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l'astérisque* renvoie au lexique

 

 

 

Voici un petit abécédaire de mots importants

pour la voie :

 

 

-Acceptation : Sur la voie il ne s'agit pas d'accepter tout sans discrimination, la misère d'autrui, l'injustice, la confusion, non : ici il s'agit d'accepter de ne plus vouloir toujours plus, d'accepter d'être celui que l'on est et pas celui que nous voudrions être, d'accepter l'instant tel qu'il est, d'accepter l'expérience que l'on a dans la Méditation*, d'accepter de s'en remettre à la Grâce*, d'accepter d'abandonner sa vanité, ses avis sans fondements, ses convictions sans preuve, ses croyances aveugles.

 

Cette acceptation participe de l'humilité*. Elle est une posture intérieure indispensable dans la Méditation* profonde...accepter permet une neutralité qui conduit au non-agir*, au non-être*. Ces deux derniers mots sont expliqués plus bas.

 

-Accomplissement : C'est le fait de faire ce pour quoi on est venu au monde, pourquoi la vie nous a été donnée. Il existe des accomplissements professionnels, et d'autres encore, ici l'accomplissement dont il est question est l'accomplissement* d'un point de vue spirituel : en partant du postulat que l'âme* s'incarne pour faire quelque chose de précis de cette existence, qu'il y a un but transcendantal. Ce but est le même pour tous.

 

-Amour : Ici il s'agit de celui que chaqu'un porte en soi et qui ne dépend de personne ni de rien. C'est l'Amour* que L'Un* a mis en nous, comme en chaque être vivant, et qui est un attribut de ce que le taoïsme nomme Te [celui du Tao-Te-King].

 

Il ne s'agit pas de l'amour entre deux personnes, ni de celui que l'on porte à une autre créature, à son pays etc. Ces amours là relèvent plus des sentiments que de la Conscience. L'Amour de L'Un et les amours ''profanes'' ne sont pas incompatibles.

 

-Béatitude ou ananda : État de parfaite Conscience*. Désigne un état de Conscience possible quand on sait méditer et que l'on connaît dhyàna. Quand les pensées se font si rares qu'elles ne comptent pas plus qu'un nuage passant à travers un ciel d'été, la Conscience connaît cet état de béatitude*.

 

La béatitude n'est pas le samadhi*. C'est l'état où plus rien ne compte que l'instant : elle est une paix profonde . Le samadhi ou Satori est autre chose: en samadhi la Conscience se confond avec la Lumière*-intérieure, avec ananda.

 

Il y a plusieurs degrés dans la béatitude. Sans acceptation ni humilité* il n'est pas de béatitude possible.

 

La parfaite Conscience de la Béatitude se dit Satçitananda. Le Christ désignait cet état sous le nom de Royaume*. C'est de ce Royaume dont il parlait en disant : ''Si ceux qui vous guident vous disent : voici, le Royaume est dans le ciel, alors les oiseaux du ciel vous devanceront. S’ils vous disent : il est dans la mer, alors les poissons vous précéderont ; mais le Royaume est au dedans de vous et il est au dehors de vous''. [l'évangile selon Thomas, logion 3]

 

-Besoin : Les besoins sont les désirs légitimes. L'être humain, selon Virginia Henderson, a quatorze besoins fondamentaux. Tant que ces besoins fondamentaux ne sont pas satisfaits, l'être humain n'a pas soif d'accomplissement spirituel : ne parlez pas de Dieu à un ventre vide ou encore, ''ventre affamé n'a pas d'oreilles'' [Jean de la Fontaine : le Milan et le rossignol. Rabelais : Quart Livre, chap. 63].

 

La prise en compte de ces besoins et la recherche de leur satisfaction participe du dharma* [devoir sacré] selon la voie. Considérant que le corps est le temple de Dieu et qu'il est une Grâce nécessaire à l'accomplissement de notre destinée spirituelle, il est de notre devoir de tout faire pour le garder en bonne santé.

 

Une voie spirituelle qui négligerait le corps physique et ses besoins serait une voie erronée, un arbre porteur de mauvais fruits.

 

-Bonheur : Mythe. Comme la liberté et l'équanimité, le bonheur n'existe pas, en tout cas pas comme nous l'entendons souvent : une suite ininterrompue de satisfactions dans une existence sans soucis.

 

Comment une âme sensible pourrait-être heureuse dans un monde où existe tant de souffrances ? Et si visibles ?

 

Le but de la spiritualité* n'est pas le bonheur ni l'équanimité. Se fixer ces buts est une manœuvre du faux-ego*, devenu l'ego-spirituel*, dans le but de nous décourager et de nous voir retourner à nos amours d'avant, d'avant la prise de conscience du besoin spirituel.

 

La spiritualité est l'ennemie de la dualité*, de sa confusion* et des souffrances qu'elle induit. Le faux-ego est le fruit de la dualité, la confusion son enfant. Il fera toujours tout pour nous empêcher de nous unir dans l'instant au cœur de notre Conscience. En nous fixant des objectifs illusoires, que l'on ne peut atteindre.

 

Pourquoi la liberté est-elle une illusion ? Parce que l'être humain n'est jamais libre : il a des besoins qui le tiennent en laisse et des attachements* qui...l'attachent. Celui qui est attaché n'est pas libre, par définition. Souvent le mot liberté est utilisé là ou le mot autonomie devrait suffire.

 

Pourquoi l'équanimité*, si chère aux bouddhistes, ne se peut-elle pas ? Parce que l'être humain n'est pas parfait. Si un frelon vous pique dans le cou de devient votre équanimité ? Ce simple exemple vous montre l'impossibilité, l'illusion* de l'équanimité. A moins d'être en samadhi, les souffrances nous obligent à changer d'humeur. Nos souffrances ou celle des autres, proches ou plus éloignés.

 

-Compréhension : Co-préhende ; prendre avec : la véritable compréhension est la réalisation et elle nous vient de l'intérieur, de l'expérience, de la Méditation, de la Grâce que l'on trouve en observant l'Agya* [base de la pratique, Sadhàna].

 

Il ne faut pas attendre d'avoir compris pour pratiquer, il faut pratiquer pour comprendre. On ne comprend pas avec son mental* exclusivement. La matière, les données dont a besoin l'intelligence, pour comprendre, c'est l'expérience pratique, la communion, la contemplation et l'inspiration venue de l'intérieur qui les fournissent.

 

-Concept : Théorie élaborée par l'intelligence sans l'inspiration. Un concept n'a aucun pouvoir de compréhension, de réalisation. C'est un jeu du mental, un sophisme. Qu'un concept soit spirituel, humaniste ou purement matérialiste ne change rien : un concept, même pertinent, reste un concept. Le concept prend son sens avec la compréhension.

 

Quand on glose sur les différents corps de l'être, que l'on en dénombre plus de treize, par exemple, sans compter les ous catégories, on est en plein concepts. Le faux-ego, l'ego-spirituel, la vanité adore les concepts : ils sont ses amuses-bouche préférés.

 

-Constance : Vertu du pratiquant sur une voie spirituelle : pratiquer chaque jour, même un peu, quel que soit son état d'âme, son humeur et quelles que soient les circonstances c'est la constance. Elle amène à la Conscience de la Grâce.

 

Il ne s'agit pas d'être un mystique, mais simplement de pratiquer chaque jour selon nos possibilités.

 

-Dharma : C'est les devoirs sacré que tout être humain a vis à vis d'autres être humains et de la société dans laquelle il vit. Le respect des lois, de la morale du pays où l'on vit et de nos différentes responsabilités et obligations est un dharma* incontournable qui vaut l'Agya fondamental de la voie.

 

-Désir : Illusion de besoins, piège tendant à nous tirer constamment hors de nous. Les désirs* sont sans fin. Un désir chasse toujours l'autre. Manger du poisson peut être considéré comme un besoin, si on n'est pas végétarien ni végétalien, mais manger du caviar belluga est un désir.


-Détachement: Ne pas confondre avec indifférence. Souvent, quand on prône le détachement*, certains nous parlent de ces ermites, de ces anachorètes qui jettent loin d'eux tous les supports possibles à l'attachement: les êtres et les choses. Ce n'est pas là du détachement. Tant que l'on jette et méprise les êtres et les choses, c'est qu'on les considère comme dangereux et que l'on cherche à s'en prémunir.

 

Le vrai détachement n'a pas peur des objets ni des gens. Le vrai détachement est de s'attacher à l'Amour* de L'Un*, à cette Paix* du dedans. Quand nous en sommes là, alors plus rien d'autre n'a de prise: nous sommes détachés.

 

-Dévotion: Ici le sens n'est pas: ''zèle dans la pratique religieuse Catholique Romaine'', comme le propose le dictionnaire, mais il s'agit plutôt d'un amour sans limite pour L'Un. Cet amour est dû à la reconnaissance que l'on éprouve quand on a trouvé la Paix et l'Amour par une pratique spirituelle sincère.

 

Le dévot a une relation régulière avec L'Un. Il Le voit en chaque chose et en chaque être, ainsi qu'en chaque événement qui lui arrive, y reconnaissant sa marque.

 

La dévotion et l'humilité vont de paire et il est difficile de dire laquelle vient en premier. La dévotion* permet, entre autres choses, d'avoir une pratique régulière, elle permet aussi le vrai détachement*, car un dévot s'attache tant à l'Amour Divin qu'il se détache d'autres choses.

 

Ajoutez à ces trois qualités la détermination et la constance et vous avez le quinté gagnant sur la voie spirituelle qui fera qu'on y marche avec bonheur, récoltant les justes fruits de sa pratique. Il est utile de rappeler quels sont les fruits que l'on peut goûter en ayant une vie spirituelle sincère et profonde :

 

-Discernement : Spirituellement c'est la capacité de trier le bon grain et l'ivraie, de discerner entre le bon et le mauvais. Le discernement vient par la pratique, quand sa Conscience s'approfondit.

 

-Harmonie : L'harmonie est la coïncidence de la Paix et de la Conscience. Elle est le contraire de la disharmonie, de la dissonance.

 

Quand on est chasseur d'image, photographe animalier, par exemple, et que l'on arrive à rester immobile et silencieux afin de surprendre la vie sauvage, on est en harmonie avec la nature et la récompense vient.

 

La Méditation*, le Service* mènent à l'harmonie  de la béatitude.

 

-Humilité [Contraire: orgueil, vanité] : ''vertu qui nous donne le sentiment de notre faiblesse, qui réprime en nous les mouvements de l'orgueil ''. C'est la définition que donne le dictionnaire de l'académie française.

 

La faiblesse dont il est question dans cette définition est celle inhérente à notre nature humaine. Ce mot pourrait-être remplacé par celui-ci : limites. Quand à l'orgueil, il s'agit de la vanité de cet égocentrisme qui violente notre Conscience en la laissant ailleurs que dans la béatitude qui est son milieu de prédilection, son ''biotope'' naturel.

 

L'humilité* est le résultat de l'objectivité : se jauger tel que l'on est, sans illusion narcissique ni mésestime. L'humilité permet aussi de s'occuper d'autre chose que de soi, de ne pas voir que son nombril.

 

-Instant-présent : C'est le temps où se déroule notre vie. Hors de l'instant présent il n'y a que souvenirs, rêves et illusion. Vouloir connaître la béatitude, le Royaume dont le Christ parlait demande de séjourner dans l'instant-présent. C'est un des propos du Service*, un des trois pieds de l'Agya* [sàdhana] de la voie, avec la Méditation* et le Satsang*.

 

Il n'y a pas de Méditation* profonde, dhyàna, hors de l'instant-présent.

 

-Lâcher-prise : Il a à voir avec l'acceptation et la volonté de vivre dans l'instant et d'atteindre à un certain détachement. Il y a plein de choses que l'on peut lâcher ! La rancune, la haine, l'ambition démesurée, l'amertume, la vanité, la présomption etc.

 

-Libre-arbitre : C'est la possibilité que l'être humain a de dire oui ou de dire non. La nature même de l'être humain

 

Le libre-arbitre est ce qui nous permet de choisir entre le bien et le mal et c'est à cause de lui que nous avons le choix, à chaque seconde, de rester dans la Conscience ou de nous perdre dans la dualité* et la vanité.

 

Le libre-arbitre devrait toujours être accouplé au discernement.

 

-Non-agir : C'est un état de Conscience particulier, quand nous sommes tellement occupé par l'essentiel que le reste ne nous importe plus. Il est question du non-agir* dans la Bhagavad-Gîtà, dans le Tao-Te-King et dans la Bhaktimàrga.

 

Le non-agir n'est pas le rien-faire, il est le faire dans le détachement. Pour un initié aux quatre techniques de la voie, il s'agit de faire le mieux possible ce qu'il lui faut faire tout en gardant une part de son attention, de sa Conscience sur le Saint-Nom* ou la pratique de méditation du même nom.

 

Krishna désignait le non-agir comme le karma-yoga ou l'union dans l'action.

 

-Non-être : C'est comme le non-agir mais il s'agit là de l'état de Conscience où l'on est quand notre Conscience est attachée à la Paix du dedans et que les pensées deviennent si peu présentes, sinon complètement absentes, qu'elles ne valent pas la peine d'en parler.

 

Le non-être c'est la béatitude. C'est comme un vide immense plein de la source de tout, la vacuité.

 

-Paix : Non pas l'absence de guerre, mais le fait d'être dans l'instant-présent, complet et sans question. Paix est un autre nom pour dire béatitude, plénitude.

 

-Plénitude : C'est le fait d'être plein, plein de sens, de raison, de Paix aussi.

 

-Simplicité : "Heureux sont les simples d'esprit car le royaume des cieux leur appartient " [Matthieu, 5:3].

 

Vous savez, maintenant, que pour la voie le mot Royaume* signifie Satçitananda, parfaite béatitude et qu'il est en nous. Le Christ disait que ce Royaume appartient aux simples d'esprit, c'est à dire à ceux qui ont un esprit simple. Il disait aussi que si l'on ne venait pas au Royaume comme des petits enfants on ne pourrait pas y entrer et quelle est la qualité qu'ont les enfants qui recoupe la précédente citation ? La simplicité ! La spontanéité.

 

 ''Jésus vit des petits qui tétaient. Il dit à ses disciples : ces petits qui tètent sont comparables à ceux qui entrent dans le Royaume''. [évangile de Thomas, logion 22] il disait encore :

 

''Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. '' [Matthieu 18/3]

 

Être aussi simple demande de l'humilité, du détachement et du lâcher-prise. Mais, en vérité, sans cette simplicité la porte du Royaume, la béatitude reste close.

 

-Soif : Il faut avoir soif, tellement soif pour demander à boire et l'assoiffé demandera de l'eau et ne se préoccupera pas de sa fierté : si c'est une question de vie ou de mort il demandera de l'eau à l'homme rencontré qui en a.

 

La soif de Paix, de Son Amour*, de Béatitude, de Vérité* est le moteur de l'Observance*, de la constance.

 

A cause du libre-arbitre la Conscience décline vite et il faut une forte motivation pour rester connecté et fidèle à sa Sadhàna. La soif est cette motivation, sans elle il est très difficile d'observer l'Agya.

 

-Soumission : Ce mot a bien mauvaise presse et pourtant il faut se soumettre pour recevoir la Paix. Cette soumission est librement consentie, à cause du libre-arbitre et peut-être reprise à chaque instant mais sans la soumission à l'Observance de l'Agya, il n'est pas d'humilité, de pratique possible.

 

Vouloir être humble mais refuser de se soumettre est un paradoxe marque du faux-ego. Il est possible de se soumettre sans s'humilier.

 

Celui qui n'aime pas se soumettre c'est le faux-ego. Il invente des maîtres intérieurs, des extra-terrestres et accepte de se soumettre à eux, mais quand il s'agit de se soumettre à une Sadhàna qui le remet en cause vraiment, il déteste ça.

 

 

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