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Certains affirment que Dieu parle et que sa parole (son hypostase), créatrice est aussi puissante que lui, mais quelle idée que celle d'un Dieu qui parlerait ! Il parlerait quelle langue ? Il aurait un système phonatoire ? Comme un Homme ? Mais si Dieu a tout crée, qu'il n'est jamais né et ne mourra jamais, c'est qu'il n'est pas un Homme, une créature.

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« Au commencement, la Parole existait déjà. La Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Tout a été fait par elle et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle ». (évangile attribué à Jean, 1:1,2,3)

 

 

Avant-propos

 

 

Le propos de ce texte est d'expliciter cette Parole, dont parle cet évangile attribué à un des apôtres de Jésus ; Jean. Des spécialistes, historiens laïcs, sans idées préconçues, doutent que Jean, fils de Zébédée, ait écrit cet évangile. Beaucoup pensent que ce dernier des quatre évangiles canoniques, est l’œuvre d'une communauté johannique (communauté religieuse particulière), à la fin du premier siècle et que ses rédacteurs n'ont pas connu Jésus. Cet évangile a été rédigé en grec.

 

 

Le logos ou Parole

 

 

C'est cet évangile qui insiste le plus sur la nature supposée divine de Jésus et qui en fait le « logos » incarné. Justement ; en parlant de « logos », c'est un mot grec, celui qui a été utilisé pour rédiger l'évangile « selon Jean » et signifiant « Parole ». Mais ce mot grec a de multiples acceptions, c'est pourquoi, celui qui veut traduire un texte grec ancien devra enquêter sur l'époque, le contexte et l'école de pensée du rédacteur d'origine, comme pour le sanskrit.

 

Selon une optique profane, le mot logos (Parole), signifiera : "proposition", "définition", "science", "opinion particulière", "rumeur publique". Avec un point de vue sacré, le logos, ou la Parole, sera "une réponse d'oracle", "une révélation d'en haut". Chez Héraclite, philosophe grec de la fin du sixième-siècle avant notre ère, logos signifie tantôt "simple dire" et "parole sensée du maître". (encyclopédie universalis).

 

 

Les philosophes grecs

 

 

Chaque philosophe grec important a eu sa notion de ce qu'est le « logos ». En tous cas, il a largement eu le sens de « discours parlé ou écrit ».(Wikipédia). Mais dans le texte, selon les rédacteurs de l'évangile attribué à Jean, le sens de ce mot, « logos » ou « Parole », ne peut pas être celui-là ! « Au commencement, la Parole existait déjà. La Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu ». Au commencement, la parole existait déjà, mais pas l'Homme, donc ni l'écriture ni le langage articulé !

 

Dans le néopythagorisme (premier siècle avant J.C.), la Parole est décrite comme un principe fondateur. La dualité serait intégrée dans le logos (Parole). Dans ce courant philosophique grec, on parlait de trois Dieux qui se manifesteraient à partir du logos. Cette idée des trois Dieux me fait penser à la Trimurti hindouiste, avec Brahmâ, Vishnou et Shiva. Vous savez, à cette époque cette région du monde était plus tournée vers l'orient que vers l'occident !

 

Dans le néoplatonisme (vers 40 de notre ère), le logos était considéré comme une « hypostase », c'est-à-dire une substance fondamentale, un principe premier. La doctrine néoplatonicienne considère même le logos (la Parole), comme un principe divin. Le néoplatonisme considérait que Dieu, l'Unique, générait trois hypostases : "L'un", "le mental" et "l'âme". Les rédacteurs de l'évangile selon Jean, du premier siècle de notre ère, étaient très influencés par la philosophie grecque, elle-même influencée par les enseignements venus d'orient (Inde), dont le bouddhisme. En Anatolie, il n'est pas rare de trouver de l'iconographie bouddhiste datant de l'antiquité.

 

 

L'hypostase

 

 

Certains affirment que Dieu parle et que sa parole (son hypostase), créatrice est aussi puissante que lui, mais quelle idée que celle d'un Dieu qui parlerait ! Il parlerait quelle langue ? Il aurait un système phonatoire ? Comme un Homme ? Mais si Dieu a tout crée, qu'il n'est jamais né et ne mourra jamais, c'est qu'il n'est pas un Homme, une créature. Seule une créature naît et meurt. Dieu n'est pas une créature et il dépasse, en taille, celle de sa Création. Pour tout dire, il est infini, il est ce que Lao-Tseu, dans le Tao-Te-King nommait le « non-être » ou « Tao ». Il ne parle pas et sa Parole, ou logos (en grec), n'est pas une parole ayant à voir avec des lettres, des syllabes ou des phonèmes (sons).

 

 

Les maîtres orientaux et l'hypostase

 

 

« Au commencement, la Parole existait déjà. La Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu ». La Parole était Dieu ; pas les sons articulés d'un être qui parle ! Dans le Tao-Te-King, Lao-Tseu donne une très bonne définition de ce qu'est cette Parole, Dieu et l'hypostase (le logos) :

 

« Le Tao est un vide inépuisable, il est si profond ! De lui, sont sortis tous les êtres vivants. Éternellement, il émousse ce qui est pointu, dénoue le fil des existences, fait jaillir la lumière. Du rien, le Tao crée toute chose, sa pureté est indicible. Il n'a pas eu de commencement, il est. Nul ne l'a engendré ; il était là avant le maître du ciel ». (Lao-Tseu, le Tao-Te-King 1:4).

 

Donc cette Parole, dont il est question dans l'évangile « selon Jean », serait ce que Lao-Tseu nommait : « La vertu du Tao », c'est-à-dire l'hypostase, la force, en action, de Dieu. Un autre maître asiatique avait parlé aussi de cette Parole, qu'il nommait « Verbe » ; Krishna : « On doit tout faire en écoutant le Verbe, si l'on veut connaître le but de La Voie, qui est de s'affranchir des chaînes de la matière ». (Bhagavad-Gîtâ 17:25 ou 15:23 du "Chant du bienheureux" ).

 

« Voici maintenant de quelle manière être pleinement conscient de L'Unité dans la pratique de La Voie : ta conscience liée au Verbe, tu connaîtras L'infini de l'Unité sans le moindre doute ». (Bhagavad-Gîtâ 7:1 ou 6:1 du "Chant du bienheureux" ).

 

Sur La Voie, héritière de Lao-Tseu et de Krishna, entre autres maîtres, cette hypostase, nous la nommons : « le Saint-Nom » ou « Verbe ». Lao-Tseu disait « la vertu du tao ». « Si l'homme cultive le Tao, sa vertu deviendra vraie. S'il le cultive en famille, elle grandira. Si tout le village le cultive à son tour elle sera encore plus grande et si le royaume le cultive elle augmentera encore. Si tout le monde le cultive, la vertu du Tao deviendra omniprésente ».(Tao-Te-King, extrait de 2:54).

 

Les versets (1,2,3) de « Jean » auraient pu être rédigés ainsi : « Au commencement, la vertu du Tao existait déjà. La vertu du Tao était avec le Tao et la vertu du Tao était le Tao. Elle était au commencement avec le Tao. Tout a été fait par elle et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle ».

 

Ou selon La Voie : « Au commencement, le Saint-Nom existait déjà. Le Saint-Nom était avec Dieu et le Saint-Nom était Dieu. Il était au commencement avec Dieu. Tout a été fait par lui et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans lui ». Vous pouvez substituer le mot « Saint-Nom » par le mot : « Verbe », ça fonctionne aussi !  

 

 

 

 

 

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Tag(s) : #Parole, #logos, #évangile, #spiritualité, #lavoie, #saintnom, #bonheur

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