, nos proches, le monde serait une illusion. En vérité, quelque chose peut-être impermanent et vrai, le temps que ça dure. L'illusion est le résultat de la nescience, c'est-à-dire de l'absence de la connaissance. Je parle ici de la connaissance que l'on n'apprend pas dans les livres, ni même par l'expérience de la vie. La connaissance, dont je parle, est celle, révélée, venue de la conscience de la béatitude, par la pratique d'une sadhana authentique. Qu'est-ce qu'une sadhana  authentique ? C'est une sadhana qui remet en cause profondément vos connaissance et ce que vous croyez de vous.

 

Un ancien mot sanskrit, pour parler de cette connaissance, est Veda. On ne peut plus l'utiliser, car il désigne aujourd'hui un livre spirituel ; les Vedas. Cette connaissance pourrait se nommer la shruti, sauf que cet autre mot sanskrit, comme tous les mots sanskrits, désigne des dizaines de choses différentes, certaines qui vont dans le sens de mon explication, d'autres à l'inverse. Il y a encore les connaissances « para » et les « apara », la connaissance « para » serait celle, supérieure, de l'âme, venue du Saint-Nom (satnam, Verbe), tandis que l'apara serait les connaissances-apprises du monde matériel et ayant à voir avec les concepts.

 

Un Homme qui laisserait ses émotions guider sa vie serait dans l'illusion. Je crois, sans en être absolument sûr, qu'aujourd'hui beaucoup de gens sont guidés par leurs émotions, ainsi certains tuent d'autres gens à cause des émotions. Les émotions ne peuvent pas guider notre vie, nos actes. Les émotions sont subjectives et insensibles au raisonnement. Les adultes qui agissent, guidés par leurs émotions, font comme les enfants : ils écoutent leurs « cœurs », ou émotions sans même se poser de question sur les tenants et les aboutissants de ce qui les fait réagir.

 

Par exemple, ceux qui luttent conte la chasse aux cervidés, dans les forêts de nos campagnes, ne savent rien de la gestions cynégétiques faite, sur un territoire, avec les « acca » (association communale de chasse agrées) et l'office national de la chasse, de façon à ce que la pression des cervidés ne finisse pas par détruire la forêt, qu'ils veulent protéger. Ils n'ont sans doute jamais entendu parler de comptage, de colliers, etc. Et considèrent simplement qu'une espèce n'a pas le droit de vie et de mort sur une autre, comme si un lion se posait la question à propos des gazelles ! Ces amis des bêtes, souvent citadins et pleins de bons sentiments, veulent sauver bambi, en ignorant la réalité. Ils sont guidés par leurs émotions. Leur raison n'entre pas en ligne de compte.

 

J'ai mis en titre « l'émotion », j'aurai pu aussi mettre en titre : « la passion ». Agir avec passion. On dit de la passion que c'est un état affectif assez puissant pour dominer la vie mentale. En général, quand on est l'objet d'une passion, cette passion produit un état psychologique déséquilibré, c'est ainsi qu'il y a des gens capables de tuer d’autres gens pour sauver des animaux ! L'émotion, la passion sont immédiates et la pensée, la raison n'entrent pas en ligne de compte. Un passionné n'est pas raisonnable, c'est pourquoi il se conduit de façon déraisonnable, romantique, parfois, et la plupart du temps en produisant des effets négatifs, inconséquents et nuisibles pour la communauté des Hommes, et même pour les causes qu'il croit défendre.

 

Lao-Tseu, parlant de passion dit ceci : « Le ciel et la terre ne différencient pas les passions humaines. Ils regardent toutes les créatures comme importantes. Le sage considère chacun comme important. » (Tao-te-King 1.5)

 

« Krishna » disait, toujours à propos des passions : « Le méditant uni à L'Un, connaît un bonheur ultime. Libéré, son esprit est serein, ses passions apaisées. Il est délivré des fruits de la confusion et jouit du bonheur suprême d'une constante conscience de L'Unité. » (Bhagavad-Gîtâ 6.27 et 28 et « le chant du bienheureux » 5.11) .

 

Un autre exemple des paroles de « Krishna » est très parlant, à propos de cette problématique de la passion (émotions) et de la raison : « L'Un est de tous les êtres, la semence première, l'intelligence de l'intelligent et du puissant le mérite. Il est la force exempt de désir et de passion. Il est l'union charnelle qui n'éloigne pas de la conscience. » (Bhagavad-Gîtâ 7:10 et 11 et « le chant du bienheureux » 6.7) .

 

L'origine de l'émotion est une part primitive, instinctive, hormonale de la psyché humaine, mue, suscitée par le faux-ego. Nous avons déjà parlé du faux-ego, ce que la plupart des gens nomment, à tort, l'ego, et qui est le résultat de l'ignorance. Quand la connaissance, para ou apara, (supérieure ou inférieure) manque, la nature ayant horreur du vide, apparaît le faux-ego, siège de l'émotion.

 

Un autre livre nous met en garde contre les passions : « Vous pouvez aussi libérer votre mental de tout attachement, de tous désirs et passions. » (Yogasûtra 1:37)

 

Ce sont les enfants qui se laissent aller à leurs émotions et cette propension à réclamer des droits sans jamais s'inquiéter de ses devoirs, ou en les  voyant comme allant contre la liberté, est le signe du règne de l'émotion.

 

La raison

 

La raison est une faculté propre à l'homme, dont la mise en œuvre lui permet de créer des critères de vérité et d'erreur et d'atteindre ses objectifs. Elle repose sur la capacité qu'aurait l'être humain de faire des choix en se basant sur son intelligence, ses perceptions et sa mémoire tout en faisant abstraction de ses préjugés, ses émotions ou ses pulsions. (Wikipédia).

 

Dans le yogasûtra (de Patanjali) la raison peut-être assimilée à samyama, la maîtrise : « Les trois combinés (dhàranà, dhyàna et samadhi.) donnent la maîtrise des fluctuations. » (Yogasûtra 3.4). Cette maîtrise des fluctuations du mental (passions, émotions) permet d'agir en toute raison.

 

La raison, contrairement à l'émotion, à la passion, se base sur les connaissances et les faits, considérés objectivement et le calcul, l'équilibre entre différentes options, en tenant compte des tenants et des aboutissants, en vue d'obtenir un résultat propre à satisfaire la plupart des protagonistes et/ou ayant droit d'une affaire.

 

Le siège de la raison est aussi le mental, comme l'émotion, mais une part du mental, l'intelligence, qui reste sous le contrôle de la conscience, ou âme. « Krishna », qui était le surnom « le noir », que les Aryens, blancs, donnaient aux natifs indiens, à un maître-parfait de La Voie, qui a inspiré le livre « Le chant du bienheureux », hindouisé, artificiellement, par son inclusion dans le Mahâbhârata hindouiste et devenu la Bhagavad-Gîta.

 

Dans ce livre, il est écrit : « La souffrance n'existe plus pour celui qui est touché par la Grâce. Devenue sereine, sa conscience ne tarde pas à s'éclaircir. L'âme confuse, on ne peut maîtriser le mental, ni approfondir sa conscience. Comment, alors, connaître la paix et goûter au bonheur ? Comme un vent violent balaie, sur l'eau, une barque, il suffit que l'un des sens entraîne le mental pour que la conscience se perde. Celui qui détourne ses sens de leurs objets possède une intelligence sûre. » (Bhagavad-Gîtâ 2.65 à 68 et « le chant du bienheureux » 1.15) .

 

Krishna disait aussi, à propos de l'intelligence : « Celui qui voit le service dans l'action et l'action dans le service, celui-là se distingue par son intelligence, et bien qu'engagé dans toutes sortes d'actes, il reste au niveau spirituel. » (Bhagavad-Gîtâ 2.67 et « le chant du bienheureux » extrait de 3.5) . Pour en finir avec cette suite d'exemples tirés de la Bhagavad-Gîtâ : « Quittant ses attachements, le premie (amoureux de Dieu), n'agit avec son corps, son mental, son intelligence et ses sens mêmes, que dans un but : approfondir sa conscience. » (Bhagavad-Gîtâ 5.11 et « le chant du bienheureux » extrait de 4.4).

 

Par contre, le Tao-Te-King n'a pas la même lecture de l'intelligence et la range définitivement dans le mental, dont il faut se servir, mais aussi se méfier : « L'âme doit commander au mental et le corps doit s'accorder à l'âme. Si l'homme reste centré, il pourra conserver la conscience du Tao. S'il garde sa force vitale sous contrôle, il pourra être comme un nouveau-né. S'il se libère de l'illusoire lumière de l'intelligence, il sera à l'abri de la confusion. » (Tao-Te-King, extrait de 1.10)

 

Pour « Krishna » l'intelligence, partie du mental, était comme une interface entre l'âme et le mental, lieu où le mental prenait ses ordres de l'âme, lieu même de la raison. Lao-Tseu était plus manichéen, il y avait, pour lui, le Tao et le multiple. Seul l'Unité trouvait grâce à ses yeux. Un Homme qui se laissait guider plutôt par la raison, l'intelligence, avec du recul et sans passion dirigeait mieux sa vie et était propre à prendre des décisions censées.

 

 

La conscience

 

 

Ici, il s'agit de la conscience de la béatitude. On est en plein dans la spiritualité, là, déjà le mot béatitude...Qu'est-ce que c'est que ça ? La béatitude ? Il faut la vivre pour le savoir. Tout le monde l'a vécu un jour, la vit encore, de temps en temps, et la vivra encore, au hasard des circonstances, mais ils ne mettent pas le mot « béatitude » sur ce qu'ils vivent. On a tous vécu ces moments de satisfaction, de plénitude, sans toujours une raison, une cause bien définissable où on est satisfait, en paix, le « cœur » gonflé de l'intérieur. C'est la béatitude. Jésus disait le « Royaume », en Inde, certains disent : « ananda ». C'est le pays originaire de l'âme et là où elle retournera quand elle aura terminé son petit tour de samsara.

 

La conscience, dont il s'agit ici, est la conscience de la béatitude, ou « çitananda ». En spiritualité, on peut même viser la parfaite conscience de la béatitude ; « satçitananda ». Quand on est dans cette état de conscience, ce n'est plus notre tempérament, les vrttis (variations du mental), nos pensées, nos connaissances, notre intelligence ni notre raison qui nous dirigent, mais la Grâce de Dieu. Quand on lâche le volant, c'est la Grâce de Dieu qui le prend et dirige notre vie.

 

Mieux vaut être dirigé par sa raison que par ses émotions, mieux encore est de se laisser guider par la Grâce. En général, parce qu'on n'est pas des êtes réalisés, on se laisse guider par un mélange de foi dans la Grâce et de raison, en évitant d'écouter, et de suivre, ses émotions, sa passion. Mais nous ne sommes pas parfaits, il faut « lisser » tout ça !

 

À propos de cette conscience, les livres disent : « Reçois l'enseignement du yoga véritable, La Voie de la Libération qui demande toute ta conscience. Le yoga véritable consiste à se détacher de toute activité des sens. C'est en fermant les portes des sens, en gardant le mental fixé sur un même point et en gardant la conscience au bon endroit que l'on reste uni. » (Bhagavad-Gîtâ extrait de 8.11 et 12 et « le chant du bienheureux » extrait de 7.6).

 

« Ainsi établi dans le yoga écoutant le son qui se répète, (tat japah ) celui qui, à l'instant de quitter le corps, reste la conscience fixée sur lui, celui-là, sans nul doute, atteindra le Royaume. » (Bhagavad-Gîtâ extrait de 8.13 et « le chant du bienheureux » extrait de 7.7).

 

« Les purs dévots toujours absorbent en Lui leur conscience durant toute leur vie. Ils s'éclairent les uns les autres sur L'Unité, s'entretiennent d'elle sans fin, et par-là trouvent une satisfaction et une joie immenses. » (Bhagavad-Gîtâ extrait de 10.9 et « le chant du bienheureux » extrait de 9.11).

 

Lao-Tseu, disait de la conscience : « C'est pourquoi, lorsque le prince est un sage il se tient hors de la confusion, gardant ainsi sa conscience au bon endroit, et il reste humblement dans le non-agir toujours plein de vie et de force. » (Tao-Te-King extrait de 1.3)

 

« L'âme doit commander au mental et le corps doit s'accorder à l'âme. Si l'homme reste centré, il pourra conserver la conscience du Tao. S'il garde sa force vitale sous contrôle il pourra être comme un nouveau-né. S'il se libère de l'illusoire lumière de l'intelligence, il sera à l'abri de la confusion. Les portes du ciel tantôt s'ouvrent, tantôt se ferment. » (Tao-Te-King extrait de 1.3)

 

« Le Tao est constamment dans le non-agir, pourtant il fait tout. Si tous, puissants et moins puissants pouvaient garder leur conscience centrée, toute l'humanité serait convertie à la paix. » (Tao-Te-King extrait de 1.37)

 

« Le pratiquant connaît différents niveaux de conscience, De la confusion à la joie, jusqu'à la béatitude, Selon qu'il est plus ou moins dans la dualité. » (Le Yogasûtra 1,17)

 

« Avec la maîtrise de la contemplation, la conscience pénètre dans l'essence de l'infiniment petit et de l'infiniment grand. » (Le Yogasûtra 1,40)

 

 

 

 

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Tag(s) : #mental, #émotions, #passions, #béatitude, #lavoie, #spiritualité, #Tao

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