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Petite anecdote qui m'est arrivée vers 1978, après que je sois revenu de l'ashram où je vivais en Inde. j'étais dans le Berry, près de Menetou-Salon et méditais dix heures par jour. Il me manquait de donner satsang mais j'ai trouvé mon public !

 

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La plate-forme de méditation

 

Quand je vivais au sein d'une communauté de potiers des environs de Bourges, dans les années soixante-dix, après mon retour des Indes, je passais dix heures par jour en méditation profonde, sans compter le reste de la journée dans le service, qui est une forme de méditation en action.

 

J'avais trouvé dans le grenier de la vieille maison des potiers, une sorte de plate-forme, de fleet en planches, qui était comme suspendue entre deux fermes de grosses poutres, au milieu, à la manière d'une mezzanine. Ce grenier n'était en aucune façon aménagé, pas plus qu'isolé : en regardant en l'air ou voyait l'envers des tuiles et partout, tout autour, la charpente comme un bateau renversé. Un peu partout des ouvertures laissaient passer l'air, en même temps que la lumière.

 

Pour y grimper il fallait utiliser une échelle et lorsqu'on l'avait fait on se trouvait à mi-hauteur du grenier, perché comme sur une vigie. Ce plancher était assez grand, une vingtaine de mètres carrés et comme enchâssé entre plusieurs poutres assemblées.

 

J'avais une vingtaine d'années et cet endroit m'avait plu. J'ai tendu des tissus indiens légers comme des écharpes de Bénarès, tout autour du plancher, entre les grosses poutres qui en délimitaient le périmètre, de façon à créer un espace isolé légèrement. Cet endroit était devenu ma salle de méditation, hors de l'espace et du temps, comme un vaisseau spécial.

 

 

Méditation au long cours

 

 

J'allais y méditer de cinq à neuf heure, y retournais de midi et demi à quatorze-heures-trente et le soir je m'y installais de vingt-heures à minuit et ce chaque jour. Ce rythme de méditation n'est pas demandé mais j'avais une sorte de toc ! J'ai toujours été porté à la méditation, depuis tout petit où je m'allongeais et restais complètement immobile sur mon lit dans l'espoir de quitter mon corps (Sacré Lopsang Rampa quand même !) ou sous un buisson plein de fleurs, à regarder les abeilles qui ne me voyaient pas, tellement je me fondais dans l'instant et le milieu.

 

Je sortais de ces méditations le cœur comme une voile gonflée au vent de Dieu et heureux comme un enfant la veille de Noël ! Chaque jour je le passais en service. Je payais mon gîte et mon couvert aux potiers en coupant le bois nécessaire à la cuisson des poteries produites. Chaque mois les potiers cuisaient leur production dans un grand four en briques, équipé de deux foyers ouverts, un de chaque côté du four. On mettait le bois sur le dessus de chaque foyer et le feu, brûlant par en dessous, enfermé dans le foyer fait de briques réfractaires, venait brûler le bois en le léchant par les ouvertures. La cuisson durait douze heures et le refroidissement autant.

 

Il fallait une douzaine de stères pour alimenter l'animal et c'est moi qui étais chargé de transformer trois troncs de chênes secs en ces stères de petits bouts de bois, tous de la même longueur et de la même section. Trop courts les morceaux de bois, épais comme une grosse règle, ne tenaient pas à cheval sur le foyer ouvert, trop longs, ils restaient du bois imbrûlé...Il fallait que tout le bois brûle et que sa vitesse de combustion soit égale, ni trop rapide, ni trop lente...Pour vous dire la gageure ! Du travail d'artiste. Charles Ingalls aurait été jaloux.

 

Je coupais à la tronçonneuse des billons, dans le tronc des chênes, de la longueur des baguettes à brûler, puis je les éclatais en grosses bûches, au merlin, avant de finir à la serpe, pour l'épaisseur. Vous voyez : un travail prenant où la réflexion mentale n’était pas d'une grande utilité. Ça faisait mon bonheur ! Pour le service c'était l'idéal ! Je pratiquais le Saint-Nom (La technique), comme je l'avais apprise en Inde, à l'ashram où j'avais vécu, et je restais ainsi du matin au soir, avec une coupure entre midi et deux.

 

 

Rencontre avec les trois ânes

 

 

J'allais tous les jours au village d'à côté, pour y chercher le pain. J'y allais à pied, par un chemin berrichon, creusé dans la terre, entre deux haies plantées sur des talus élevés...le chemin se glissait ainsi, à travers le bocage, comme une sente de hobbit, invisible au regard non averti.

 

Le chemin passait le long d'un pré où étaient trois ânes. Un jour où mon « Cœur » n'en pouvait plus de se taire et où le besoin de donner satsang devenait comme une envie de pisser irrésistible, je me suis approché des barbelés pour tenter de les caresser. J'ai fait un appel de langue, comme pour les chevaux et l'un des trois ânes est venu en premier puis les deux autres.

 

Je ne sais pas pourquoi je leur ai parlé de la méditation, de Dieu présent en tout et en eux comme en moi, bref: je leur ai donné satsang. Je sentais bien ce feeling qui passait à travers mes mots : le Saint-Nom frémissait intensément dans ma poitrine. Les trois ânes ont posé la tête sur le barbelé du haut de la clôture et m'ont écouté attentivement, en fermant à demi leurs beaux yeux maquillés.

 

Depuis ce jour, à chaque fois que je passais le long de leur pré, les trois ânes venaient au petit trot vers moi et s'installaient, côte à côte, pour recevoir satsang. A chaque fois je le leur donnais et sentais, à chaque fois, la connexion avec le Saint-Nom et un sentiment d'amour fraternel pour ces trois animaux. J'étais sûr que ces satsang allaient accélérer l'évolution karmique de ces ânes et qu'ils le savaient. J'aime saint-François d'Assise et j'ai suivi son exemple en cela. Je sais ce que cette anecdote peut avoir de « Space », aussi je vous la livre pour le fun, en espérant qu'elle vous aura au moins amusé et peut-être, sait-on jamais, inspiré.

 

 

 

 

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Tag(s) : #lavoie, #yogaoriginel, #spiritualité, #spirituality, #histoire, #bonheur, #méditation, #satsang

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